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Correspondance (1946-1959) de René Char

René Char
  Oeuvres Complètes
  Correspondance (1946-1959)
  Fureur et Mystère

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Pour ceux qui s'intéressent à la vie de René Char: Ceci

Correspondance (1946-1959) - René Char

Témoignages d'une chaleureuse amitié
Note :

   Correspondance entre Albert Camus et René Char
   
   
   Inévitablement, la correspondance entre Albert Camus et René Char rappelle la célèbre formule de Montaigne, évoquant son amitié avec Etienne de la Boétie: "Parce que c'était lui et que c'était moi" à laquelle Frank Planeille ne se prive d'ailleurs pas de faire allusion dans son introduction. Car l'amitié entre Albert Camus et René Char est de l'ordre de l'évidence. Elle relève d'une affinité élective qui se manifeste avant même leur première rencontre ou leurs premiers échanges épistolaires. Lorsque, en 1946, Camus demande à René Char de lui confier la publication de ses "Feuillets d'Hypnos", dans la collection L'espoir qu'il dirige chez Gallimard, le poète lui répond en se disant en "accord total avec Caligula". Très tôt perceptible, cette affinité qui unit les deux hommes ne fera que se confirmer pendant les treize années qui suivront, jusqu'au décès accidentel d'Albert Camus en janvier 1960.
   
   De la correspondance entre deux personnalités si actives dans la vie culturelle et intellectuelle de l'après-guerre, j'attendais sans doute qu'elle soit un témoignage ressuscitant cette période de l'intérieur, évoquant l'élaboration des oeuvres des deux amis, ou encore les grands débats d'idées de cette époque.
   
   Mais à l'arrivée, ce n'est là qu'un aspect marginal de cette correspondance qui s'impose surtout comme un témoignage touchant d'une profonde et chaleureuse amitié. Cela nous vaut quelques passages à tout le moins énigmatiques, tant les deux homme se comprennent à demi-mots. Quelques billets très brefs - notes destinées à confirmer un rendez-vous, cartes postales écrites à la va-vite au cours d'un voyage -, n'ont d'autre intérêt que de taper sur le clou, de nous enfoncer un peu plus dans la tête l'image d'une amitié qui n'a pas fléchi un seul jour. Et je ne m'en plaindrai pas, car là se cache une des grandes vertus de cette correspondance: cela fait du bien de s'immerger dans son atmosphère chaleureuse, où rivalité et mesquinerie ne sont pas de mise. Et l'on en ressort avec deux envies: relire des oeuvres des deux amis, à la lecture de ce que l'autre a pu en dire dans ces lettres, et surtout les remercier, tous les deux, pour nous avoir laissé un si beau témoignage.
   
   A noter aussi, le travail d'édition impeccable réalisé par Frank Planeille qui a eu en outre la bonne idée de compléter la correspondance proprement dite de quelques documents intéressants: essais d'Albert Camus sur René Char ou vice et versa.
   
   
   Extraits
   "Quelle bonne et profonde chose que de se détacher peu à peu de tout ce et tous ceux qui ne méritent rien et de reconnaître peu à peu à travers les années et les frontières une famille d'esprits. Comme on se sent beaucoup tout d'un coup à être enfin quelques uns."
   (Lettre d'Albert Camus à René Char, 26 février 1950, p. 56)
   
   "C'est une lettre silencieuse que j'aurais aimé vous écrire, comme la planche de Parménide dont parle Nietzsche, celles-là sont seules pleines de ce qui convient. Pas une pellicule de langue... Je crois Albert, que nous avons bien et beaucoup marché ensemble depuis quelques années... Nos semelles ont écrasé nombre de mots inutiles. Voyez. Et nous ne tirons pas les feux d'artifice avec des sentiments. Je vous envoie toute mon affection. Pensée amicale et fidèle à Francine, aux enfants."
   (Lettre de René Char à Albert Camus, 23 août 1952, p. 100)

   
   
    * fiche de la "Correspondance" avec Albert Camus

critique par Fée Carabine




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