Lecture / Ecriture
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Frida Kahlo – «Je peins ma réalité» de Christina Burrus

Christina Burrus
  Frida Kahlo – «Je peins ma réalité»

Frida Kahlo – «Je peins ma réalité» - Christina Burrus

"Un ruban noué autour d’une bombe"
Note :

   Impossible de rester indifférent devant l’œuvre de Frida Kahlo. Les tableaux de l’artiste mexicaine - atteinte de la poliomyélite à six ans, puis grièvement blessée dans un accident de bus à dix-huit – se sont si bien nourris de son expérience de la souffrance et de son union orageuse avec le peintre muraliste Diego Rivera – ils allèrent jusqu’à divorcer en décembre 1939 pour se remarier un an plus tard – qu’ils ne peuvent manquer d’interroger leurs spectateurs, autant dans leur sens esthétique que dans leur rapport au corps.
   
   Explorant cette œuvre qui tour à tour trouble, inquiète ou déstabilise l’observateur, y compris André Breton qui la compara à "un ruban autour d’une bombe" (p. 131), Christina Burrus nous livre une biographie, très classique et très sobre, de sa créatrice. Respectant la chronologie, elle nous déroule la vie de Frida Kahlo comme une succession de faits, évoqués sans pathos ni voyeurisme. On peut certes imaginer d’autres approches, laissant davantage d’espace à la subjectivité ou à l’empathie. Mais telle qu’elle est, cette biographie est impeccablement menée, fort bien illustrée, et elle offre une bonne introduction à l’univers de l’artiste mexicaine.
   
   Extrait:
   
   "Seul apprentissage: celui d’elle-même, rassemblée dans ce tout petit miroir aux dimensions d’un portrait. Seul matériel humain: le sien, puisqu’elle ne peut aller vers les autres, mais tout entourée de l’expression qu’ont donné de la figure humaine les grands portraitistes allemands et italiens. De cette confrontation à sa propre identité naissent alors les problématiques qui touchent à l’essence même de l’art: celle de l’illusion, celle du dédoublement, celle du rapport à la mort. Bien plus qu’une autobiographie, ses autoportraits se révéleront les «images de l’intérieur» d’une femme lancée dans une recherche existentielle autant qu’esthétique, d’un être encore en devenir, d’une conscience qui naît." (p. 29)

critique par Fée Carabine




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