Lecture / Ecriture
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Ados: Le combat d'hiver de Jean-Claude Mourlevat

Jean-Claude Mourlevat
  Dès 11 ans: L'enfant océan
  Dès 11 ans: La troisième vengeance de Robert Poutifard
  Ados: Le combat d'hiver
  Ados: La rivière à l’envers
  Ados: Hannah
  Dès 11 ans: A comme voleur
  Ados: Le chagrin du roi mort
  Ados: Terrienne

Ados: Le combat d'hiver - Jean-Claude Mourlevat

Pensionnaires mais libres
Note :

   A partir de 13 ans
   
   Hélène et Milena sont pensionnaires dans un établissement pour le moins étrange... La vie n'y est pas facile, les élèves ont souvent un petit moral mais quand leur détresse est trop grande, elles peuvent demander à voir une consoleuse. Ainsi elles peuvent sortir de l'établissement mais pour cela elles doivent s'engager à revenir sans quoi une autre pensionnaire, désignée au moment de leur départ, sera envoyée au cachot. Les enseignants sont ainsi sûrs que personne ne risque de fuguer. De plus elles ne peuvent sortir que trois fois par an et elles doivent être accompagnées d'une élève de leur choix. Hélène choisit donc de rejoindre sa consoleuse en compagnie de son amie Milena. Mais pendant leur périple, elles rencontrent deux jeunes garçons du pensionnat voisin et Milena s'enfuit avec l'un d'eux. Hélène rentre alors seule au pensionnat...
   
   Ce magnifique récit fait la part belle à l'imagination, Jean-Claude Mourlevat est un magnifique conteur qui met en scène des personnages inventés de toutes pièces comme ces consoleuses, femmes corpulentes, sorte de prêtres confesseurs, des hommes chiens qui font régner la terreur, des hommes chevaux d'une grande bonté et une société secrète La Phalange aux mœurs pour le moins inquiétantes. Au milieu d'eux des orphelins comme Helen et Milena, qui ont tous un point commun : leurs parents ont lutté contre la Phalange dans le passé et ils pourraient bien reprendre le combat…
   
   J'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce roman de grande qualité car il allie science fiction et récit initiatique, avec des personnages mi-fantastiques, mi-réels, une ville imaginaire superbement décrite, des combats de gladiateurs d'une grande cruauté, une intrigue captivante à vous couper le souffle et une réflexion sur les régimes totalitaires. Les quatre enfants qui s'enfuient de leur pensionnat – Mourlevat, paraît-il, a détesté être interne dans sa jeunesse !- sont très attachants et on suit leur combat avec beaucoup de suspens et en s'identifiant sans peine à eux.
   
   Mourlevat a réussi un très beau livre qui devrait rencontrer un réel succès auprès des adolescents.
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critique par Clochette




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Sang et neige
Note :

   Quatre adolescents évadés de leur orphelinat prison reprennent le combat perdu 15 ans plus tôt par leurs parents contre la barbarie de la dictature. Milana à la voix d’ange, Bartoloméo le charismatique, Milos et Helen les courageux. Poursuivis par une phalange sûre de son impunité, ils vont devoir se battre pour leur vie, leur liberté et celle des autres. Un combat perdu d’avance ? Peut-être, mais un combat qu’il faut mener.
   
   Mourlevat offre avec Le combat d’hiver un excellent roman de politique fiction pour adolescents comme pour adultes. Dans le combat qu’ils découvrent et reprennent, les quatre adolescents dont Mourlevat a fait ses héros perdent leur naïveté, leur innocence, leur regard d’enfant sur le monde. Ils avaient 17 ans, vivaient des choses dures dans leur orphelinat, mais en en sortant, ils découvrent que conserver sa liberté signifie parfois se salir les mains, risquer de perdre son âme. Ils découvrent la complexité. Car si la phalange est parvenue au pouvoir, c’est que la population l’a voulu, et si elle s’est maintenue au pouvoir, c’est que personne n’a plus eu le courage de se dresser ouvertement contre elle. Ils découvrent que la différence entre la vie et la mort tient parfois aux concessions et aux compromissions que l’on est prêt à faire.
   
   Les thèmes abordés tout au long de ces pages sont traités de manière approfondie et sans céder à la facilité. Mourlevat n’hésite pas à décrire la peur, la panique, les interrogations morales. Il n’hésite pas à décrire le sang qui coule. Il allège le tout avec deux belles histoires d’amour sans pour autant sombrer dans le sentimentalisme. Car tout ne finit pas bien. Et c’est bien justement, car c’est ainsi que va la vie. Ce faisant, il met en valeur la courage la loyauté, l’amitié, l’amour, le désir de liberté et la force de combattre pour ses idéaux. J’ai aimé le rôle qu’il donne à l’art, à la musique. Par le chant, un peuple trouve le courage de se battre, par la musique vient la pensée et la révolte.
   
   Ce qui est extraordinaire c’est la résonance que l’auteur parvient à donner à son intrigue. En utilisant des références à l’Antiquité, des paysages typiques de l’Europe de l’Est, il amène à penser au passé européen. Les systèmes décrits, notamment politiques ne sont pas inconnus. C’est avec une petite touche semi fantastique qu’il construit un univers bien particulier.
   
   De la grande littérature «jeunesse».

critique par Chiffonnette




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