Lecture / Ecriture
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Ils vont tuer Robert Kennedy de Marc Dugain

Marc Dugain
  Une exécution ordinaire
  La malédiction d'Edgar
  La chambre des officiers
  L'insomnie des étoiles
  Heureux comme Dieu en France
  Avenue des géants
  L'emprise
  Ultime partie
  Ils vont tuer Robert Kennedy


Marc Dugain est un écrivain français né en 1957 au Sénégal.

Ils vont tuer Robert Kennedy - Marc Dugain

Théorie du complot ?
Note :

   Rentrée littéraire 2017
   
   Marc Dugain, né le 3 mai 1957 au Sénégal, est un réalisateur et romancier français. Il construit depuis 1999 une œuvre littéraire avec des romans qui mettent en avant des personnages très variés dans des circonstances très différentes, comme un jeune officier français défiguré par un obus en 1914 au tout début de la Première Guerre mondiale, un homme d'affaires britannique dépressif, un officier de marine russe et Staline ou John Edgar Hoover et le monde politique américain.
   
   "La démocratie ne doit et peut s'exercer que dans un cadre qui défend scrupuleusement l'avidité d'une minorité, en laissant croire aux masses incultes qu'elle œuvre pour un bien-être qui, sans son réalisme scrupuleux, serait livré à des idéologies liberticides."
   

   Le père du narrateur est un des psychiatres les plus réputés de la côte ouest du Canada, spécialiste de l’hypnose. Selon O'Dugain qui fait une thèse sur l’assassinat des frères Kennedy, leurs assassins étaient des leurres amnésiques programmés par voie d’hypnose et de drogues, un programme de contrôle mental initié par la CIA. Il n’en faut pas plus au narrateur pour penser que son père était lié à ses assassinats, d’autant plus que ses parents se sont suicidés à un an d’intervalle et que la compagnie d’assurance lui a versé sans broncher le capital décès, alors que le suicide n’était pas couvert par la garantie.
   
   Marc Dugain nous entraîne donc dans l’Amérique des années 60, en alternant l’enquête sur l’assassinat de Robert Kennedy avec celle de O’Dugain sur la disparition de ses parents. S’il reprend les thèses du complot et de tireurs multiples, l’intérêt de ce roman est essentiellement sur le portrait de l’Amérique qu’il nous brosse. Tout d’abord le clan Kennedy dont le mythe a poussé sur du lisier, Joe, le père, a bâti sa fortune en faisant des affaires avec le crime organisé ensuite la tyrannie sexuelle des mâles Kennedy, les femmes sont pour eux ce que l’insuline est pour les diabétiques. John et Robert deux frères liés jusque dans la mort, deux frères assassinés pour avoir oublié les liens de leur père avec la mafia, morts pour avoir voulu transformer l’argent sale en idées généreuses.
   
   Réflexion sur la politique américaine en Amérique du Sud. Marc Dugain démontre la nécessité d’alimenter les conflits pour enrichir l’économie militaire. Les guerres pour la liberté sont menées pour ouvrir de nouveaux marchés. Le président Lyndon Johnson qui voit la politique comme un moyen de se faire rémunérer ses services, l’obsession des américains d’éliminer Fidel Castro, les menaces, les assassinats de témoins déguisés en suicides ou en accidents. Les effets du LSD et de l’acide sur la jeunesse américaine. Le rôle d’Hoover le patron du FBI. Des dossiers qui disparaissent, un assassinat maquillé en suicide, un cercueil vide.
   
   Un roman traité comme un thriller, efficace, palpitant et bien documenté mais qui nous laisse mal à l’aise, tant notre monde semble à la merci de puissances industrielles ou mafieuses, dont le seul intérêt est de faire de l’argent, d’accroitre leur pouvoir au mépris de toute considération humaine.
   
   Quatrième de couverture (Gallimard) :
    "Un professeur d’histoire contemporaine de l’université de Colombie-Britannique est persuadé que la mort successive de ses deux parents en 1967 et 1968 est liée à l’assassinat de Robert Kennedy. Le roman déroule en parallèle l’enquête sur son père, psychiatre renommé, spécialiste de l’hypnose, qui a quitté précipitamment la France avec sa mère à la fin des années quarante pour rejoindre le Canada et le parcours de Robert Kennedy. Celui-ci s’enfonce dans la dépression après l’assassinat de son frère John, avant de se décider à reprendre le flambeau familial pour l’élection présidentielle de 1968, sachant que cela le conduit à une mort inévitable."

critique par Feursy




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