Lecture / Ecriture
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Un jour comme celui-ci de Peter Stamm

Peter Stamm
  Un jour comme celui-ci
  Comme un cuivre qui résonne
  Agnès
  Paysages aléatoires
  Tous les jours sont des nuits
  Sept ans
  Au-delà du lac
  L'un l’autre

Peter Stamm est un écrivain suisse né en 1963.

Un jour comme celui-ci - Peter Stamm

... et la vie continue
Note :

   Originaire d'un petit village de Suisse alémanique, Andreas s'est fixé à Paris vingt ans plus tôt, un peu par hasard. Il voulait alors y retrouver son premier amour, sans savoir que celle-ci s'apprêtait justement à emprunter le chemin inverse, et il n'en est jamais reparti.
   
   Vingt années se sont écoulées à enseigner l'Allemand dans un lycée de banlieue et à mener une petite vie routinière et tranquille. Et tout à coup, cette vie bien réglée et somme toute confortable a cessé de lui suffire. Menace de la maladie. Lassitude. Ennui. Besoin soudain de renouer avec l'essentiel ou de retrouver ses racines. C'est toute sa vie qu'Andreas met brutalement sens dessus dessous, dans le vide et la chaleur de l'été.
   
   L'écriture de Peter Stamm, très dépouillée, épouse la vacuité de la vie de son héros. Rien qui ressorte. Rien qui accroche particulièrement l'attention. Et pourtant, ces phrases blanches distillent peu à peu un charme étrange. Impossible de poser "Un jour comme celui-ci". Impossible de se désintéresser du sort d'Andreas, qui de peu sympathique au début se mue petit à petit en un personnage assez attachant: égoïste, mesquin, pas très courageux mais surtout très humain.
   
   Le charme un peu trouble et évanescent qui émane du texte de Peter Stamm, la sympathie que suscite en fin de compte son héros si terriblement ordinaire m'ont rappelé Antonio Tabucchi dans un de ses grands jours. L'Antonio Tabucchi de "Pereira prétend" mêlant détachement et mélancolie en un cocktail étonnamment séduisant, un de ces cocktails romanesques qui bouleversent une existence sans avoir l'air d'y toucher, avant de la laisser retomber sur ses pattes, avec une souplesse de félin, ni tout à fait la même ni tout à fait une autre.
   
   Extrait:
   "Sa vie était une suite interminable d'heures de cours, de cigarettes et de repas, de séances de cinéma, de rendez-vous avec des femmes, des amis qui dans le fond ne comptaient pas pour lui, des listes sans queue ni tête de petits événements. Un beau jour il avait renoncé à vouloir donner une forme à tout ça, à y trouver une forme. Moins les événements de sa vie avaient eu de rapport entre eux, plus ils étaient devenus interchangeables. Il s'était parfois senti comme un touriste qui court d'une curiosité à une autre dans une ville dont il ne connaît pas même le nom. Rien que des débuts qui n'avaient rien à voir avec la fin, avec sa mort, qui ne signifierait rien d'autre que l'expiration du temps qui lui était imparti." (p. 115)

critique par Fée Carabine




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