Lecture / Ecriture
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Moscow de Edyr Augusto

Edyr Augusto
  Belèm
  Moscow

Edyr Augusto est un journaliste et écrivain brésilien né en 1954 à Belém.

Moscow - Edyr Augusto

L'île des Amours !
Note :

   Retour au Brésil pour ce second roman d'Edyr Augusto après "Belém". Mosquiero est une île au large de cette ville, les jeunes la nomment Moscow.
   Dans sa préface l'auteur nous explique son rapport avec cette terre entourée d'eau :
   Je me balade, tout seul, en compagnie de mes souvenirs. Les gens, les événements, les odeurs, les amours, la vie. Moscow parle de violence sans culpabilité.

   
   Pour la violence, ce livre commence fort, très fort! Un couple est pris à parti sur une plage par un groupe d'hommes dont fait partie le narrateur de ce livre. Ils sont violés tous les deux et dépouillés de la plupart de leurs effets personnels. Et cela continue, passage à tabac d'un homme et retour chez lui le lendemain car Brown voulait coucher avec son épouse enceinte! Lui refuse, il a des principes, Brown est passé le premier donc elle est à lui, et il ne veut pas passer ensuite! La boisson et un peu de drogue, du football (on est au Brésil) avec sa bande comme coéquipiers mais le match se termine en massacre et un adversaire finit gravement blessé à l'hôpital! Lui termine la nuit en buvant jusqu'à plus soif avec ses amis!
   
   Graça, une superbe métisse, l’envoûte littéralement, il tente de la séduire mais à chaque fois quelque chose ou quelqu'un contrarie ses plans. Avec Mara c'est le contraire, pas de plan mais une victoire totale, le sexe avec un grand S, le plaisir avec un grand P.
   
   Mais tout est cher comme partout et il faut renflouer le tiroir caisse, avec un coup, un gros coup de préférence! Qui foire bien sûr.
   
   Des tournois de dominos, des soirées sur la plage avec des filles d'un soir, d'autres au bistrot avec le reste de la bande... la vie... un coup réussi, un peu de fric... Graça toujours omniprésente dans ses pensées. Et Beto, ce fils à papa qui tourne lui aussi autour d'elle! Mais dans les îles comme ailleurs la mort rode et peut être brutale!
   
   Le personnage principal est bien évidement le narrateur. Son sens de la moralité est bien caché sous la pulsion de la violence et du plaisir immédiat. Tabasser un homme ou violer une femme ne lui pose aucun cas de conscience. Mais parfois il se laisse aller à se poser cette question : c'est quoi le grand amour! Sans attendre la réponse il se précipite sur le premier jupon qui passe. Il est en extase devant Graça, il a une relation presque normale avec Dondinha, une amie d'enfance, mais a aussi une aventure sexuelle effrénée avec une femme d'âge mûr, Mara! Son point faible... une certaine obsession pour le cou des femmes!
   
   Ses amis et complices sans foi ni loi sont de tous les mauvais coups, qui se ressemble s'assemble, dit le proverbe! C'est l'équipée sauvage!
   
   J'aime bien l'écriture saccadée, moderne, phrases courtes et parfois sans verbes, qui donne du rythme au récit...
   
   Une version brésilienne, insulaire, balnéaire et ensoleillée d'"Orange mécanique"! De la grisaille britannique à exubérance de Mosquiero, mais les hommes sont les mêmes!
   
   Un court roman violent, un Brésil loin des cartes postales, des plages et de la joie de vivre. Pour le narrateur c'est une version un peu différente de "Sea, Sex and Sun". Sea, elle est là mais il n'en profite pas ou peu ; Sex, il en abuse et abuse aussi de certains corps féminins ; Sun comme la mer cela fait partie du décor.
   
   Un parcours sanglant dans un endroit paradisiaque!
   
   
   Extraits :
   
   - Je pense à Graça et je me dis que ce serait presque l’heure d’une visite. C’est une métisse, avec de gros seins, un cul merveilleux, qui vient pour les vacances depuis l’année dernière.
   
   - La bande doit rien savoir. Je leur en parle pas. Moi que ça regarde.
   
   - Les autres voulaient se taper la femme, mais ça l’aurait pas fait. Elle était en cloque et on aime pas les meufs avec un gros bide.
   
   - Merde, t’y vas pour la défoncer et tu tombes amoureux .
   
   - Et par terre, personne peut me résister, je lui ai sauté dessus, et ç’a été de la haine à l’état pur.
   
   - On dirait une panthère. Tous ses gestes sont sensuels, même sans qu’elle le veuille. Mais je crois que c’est recherché.
   
   - Je me réveille au passage de l’omnibus, autour de six heures. Effrayé. J’ai du sang sur les mains.
   
   - C’était pas un rêve. Quelle chance. Tombée du ciel. Une femme pareille.
   
   - C’est là qu’on s’est échangé le premier vrai baiser. Un baiser d’amour.
   

   Titre original : Moscow (2001)

critique par Eireann Yvon




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