Lecture / Ecriture
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.:: Haruki Murakami .::. Le passage de la nuit ::. Lecture/Ecriture   

Haruki Murakami
  Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil
  Les amants du spoutnik
  La course au mouton sauvage
  La fin des temps
  Chroniques de l'oiseau à ressort
  Kafka sur le rivage
  Le passage de la nuit
  La ballade de l'impossible
  Danse, danse, danse.
  L'éléphant s'évapore
  Autoportrait de l’auteur en coureur de fond
  Saules aveugles, femme endormie

AUTEUR DU MOIS D'OCTOBRE 2005

Haruki Murakami est né au Japon en 1949. Il y a grandi et y a mené ses études jusqu'en 1974. A cet âge il se lance dans la vie active et gagne sa vie en faisant des traductions d'auteurs américains et en tenant un bar de jazz à Tokyo. Parallèlement, il écrit. C'est tout de suite le succès. Le talent de Murakami est reconnu et il obtient de nombreuses distinctions et prix littéraires.


Haruki Murakami se rendra ensuite aux Etats Unis où ils séjournera plusieurs années.
Revenu actuellement au Japon, il poursuit l'écriture de ses romans. Son nom est parfois évoqué pour un Prix Nobel?


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Le passage de la nuit - Haruki Murakami

Images d'une ville, la nuit
Note :

   Haruki Murakami nous convie à une longue promenade nocturne dans les rues de Tokyo, du Tokyo interlope des love hotels et de la mafia chinoise au Tokyo très américanisé des clubs de jazz, Denny's et autres Starbucks. Notre guide dans cette traversée de la nuit, de minuit à l'aurore, se nomme Mari Assai, elle est étudiante en première année de Lettres chinoises à l'université. Et sous ses dehors de jeune fille de-bonne-famille-bien-convenable, elle cache une personnalité étonnamment affirmée en dépit (ou à cause) de sa trop belle soeur aînée, Eri Assai, qui, à cette heure-là, dort profondément, allongée dans sa chambre. Rien d'anormal à cela, me direz-vous. Oui, mais voilà, Eri dort sans discontinuer depuis deux mois et sa chambre est le théâtre d'événements mystérieux...
   
   Haruki Murakami a choisi un angle de vue très particulier pour nous faire partager la longue veille de Mari dans les rues de Tokyo, ses rencontres singulières - Takahashi, jeune étudiant lui aussi, Kaoru, l'ancienne catcheuse professionnelle reconvertie en gérante de love hotel, la petite prostituée chinoise, passée à tabac par un client... - tout comme le profond sommeil d'Eri. Il s'agit d'ailleurs d'un angle de vue au sens premier du mot, car "Le passage de la nuit" se révèle un roman éminemment visuel. L'oeil du lecteur s'y confond avec une caméra dont les mouvements sont indiqués de façon très explicite, les allusions au septième art abondent, et la bande-son, partagée entre jazz et musique baroque, impose une atmosphère de légèreté douce-amère très séduisante...
   
   D'aucuns, dans la presse, se sont dits déçus par la légèreté de ce nouvel opus d'Haruki Murakami, par cette promenade aux allures d'intermède onirique. Mais il n'est pas question de déception en ce qui me concerne: Haruki Murakami a su imposer son ambiance un peu hors du temps, un peu irréelle, et me convaincre de me laisser prendre au jeu de ces 200 pages baignées d'une sérénité mélancolique. Cette légèreté-là est de celles qui font qu'on se sent bien, de celles qui sont de bonne compagnie au milieu des grippes et autres affections hivernales, de celles, en bref, qui font qu'on passe un bon moment sans se réveiller avec un mauvais goût en bouche ni l'impression désagréable d'avoir dû subir une lobotomie pour s'évader pendant quelques heures d'une réalité tristounette...
   
   Extrait:
   "Nous nous confondons avec un oeil qui regarde, ou mieux, peut-être, avec un regard caché qui vole l'image de cette femme. Devenu caméra suspendue en l'air, notre oeil est apte à se déplacer librement dans la chambre. Pour le moment, la caméra se trouve juste au-dessus du lit et cadre le visage endormi de la femme. De temps en temps, les angles de vue changent, tout comme des yeux qui clignent. Eri a de jolies lèvres, bien dessinées; étroitement closes. A première vue, l'oeil ne perçoit même pas un soupçon de souffle. Une mise au point plus précise lui permet de distinguer un mouvement imperceptible, à la hauteur de la gorge. Donc, au moins, elle respire. La tête d'Eri repose sur l'oreiller, dans une position qui lui permet de regarder le plafond. En réalité, elle ne regarde rien. Ses paupières sont fermées, tels des bourgeons recroquevillés en hiver. Son sommeil est profond. Sans doute ne rêve-t-elle pas." (pp. 29-30)

critique par Fée Carabine




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