Lecture / Ecriture
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La reprise de Alain Robbe-Grillet

Alain Robbe-Grillet
  Un Régicide
  Les Gommes
  Le Voyeur
  La reprise
  La Jalousie
  Dans le labyrinthe
  L'année dernière à Marienbad
  Instantanés
  Pour un nouveau roman
  La Maison de rendez-vous

AUTEUR DES MOIS DE FEVRIER & MARS 2017

Alain Robbe-Grillet est un romancier et cinéaste français. Il est né à Brest le 18 août 1922 dans une famille bourgeoise.

Il obtient son diplôme d'ingénieur agronome, puis est envoyé au STO à Nuremberg.

A son retour, à la Libération, il est employé comme ingénieur à Paris puis au Maroc, en Guinée, Martinique et Guadeloupe.

Son premier roman, Les Gommes, parait en 1953 aux Editions de Minuit pour lesquelles il devient bientôt conseiller littéraire, fonction qu'il exercera pendant 30 ans tout en continuant à écrire et à y publier.

Pour sa production et son influence, il sera considéré avec Nathalie Sarraute comme le chef de file du nouveau roman,.

Il travaille également pour le cinéma, notamment sur le scénario de L'Année dernière à Marienbad

Il a aussi enseigné dans des universités américaines et Belge.

Il a été élu à l'Académie française le 25 mars 2004 mais n'a jamais passé la cérémonie de réception.

Installé dans le Calavdos, il est mort à Caen d'une crise cardiaque, le 18 février 2008. Il avait 85 ans.

La reprise - Alain Robbe-Grillet

Je ne suis pas un mutant !!
Note :

   Soulagé de constater combien je suis loin d’être un mutant. Alleluïa ! Je me réfère là à une assertion de Gotlib, le fameux philosophe (!!) ayant écrit un jour qu’on savait qu’on était un mutant si l’on était capable de replier une carte routière dans ses plis du premier coup (!) ou… de comprendre un roman d’Alain Robbe-Grillet !!
   
   (Bon, en réalité la citation (de Gotlib) exacte est la suivante : "Le mutant est un homme qui a subi, comme son nom l'indique, une mutation. Il en résulte un être magnifique, doué, notamment, d'une intelligence surhumaine. Intelligence qui lui permet d'atteindre des niveaux d'abstraction inaccessibles au commun des mortels, comme de comprendre un film d'Alain Robbe-Grillet ou de décrypter un horaire de chemins de fer. De même, après avoir consulté une carte routière, le mutant est capable de la replier sans se tromper ... DU PREMIER COUP!")
   

   "Nouveau roman" ; je ne suis pas encore familier du concept mais... première expérience avec cette "Reprise"... et pas franchement convaincu. Disons que, de même qu’il me faut beaucoup de tâtonnements pour replier correctement une carte routière, je n’ai pas franchement compris "la reprise" !
   
   Et c’est dommage. Ça partait bien, dans une tendance et une ambiance évoquant "Le troisième homme" de Graham Greene ou un roman d’espionnage de John Le Carré. Et bien écrit, sollicitant l’intelligence et la sensibilité du lecteur. Je m’installais correctement dans cette lecture. J’étais dans le Berlin post-conflit mondial de 1949, avec les zones d’influence américaine, française, britannique et soviétique, j’y étais... et puis insensiblement l’ombre d’un doute s’est immiscé – je me suis dit que je n’étais pas assez concentré – puis c’est le doute lui-même qui, pour le coup, m’a fait douter, puis j’ai fini par comprendre qu’en fait on se foutait de moi.
   Au prétexte purement dogmatique de "déstructuration", de non-nécessités de héros ou d’intrigue, bref au nom du concept de "nouveau roman", Alain Robbe-Grillet cassait le jouet, larguait délibérément son lecteur, le rendant dans l’impossibilité de savoir qui réellement était le narrateur, voire qui était qui, et jusqu’à quel point. Pathétique !
   
   C’est donc ça le "nouveau roman" ? (ou plutôt c’était ça ?) Dieu me garde du dogmatisme qui tue simplicité et naturel. Je connais leur mot d’ordre, je l’ai percé à jour : "Pourquoi faire simple... ?"
   
   Non je ne lâcherai pas John Le Carré, Graham Greene ou John Irving pour de la bouillie à chat aux arômes artificiels.
   
   C’est avec beaucoup de circonspection que je vais aborder mon prochain Robbe-Grillet !

critique par Tistou




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