Lecture / Ecriture
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Ados: Humains de Matt Haig

Matt Haig
  Les Radley
  Ados: Humains
  Rester en vie
  Dès 09 ans: Un garçon nommé Noël

Matt Haig est né à Sheffield (Royaume-Uni) en 1975. Il est journaliste et écrivain. Ses romans sont pour la plupart de sombres et étranges histoires de famille. S'inspirant de pièces de Shakespeare pour certains de ses textes, il publie en 2007 Shadow Forest, qui a remporté treize prix littéraires. En 2010, il écrit le best-seller The Radleys, traduit dans plus de vingt langues.
(Source éditeur)

Ados: Humains - Matt Haig

Trop humain !
Note :

   Thèmes : Science-fiction, Humour, Apprentissage
   
   
   Andrew Martin est un mathématicien de renom qui enseigne à l'université de Cambridge et travaille sur les nombres premiers. Ayant fait une découverte prodigieuse, il est sur le point de dévoiler sa théorie au comité scientifique... ce qui lui vaudra d'être millionnaire. Mais sa découverte est bien trop dangereuse pour les esprits faibles que sont ceux des hommes. C'est le point de vue d'un groupe d'extraterrestres qui décide d'agir en envoyant un de leur agent sur le terrain. Assassiné, Andrew Martin n'est plus sinon un alien dans le corps d'un homme. Il est chargé d'enquêter sur le nombre de personnes ayant eu connaissance des travaux du professeur Martin et de les tuer pour que le secret des nombres premiers soit bien gardé...
   
   Avouons-le, ce roman est excellemment bon... cynique et ironique à point car les extraterrestres ne sont pas nos amis et ont une opinion très médiocre au sujet de l'humanité. En découverte de son nouvel environnement avec des réactions excessives, incomprises, des questions incessantes, un regard neuf, cet environnement qu'il déteste, qu'il critique, qui le dégoûte, notre extraterrestre va poursuivre une quête à la fois pleine d'humour et d'angoisse. Entre thriller et anticipation, "Humains" est une lecture pleine de suspense mais j'ai surtout apprécié les vérités émises à notre encontre. La bêtise des hommes, leur faiblesse d'esprit, leur immaturité... les pensées philosophiques de l'extraterrestre et son regard porté sur la condition humaine et ses défauts sont rafraîchissantes et originales. C'est aussi l'occasion pour Matt Haig d'évoquer des réflexions pertinentes sur l'Univers, la vie, la mort, la famille, nos priorités, nos futilités et nos contradictions...
   
   Sorte de journal intime d'un extraterrestre averti, ce roman ne manque pas de profondeur ni de rebondissements avec une jolie liste, touchante et drôle des choses qui font l'être humain.
   
   
   Quatrième de couverture :
   
    "Un extra-terrestre débarque sur Terre pour prendre la place et l'apparence du professeur Andrew Martin, éminent mathématicien de l'Université de Cambridge qui a résolu une équation majeure pour l'avenir de l'humanité. Ses premières impressions sont loin d'être positives : il est dégoûté par la façon dont les humains le regardent, par ce qu'ils mangent, par la facilité avec laquelle ils assassinent et font la guerre. L'extra-terrestre est tout aussi déconcerté par les concepts d'amour et de famille, qui lui sont totalement étrangers. Pourtant plus le temps passe, plus il commence à apprécier certaines facettes de cette étrange espèce."
    ↓

critique par Laël




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Humaines lacunes
Note :

    "Rentrée littéraire Ado". Et puis quoi encore? Depuis quand on segmente ainsi la rentrée littéraire? Imaginons la rentrée bout’dchou, la rentrée nain de jardin, la rentrée sénilissime etc.
   
   C’est vrai quoi, je n’ai plus quinze ans, mais je lis quand même plus que certains ados de cet âge que je fréquente tous les jours! Je m’égare, revenons à nos humains. D’abord, ce livre est absolument lisible par tous, et en Allemagne il est classé en adulte, comme quoi! J’aimerais d’ailleurs que l’on me dise pourquoi ado? Que ce soit les thèmes évoqués ou la manière d’en parler, rien ne me semble justifier cette classification. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que je me fais cette remarque.
   
    Tout commence par la mort de Andrew Martin, éminent mathématicien qui vient de faire La Découverte! Celle qui va faire faire un bon en avant à toute l’humanité grâce aux nombres premiers. Moi j’en étais resté à leur solitude, mais il parait qu’on peut en faire de grandes choses!
    Bien entendu, nous sommes les seuls à le savoir car son enveloppe corporelle est habitée par un Vonnadorien. Seulement, ce dernier à une mission à accomplir. Il doit supprimer tous les humains qui pourraient avoir eu vent de la découverte de Andrew Martin.
   
    Le voici donc parachuté sur notre planète avec une femme, un fils et des humains tout autour. Et rien ne se passe comme prévu. Déjà qu’il se promène tout nu dès le départ, on peut dire que tout cela sent l’improvisation. Il a bien essayé d’intégrer les codes en lisant Cosmopolitan mais il n’a pas tout compris.
   
    Comment comprendre une espèce si primitive qui ne vénère pas les mathématiques? Et les boutiques, il y en a partout. Les boutiques sont aux terriens ce que les échoppes d’équations sont aux Vonnadoriens.
   "J’avisais un grand nombre de livres dans la vitrine d’une de ces boutiques. Ce qui me rappela que les humains sont obligés de lire les livres. Ils doivent réellement s’installer et regarder chacun des mots un par un. C’est long, très long. Un humain n’a pas la capacité d’avaler tous les ouvrages qui sont publiés, ne peut pas déguster plusieurs tomes à la fois, ni engloutir en quelques secondes un savoir quasi infini. Ils n’ont pas comme nous la capacité de s’envoyer une capsule de mots dans le gosier. Imaginez! Non seulement être mortel, mais en plus devoir rogner sur ce temps précieux et limité pour lire. Pas étonnant que cette espèce soit si primitive. Le temps qu’ils aient lu suffisamment d’ouvrages pour être en mesure de faire un peu quelque chose, ils meurent."

   
    Si certaine situations prêtent à rire ou sourire, le récit est plutôt doux amer, reflétant la triste réalité de la condition humaine.
   "Sur Terre, aller sur les réseaux se réduit à s’asseoir devant un ordinateur dépourvu de conscience pour taper des mots indiquant qu’on boirait bien un café et lire les messages des autres disant qu’ils boiraient bien un café, tout en oubliant pendant ce temps de faire du vrai café. C’est le journal d’actualité qu’ils attendaient tous. Celui dans lequel les nouvelles ne parlent que d’eux-mêmes."

   
   Un bon cru, facilement lisible, pas trop SF, mais pas forcément pour les ados!

critique par Le Mérydien




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