Lecture / Ecriture
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La duchesse de Bloomsbury Street de Helene Hanff

Helene Hanff
  84 Charing Cross Road
  La duchesse de Bloomsbury Street

La duchesse de Bloomsbury Street - Helene Hanff

Une lectrice consciencieuse
Note :

   Je n’ai pas lu "84,Charing Cross Road", mais j’ai vu le film de David Hugh Jones avec Anne Bancroft et Anthony Hopkins que j’ai beaucoup aimé ; c’est ainsi que j’ai connu Helene Hanff, cette lectrice bibliophile new yorkaise si déterminée, un peu bougon mais généreuse et très attachante.
   
   Dans ce second livre, Helene Hanff décide de se rendre à Londres, en juin 1971, pour découvrir cette ville qu’elle ne connaît pas encore. Elle désire aussi rencontrer la veuve et la fille du libraire auquel elle a si longuement écrit et plein d’autres connaissances encore qui l’accueilleront durant son séjour.
   
   Ce livre est le journal de ses découvertes londoniennes. C’est très intéressant et drôle car Helene Hanff n’a rien de la touriste ordinaire. Elle a ses lieux de prédilection essentiellement dus à ses lectures Elle s'y montre excentrique, passionnée, maladroite, impatiente, pas toujours facile à vivre mais possédant un humour bien particulier très souvent incompris d'ailleurs ainsi qu'un dynamisme à toute épreuve malgré ses accès d'hypocondrie.
   Je l’ai beaucoup aimée.
   
   Voici pourquoi, bien que lisant constamment, elle n’a pas lu autant de livres qu’on pourrait le croire. J’ai adoré ce passage.
   " Un jour, à l’âge de dix-sept ans, je suis allée à la bibliothèque de mon quartier pour y rechercher des livres consacrés à l’art d’écrire, et j’ai découvert cinq volumes rassemblant des conférences qu’il avait données sur ce thème à ses élèves de Cambridge. (il = Arthur Quiller-Couch, écrivain et professeur de littérature. Elle a toujours affirmé lui devoir sa passion pour les livres.) Je me suis dépêchée de rentrer, le premier volume sous le bras, et je m’y suis plongée sans attendre. Page trois, premier obstacle. Q s’adressait à de jeunes étudiants, formés à Eton et Harrow. Il tenait donc pour établi que ses élèves – y compris moi - avaient lu Le Paradis perdu et par conséquent qu’ils comprendraient son analyse de "l’invocation à la lumière", du livre IX. J’ai alors décidé de m’arrêter à ce passage et je suis retournée à la bibliothèque chercher un exemplaire du Paradis perdu. Une fois à la maison, j’ai commencé à le lire. Page trois, nouvel obstacle: Milton tenait pour acquis que je connaissais la version chrétienne du livre d’Isaïe et le Nouveau Testament, et que Lucifer ou la Guerre au Ciel n’avaient aucun secret pour moi, mais comme je suis juive tel n’était pas le cas. J’ai donc décidé d’emprunter une Bible et de combler mes lacunes avant de lire Le Paradis perdu et de retrouver Q à la page trois. Page quatre ou cinq, je suis tombée sur deux citations, l’une, courte, en latin, l’autre, longue, en grec. J’ai alors fait passer une annonce dans la Saturday Review afin de trouver quelqu’un pouvant me donner des cours dans ces deux langues et je me suis replongée dans Q en attendant.(…) Si bien que d’une chose l’autre, et comptant une moyenne de trois obstacles par semaine, j’ai mis onze ans à lire ces cinq volumes de conférence dans leur intégralité." (p. 73-74)

   
    Plus loin (p.150_151)
   "J'ai toujours tellement honte en découvrant combien certaines personnes sont cultivées alors que, par comparaison, je suis si ignorante. Si vous découvriez la liste de livres célèbres et d'auteurs que je n'ai jamais lus, vous n'en croiriez pas vos yeux. Mon problème est très simple: pendant que les autres lisent cinquante livres, je relis cinquante fois le même ouvrage. Je m'arrête seulement lorsque, arrivée au bas de la page 20, je suis capable de réciter par cœur les pages 21 et 22. Alors je le mets de côté l'espace de quelques années. "

   Rude lectrice!
   A lire!

critique par Mango




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