Lecture / Ecriture
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Redburn de Herman Melville

Herman Melville
  Moby Dick ou le cachalot
  Bartleby
  Taïpi
  Omoo
  Mardi
  Moi et ma cheminée
  M comme: Moby Dick
  Redburn

Herman Melville (1819 - 1891) est un romancier, essayiste et poète américain.

Redburn - Herman Melville

Un Melville alimentaire
Note :

    "Sa première croisière. Confessions et souvenirs d'un fils de famille engagé comme mousse dans la marine marchande"
   
   Melville ne tenait pas ce livre, le quatrième à sortir de sa plume, en très haute estime : un "conte pour enfants", écrit "pour s'acheter du tabac", "Redburn" est la concession faite par l'auteur à la littérature alimentaire, rendue obligatoire par l'échec cuisant de "Mardi", son livre précédent, trop ambitieux. Il n'y a donc rien de révolutionnaire dans ce roman d'apprentissage qui prend pour sujet un jeune mousse, Redburn, confronté à un monde hostile, celui des marins.
   
    Le livre est divisé en trois temps, le voyage aller de New York en Angleterre, le séjour à Liverpool et le voyage de retour. On y trouve les thèmes attendus du récit  maritime, description de la vie à bord, portrait de personnages pittoresques, scènes de tempête, etc., tous les éléments d'un monde nouveau que le jeune héros apprivoise petit à petit comme il se doit. Mais Melville sait dépasser ce cadre étroit pour donner une dimension sociale à son roman. Ce sont alors des chapitres complets qui interrompent le récit pour souligner la misère (description saisissante des bas-fonds de Liverpool), les difficultés de la de vie de marin, la situation des Noirs aux Etats-Unis, les conditions de voyage réservées aux émigrants sur les bateaux qui les conduisent en Amérique.
   
    Dans son texte de présentation, Michel Imbert voit aussi Redburn comme un roman familial, un voyage de Melville sur les traces de son père - mort ruiné comme celui de Redburn - dont plusieurs personnages apparaissent comme des figures de substitution. Enfin, on ne manquera pas d'y voir, si l'on est au fait de ce qui va suivre dans l’œuvre melvilienne, quelques lueurs annonçant "Moby-Dick".

critique par P.Didion




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