Lecture / Ecriture
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Sur la route de Jack Kerouac   

Jack Kerouac
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Jack Kerouac est un écrivain et poète américain né en 1922 dans le Massachusetts et mort en 1969 à en Floride). Il compte parmi les membres les plus importants du mouvement de la Beat generation en littérature.

Sur la route - Jack Kerouac

Les USA en long, en large, en travers, et même au delà
Note :

   Sal (Salvador) Paradise, le narrateur, écrivain de son état, vient de divorcer et rencontre Dean Moriarty. Ensemble, ils vont voyager à travers les USA, d’abord vers l’ouest, la Californie, puis vers l’Est et le Sud. Chaque voyage est une expérience nouvelle pour les deux protagonistes au gré des rencontres, de l’argent accumulé et vite dépensé en déplacements et fêtes diverses, argent gagné dans divers petits boulots qui forment en eux-mêmes une autre expérience en plus des diverses galères qu’il rencontre. Le voyage est d’abord perçu comme transformation nécessaire de même que le voyage vers l’ouest est traditionnellement associé à la mort.
   "I wasn’t scared; I was just somebody else, some stranger, and my whole life was a haunted life, the life of a ghost. I was half-way across America, at the dividing line between the East of my youth and the West of my future."(15-16)
   (Je n’avais pas peur; j’étais juste quelqu’un d’autre, un étranger, et toute ma vie était une vie hantée, la vie d’un fantôme. J’étais à mi-chemin des USA, à la limite entre l’est de ma jeunesse et l ‘ouest de mon avenir.)

   
   On peut remarquer que le livre est conçu globalement comme une suite d’histoires personnelles de chaque personnage rencontré. Rien n’est laissé en surface, chacun a une épaisseur. Parallèlement, le récit offre toute une série de méditations, monologues intérieurs de Sal (au nom on ne peut plus évocateur) plus ou moins mystiques sur le sens de la vie, la mort, l’amour ou l’amitié. En ce sens, on ne peut s’empêcher de voir une homosexualité latente entre Sal et Dean. Le voyage proprement dit se double de ces nécessaires voyages intérieurs dans l’histoire de chaque personnage et dans l’esprit contemplatif du narrateur. Kerouac parvient très bien à montrer que l’un ne peut se passer de l’autre et la vie sans Dean –ou sans Sal- est une vie entre parenthèses, une vie sans mouvement. En effet, le mouvement du livre est calqué sur les errances des deux «héros» de la route.
   
   De même Sal transforme chaque expérience vécue en un moment privilégié à la fois esthétique et mystique.
   " They picked cotton with the same God-blessed patience their grandfathers had practiced in ante-bellum Alabama, their moved right along their rows, bent and blue and their bags increased. My back began to ache. But it was beautiful kneeling and hiding in that earth. If I felt like resting I did, with my face on the pillow of brown moist earth. Birds sang in accompaniment. I thought I had found my life’s work." (87)
   (Ils cueillaient le coton avec la même patience divine qu’avaient leurs grands-pères dans l’Alabama d’avant-guerre, ils se déplaçaient dans leur rangée, tristes et courbés et leurs sacs s’emplissaient. Je commençais à avoir mal au dos. Mais c’était beau d’être à genoux et enfoui dans cette terre. Si j’avais envie de me reposer, je le faisais, le visage sur l’oreiller brun et humide de la terre. Les oiseaux m’accompagnaient de leur chant. Je croyais que j’avais trouvé le métier idéal.)

   
   Mais les personnages sont conçus de telle sorte qu’ils ne parviennent jamais à se fixer, à avoir une vie de famille «normale», entre Dean, sortant de prison et recherchant toujours son père – c’est en partie la raison de cette fuite en avant à travers tous les USA – et Sal qui n’est pas fait pour la vie de mariage :
   " I had nothing to offer anybody except my own confusion." (113)
   (Je n’avais rien à offrir à quiconque que ma propre confusion.)

   
   Ce sont ces fameux «clochards célestes» , riches de leurs «expériences» mais toujours à la limite de la dèche financière.
   
   Il faut ajouter que le récit se déroule dans l’Amérique des années 50 et l’on rencontre des musiciens de jazz ( Dexter Gordon, George Shearing, Billie Holliday…), les jeunes commencent à expérimenter la drogue: herbe et mescaline et l’amour se fait de plus en plus librement: Marylou passe ainsi de Dean à Sal sans trop de problème et ils forment même parfois un ménage à trois. C’est à partir de ces préoccupations de la jeunesse de son temps que Kerouac a en partie bâti son histoire, récit ténu qui rend chaque nouveau voyage intéressant, récit transformé de sa propre histoire avec Nick Cassidy où se sont retrouvés nombre d’artistes de la génération hippie parmi lesquels Bob Dylan qui dit en quatrième de couverture que «[ce livre] a changé [sa]vie comme il a changé celle de tout le monde. » Kerouac fait partie de cette génération d’écrivains (avec William Burroughs ou Allen Ginsberg) qu’on a appelé la «beat generation» .Génération du rythme, de l’exploration de nouveaux horizons tant géographiques qu’intérieurs -d’où l’usage des drogues- mais aussi de l’autre, de la société américaine où les gens «assis», comme disait Rimbaud, ne les comprennent pas mais acceptent malgré tout leur soif de mouvement perpétuel.
   
   En tout cas c’est avec grand plaisir que j’ai relu ce roman.
    ↓

critique par Mouton Noir




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En y repensant...
Note :

   Résumé
   
   «Un gars de l’Ouest, de la race solaire, tel était Dean. Ma tante avait beau me mettre en garde contre les histoires que j’aurais avec lui, j’allais entendre l’appel d’une vie neuve, voir un horizon neuf, me fier à tout ça en pleine jeunesse; et si je devais avoir quelques ennuis, si même Dean devait ne plus vouloir de moi pour copain et me laisser tomber, comme il le ferait plus tard, crevant de faim sur un trottoir ou sur un lit d’hôpital, qu’est-ce que cela pouvait me foutre?... Quelque part sur le chemin, je savais qu’il y aurait des filles, des visions, tout, quoi; quelque part sur le chemin on me tendrait la perle rare.»

   
   
   Commentaire
   
   Ce livre m'a laissé de drôles d'impressions... On me l'avait présenté comme génial et j'ai eu pourtant beaucoup de difficulté à accrocher au départ. Au final, je peux dire que j'ai bien aimé mais l'impression laissée ne m'a pas semblée impérissable. Toutefois, après la lecture de ce livre j'ai été comme obsédée par l'idée de prendre congé pour quelques mois et de partir pour un "nowhere", sans contraintes, sans trop savoir où je vais, sans plan précis, me laissant porter au gré du moment... Coïncidence?? Peut-être!
   
   Le roman se passe dans les États-Unis des années 50 et on ressent partout dans le roman une contestation des valeurs, des façons de vivre et des limites imposées par l'époque. J'y ai vu un roman sur la liberté, oui, mais également une critique sociale, une révolte profonde contre ce qui était alors le "bien". Les personnages rencontrés sont colorés, souvent rejetés de la société. L'autre côté de la médaille.
   
   Mon problème avec ce livre: à part le personnage décalé de Dean Moriarty, les autres personnes rencontrées ne m'ont pas vraiment touchée. J'ai aimé l'aspect de l'amitié entre Sal et Dean, qui occupe une grand part du roman, mais j'ai eu de la difficulté à y croire réellement. Ca a été long avant que j'y adhère. Par contre, j'ai apprécié la fin, et après avoir terminé le livre, je l'ai davantage apprécié... bizarre!
   
   Donc, à mon avis (qui est contraire à celui de la plupart de mes copains qui ont adoré): bien mais pas inoubliable. J'ai même failli abandonner au tiers du livre. J'ai accroché plus tard!

critique par Karine




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