Lecture / Ecriture
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Le mystère de la chambre obscure de Guillaume Prévost

Guillaume Prévost
  Le mystère de la chambre obscure

Le mystère de la chambre obscure - Guillaume Prévost

Quand Jules s'en mêle
Note :

   Paris, août 1855. Félix Montagnon, reporter pour "Le Populaire", entraîne son ami Jules Verne (oui, celui-là même), dans une séance de spiritisme donnée par l'insaisissable Will Gordon, un spirite très renommé. Félix est certain de tenir là le sujet d'un bon papier mais le destin va lui fournir un scoop: en effet, l'étrange britannique est assassiné à la fin de la séance. Deux balles dans les yeux. Félix, intrépide, décide de se lancer dans une enquête pour le compte du journal et il entraîne avec lui son ami Jules.
   
   "Le mystère de la chambre obscure", dont le titre fait immédiatement penser à Leroux, est un bel hommage à la littérature populaire du XIXème siècle. On y croise toutes les composantes des romans populaires: un couple d'enquêteurs assez disparate (le bouillonnant et riche Félix et le calme et pas encore célèbre Jules), des cadavres qui s'entassent avec une incroyable rapidité, des femmes fatales ou ingénues, des rebondissements en pagaille et une parfaite connaissance du lieu dans lequel se déroule l'intrigue, ici le Paris de Napoléon III. C'est d'ailleurs ce dernier aspect qui donne toute sa cohérence au roman: la description de Paris en pleine exposition universelle, qui attend la visite de la reine Victoria et se demande si l'impératrice Eugénie est enfin enceinte.
   
   C’est remarquable à la fois de précision et de légèreté. Sans aucun didactisme et avec beaucoup de verve, Guillaume Prévost recrée pour nous les rues à l'abandon du centre (autour de Notre-Dame), la pauvreté de la périphérie (la Villette est la banlieue, quartier mal famé plein d'entrepôts et de pensions misérables) et la vie bouillonnante des boulevards Capucine, Bonne Nouvelle et autres.
   
    Si l'intrigue policière en elle-même n'est pas révolutionnaire, elle a le mérite d'être bien ficelée et permet surtout à Prévost de mettre en scène des personnages tout à fait intéressants comme Emile, Savannah ou Jules Verne lui-même, jeune homme qui écrit surtout des pièces de théâtre et qui a l'idée de ses futurs chefs d'oeuvre en visitant les stands scientifiques de l'Exposition Universelle (il y admire notamment une maquette de sous-marin).
   
   Les dialogues sont enlevés et souvent drôles et les péripéties s'enchaînent sans temps mort. Je recommande, chers happy few.

critique par Fashion




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