Lecture / Ecriture
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Une semaine de vacance de Daniel Charneux

Daniel Charneux
  Norma, roman
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  Nuage et eau
  Vingt-quatre préludes
  Maman Jeanne

Une semaine de vacance - Daniel Charneux

Road-Movie dans la Creuse.
Note :

   La Creuse ! Je vous demande un peu ? Il a fallu l’imprécision fataliste d’une fléchette pour décider que ces sept jours de vacance là, c’est dans la Creuse qu’il les passerait. Comme d’habitude, avec son sac à dos pour toute compagnie et seul viatique, son nécessaire à randonneur et seule fantaisie ; les photocopies en format réduit d’albums de Tintin. L’itinéraire est soigneusement balisé au préalable ; un heptagone figurant un tour de la Creuse et le point de départ tiré au sort.
   
   Et voilà Jean-Pierre Jouve parti à l’assaut du département 23. Méthodiquement, scrupuleusement. Et d’abord parce qu’il pratique l’art de s’ennuyer :
   « Cette année, pour les congés payés, j’ai décidé de m’ennuyer. Si l’on ne s’ennuie pas, le temps passe vite, et deux semaines, c’est si court ! Mais s’ennuyer, c’est ruminer le temps, le malaxer, l’étirer comme une pâte, comme une gomme extensible. C‘est profiter de chaque grain de sable …
    Cette année donc, j’ai décidé de m’ennuyer. Depuis trois ans, je divise ma vacance en deux, pour épargner du temps et de l’argent. Je pars une semaine en juin et une autre en septembre. C’est moins cher, c’est plus vide, et je répartis mieux mes plages d’oisiveté. »

   Jean-Pierre Jouve n’est pas n’importe qui. Outre sa profession d’actuaire (et la sacralisation des chiffres qui s ‘ensuit), Jean-Pierre Jouve a une fêlure. Une belle fêlure bien profonde, une qu’on garde pour soi, la compagne de tous les instants malheureux : sa femme Odile l’a quitté, il y a déja du temps mais le deuil n’est pas fait et la fêlure bien profonde. Donc Jean-Pierre Jouve n’est pas seul et c’est peut-être bien le drame ?
   
   Nous voici donc parti pour un road-movie au sein de ce département des plus ruraux et désertés, à pied pour prendre notre temps et le temps je n’ai pas eu envie de le bousculer, savourant les mots, la diction de Daniel Charneux. Une qualité d’écriture remarquable dans un langage des plus accessibles.
   
   L’atmosphère est celle d’un voyage à pied, rythme lent – confort rudimentaire –vision approfondie des paysages et des gens. Solitude, introspection, irritation du pied qui souffre de l’ampoule qu’on n’a pas su éviter …
   
   On ne sait pas trop, à dire vrai, où Daniel Charneux nous emmène. Pas grave se dit-on, on ne va nulle part, on lit juste un roman bien écrit. Erreur ! Erreur profonde. On allait quelque part et on ne ne le savait pas. Les dernières pages nous ramènent à la … fiction. Ben oui ! C’est un roman, non ?
   
   Une semaine de vacance comme une semaine de vide ? Pas vraiment !

critique par Tistou




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