Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Captive de Margaret Atwood

Margaret Atwood
  Faire surface
  Captive
  La femme comestible
  La servante écarlate
  L'odyssée de Pénélope
  Mort en lisière
  Le fiasco du labrador
  C’est le cœur qui lâche en dernier

Margaret Eleanor "Peggy" Atwood est une écrivaine canadienne née en 1939.
Elle a reçu le Prix Franz Kafka en 2017.

Captive - Margaret Atwood

Ange ou démon ?
Note :

   Canada, 23 juillet 1843 : Thomas Kinnear et sa gouvernante et maîtresse, Nancy Montgomery, sont assassinés. Deux autres employés de Kinnear, Grace Marks, âgée de seize ans, et James McDermot, sont immédiatement soupçonnés. McDermot est pendu le 21 novembre. En revanche, Grace échappe à la peine capitale. Condamnée à perpétuité, elle est d'abord placée en asile psychiatrique.
   
   1859 : dans le pénitencier où elle est enfermée, Grace Marks reçoit les visites du docteur Simon Jordan, spécialiste des maladies mentales. Lors de son procès, après avoir donné plusieurs versions des faits, Grace s'est murée dans le silence : amnésie ou dissimulation ? Le docteur Jordan veut découvrir la vérité. En lui faisant raconter sa vie, de son enfance irlandaise à ses emplois de domestique, il tenter de cerner la personnalité de Grace. Celle-ci ne semble ni démente ni criminelle, mais de sombres cauchemars la hantent...
   
   Pour écrire Captive, Margaret Atwood s'est inspirée d'un fait divers réel qui bouleversa le Canada au XIXe siècle. En s'appuyant sur des documents d'époque (coupures de journaux, actes du procès, témoignages des médecins...), elle tisse une fiction romanesque passionnante autour du personnage opaque de Grace. Le cas de la jeune fille divisa en effet l'opinion publique : était-elle un monstre cruel et simulateur, une innocente victime ou bien une démente qui ne pouvait être tenue pour responsable de ses actes ? Au lecteur de se forger un avis.
   
   Margaret Atwood dresse un portrait fascinant et souvent émouvant de cette héroïne complexe dont la véritable personnalité demeure aujourd'hui encore un mystère. L'ambiance du roman est d'ailleurs étrange, voire inquiétante, et parfois teintée d'onirisme à travers les rêves de Grace. On frôle même le surnaturel lorsque le docteur Jordan se demande si elle n'est pas possédée par une autre personne. Que signifient en effet ces absences, ces crises de rage dont certains ont été témoins ?
   
   L'aspect documentaire est également présent dans Captive. Outre l'évocation de la vie au Canada au XIXe siècle, Margaret Atwood décrit le traitement de la folie à l'époque et aborde le problème de la condition des femmes, en particulier de celles qui, simples domestiques comme Grace, sont au bas de l'échelle sociale. Peut-être Grace n'est-elle d'ailleurs qu'une victime de ce système fait d'humiliations, de corvées et de brimades qui aura fini par la broyer.
   
   Captive est un très beau roman, profond et envoûtant. Une réserve toutefois : le titre original du livre, "Alias Grace", me paraissait plus judicieux que "Captive". Dommage de l'avoir modifié.

critique par Caroline




* * *