Lecture / Ecriture
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Les Normaux de David Gilbert

David Gilbert
  Les Normaux

Les Normaux - David Gilbert

Fuir sa vie
Note :

   Littérature étrangère actuelle
   
   L'histoire commence à New York, en 1999. Billy Schine met un point d'honneur à collectionner les petits boulots, jusqu'à ce qu'une société de recouvrement lui enjoigne fermement de rembourser son prêt étudiant dans les meilleurs délais. Une seule solution, fuir.
   
   
   Ce livre ne m'a pas passionnée, mais ce pour des raisons plus philosophiques que littéraires. Cette satire de la société contemporaine américaine m'a mise tellement mal à l'aise que j'en ai déduit sa pertinence … Ainsi donc, le héros est un homme ordinaire, "normal", acculé, qui, pour régler ses dettes, va accepter de tester des médicaments pour le compte d’un laboratoire pharmaceutique. Dans cet univers de dingues, l’enfermement va servir à chacun de révélateur.
   
   
   … Ce livre m'a "dérangée"…
   Dans une société américaine désabusée, dévouée aux marchés et au Dollar, obnubilée par le gain et le profit, Billy Shine, issu de la prestigieuse école de Harvard, est un individu largué et étranger à ce monde. Tester des médicaments durant quinze jours lui semble sans risque et le job est super bien payé.
   
   
   Pour prolonger cette lecture :
   Entre inhibition (à proscrire) et agression (à éviter), Henri Laborit a fait l'Eloge de la fuite !
   Le parcours à côté de l'élite du moment ressemble à un échec, comme celui décrit dans Trois dollars, Elliott Perlman.

critique par Alexandra




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"Space..."
Note :

   Vous connaissez Camille, cette chanteuse nouvelle génération qui élève l’hors-normalité au rang d’Art ? David Gilbert signe ici son pendant en littérature.
   
   Billy Schine est un gentil paumé, à New York, en 1999. Il a fait de grandes études dans une prestigieuse université, a éclaté les scores d’un grand test, et depuis enchaîne vaguement les boulots en intérim, en partageant le lit et l’appart d’une vieille copine, sans conviction.
   
   Mais pour faire ses études il a emprunté de l’argent, arrêté de le rembourser quand ses revenus sont devenus trop aléatoires, et il reçoit un jour une mise en demeure d’un cabinet de recouvrement qui reprend la créance. Il flippe, le ton de la lettre est bizarre. Il accepte sur un coup de tête de servir de cobaye à l’industrie pharmaceutique : c’est un nouveau psychotrope atypique qu’il devra tester pendant 15 jours. Avec d’autres normaux, comme lui, en bonne santé - rien à signaler - sauf ce qu’ils n’ont pas osé dire, il va passer 15 jours pris en charge comme un gros bébé…
   
   Voici un premier roman foisonnant où vous pourrez assurément trouver ce que vous voulez : critique acerbe de ci ou ça selon ce que vous déciderez de mettre en avant, super poilade si vous vous penchez plutôt du côté de l’écriture elle-même, des sigles en pagaille ou de certains passages, ou vague à l’âme existentiel si vous vous intéressez d’un peu plus près à Billy lui-même et à ses parents, bref, un livre multiple. Pas simple-simple à lire (je n’ose imaginer à traduire !), mais différent, c’est certain.
   
   Mais en fait je n’aime pas trop Camille, disons qu’à petite dose c’est très entraînant mais sur 495 pages, c’est un poil trop pour moi…

critique par Cuné




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Histoire de fous…
Note :

   Avez-vous déjà entendu parler de ces tests de médicaments que l’on fait sur des personnes saines ? Et avez-vous déjà pensé à y participer ?
   
   C’est le choix qu’a fait Billy Schine, après avoir entendu l’annonce du CRAH à la radio… mais si Billy s’est décidé aussi facilement, c’est surtout par crainte de son usurier aux méthodes peu orthodoxes Ragnar et pour fuir une réalité qui ne le satisfait guère… Il va tout abandonner du jour au lendemain pour se faire oublier…
   
   Et c’est là qu’il va atterrir au CRAH, sorte de clinique au cadre surnaturel, pour tester avec 25 autres «normau » un psychotrope innovant… Le cadre est aseptisé, les journées sont réglées, les prises de sang quotidiennes, les repas à heures fixes, les émissions de télé pour seul divertissement… bref, rien de bien affriolant, mis à part les deux mille dollars à la clef…
   
   Mais deux semaines, c’est tout de même assez long et d’autres «normaux» ayant déjà participé à ce genre d’expériences se mettent à parler et à dévoiler certains des aspects gênants qui existent et qu’ils ont subi… Les esprits se mettent alors à dériver… Chacun va avoir des comportements étranges, des réactions excessives, des attitudes décalées…
   
   Mais est-ce vraiment ce psychotrope qui fait effet ? Ces cobayes réagissent-ils à des effets secondaires ou sont-ils soumis au stress de la situation ?
   
   Si ce roman peut soulever de questions d’ordre éthique, il est tout de même raconté de façon assez légère. Ce pourrait être une sorte de journal que le personnage principal, Billy, nous dévoile au fur et à mesure de son histoire, en faisant de temps en temps un retour en arrière pour bien nous expliquer son état d’esprit… Il nous expose, sans juger.
   
   J’ai été complètement emportée par cette lecture, j’ai même eu l’impression quelquefois de vivre avec eux dans ce huis clos, de ressentir leur trouble, de les comprendre… Je n’ai ressenti aucun malaise, sans doute grâce à l’humour omniprésent de Billy, dont j’ai beaucoup aimé la personnalité même s’il est quelque peu pessimiste et névrosé (si, si !).
   
   En bref, c’est la première fois qu je me retrouvais dans un univers comme celui-ci et je me demande maintenant si ça se passe de cette façon… mais quoi qu’il en soit, je ne pense pas tenter un jour une telle expérience… par contre en ce qui concerne David Gilbert (l’auteur), je pense que si.

critique par Mme Patch




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