Lecture / Ecriture
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Xingu de Edith Wharton

Edith Wharton
  Sur les rives de l'Hudson
  Libre et légère
  Chez les heureux du monde
  Les beaux mariages
  Xingu
  Les chemins parcourus
  Eté
  Ethan Frome
  Le temps de l’innocence
  Le triomphe de la Nuit
  La splendeur des Lansing
  Le fils et autres nouvelles
  Les Boucanières
  Les New-Yorkaises
  Le vice de la lecture
  La France en automobile

Edith Wharton est une romancière américaine née à New York en 1862 et morte en 1937, en France où elle vivait depuis une trentaine d'années.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Xingu - Edith Wharton

Satire du snobisme
Note :

   Commençons par la quatrième de couverture qui, une fois n’est pas coutume, résume parfaitement l’histoire: «Dans le cadre de leur club très fermé, des femmes de la meilleure société américaine ont invité la romancière en vogue Osric Dane, celle qu’il faut absolument avoir lue. Précieuses et ridicules, elles y vont de leurs commentaires insipides, et ne manquent pas de s’attirer en retour les foudres de l’écrivain. Contre toute attente, l’une d’elles renverse la situation et met à mal l’écrivain en lui demandant ce qu’elle pense de Xingu… Quel est donc ce Xingu que tout le monde semble connaître?»
   
   Publié en 1916, Xingu est un petit bijou qui fustige en cinquante pages le snobisme culturel. Avec ironie, Edith Wharton dresse le portrait de femmes imbues d’elles-mêmes et d’une mauvaise foi à toute épreuve, persuadées de détenir la Vérité en matière de Culture et de savoir mieux que les autres ce qui mérite ou non d’être lu. En quelques lignes assassines, l’auteur met à jour leur médiocrité intellectuelle : ces dames sont bien incapables d’émettre une opinion personnelle et se retrouvent piégées par une des leurs, celle qu’elles jugeaient la moins digne d’appartenir à leur coterie. La chute, quand on découvre l’identité du fameux Xingu, est excellente.
   
   L’écriture est superbe, et le thème toujours d'actualité. Le seul défaut que je trouve à Xingu est celui que je reproche à toutes les nouvelles: c’est trop court! J’aurais aimé que l’histoire se poursuive plus longtemps.
   
   Pour vous donner un aperçu, voici le premier paragraphe de la nouvelle qui vaut à lui seul son pesant d’or «Mrs Ballinger était une de ces dames qui traquent la Culture en groupe et considèrent toute rencontre fortuite comme dangereuse. Voilà pourquoi elle avait fondé une association, le Lunch Club, composée d’elle-même et de plusieurs indomptables chasseresses de l’érudition. Après trois ou quatre hivers passés à déjeuner et à débattre, le Lunch Club avait acquis une notoriété telle qu’il lui incombait désormais d’accueillir les personnalités étrangères à la ville. C’est ainsi que la célèbre Osric Dane s’était vu présenter, le jour de son arrivée à Hillbridge, une invitation pour assister à la prochaine réunion».
    ↓

critique par Caroline




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Do New York !
Note :

    Vous connaissez très certainement Xingu. Ou « le » Xingu. Quoi que cette dernière appellation soit quelque peu pompeuse au goût de certains. Malgré l’influence capitale de Xingu dans bien des domaines, trop peu de personnes le connaissent réellement. Encore moins l’ont pratiqué. Tout au plus on l’aura parcouru rapidement.
   
   Xingu fait pourtant l’objet d’une excellente nouvelle de Wharton. Sans être le sujet principal, il est l’élément autour duquel se construit le discours, l’événement majeur et le dénouement.
   Imaginez un cercle de femmes new-yorkaises au début du XXe. Jusqu’ici, l’image est sans doute un peu floue. Précisons un peu : imaginez maintenant des esprits étroits, une bonne dose de mauvaise foi, une rasade de mesquinerie, une fatuité sans limite. Vous aurez déjà un meilleur aperçu du cercle à l’œuvre dans Xingu.
   
   L’histoire : plusieurs femmes de la bonne société se rencontrent régulièrement pour tenir un salon littéraire. Prétendant aborder toutes choses sans réserve, ces femmes se font un devoir d’être à l’avant-garde des cercles littéraires, se flattant de représenter avec un certain talent tout ce que la culture a fait de mieux. Munies de leur dictionnaire, les voilà qui lisent ce qu’il convient de lire, se précipitant sur ce qu’il est de bon ton de lire, débitant les pires banalités ensuite jusqu’au moment où l’auteur en vogue perd son aura éphémère. Alors, nous n’en doutons pas, ces femmes sans opinion sauront condamner avec une condescendance toute naturelle les livres avalés et appréciés mécaniquement.
   
   Toutes plus pathétiques les unes que les autres, les héroïnes de Xingu sont trop influencées par leur entourage pour apprendre à choisir leurs propres lectures et à critiquer avec sincérité. La seule à suivre ses envies suscite le mépris du cercle restreint auquel elle appartient. Malgré son rôle central, elle sera pourtant vaincue par la force des préjugés de ces femmes vaines et prétentieuses, furieuses d’avoir été humiliées – mais refusant jusqu’au dernier instant de s’avouer battues.
   
   Xingu est donc une excellente nouvelle, drôle et ironique. Edith Wharton ne fait aucune concession à ces femmes new-yorkaises qu’elle critique. C’est aussi un livre qui nous rappelle qu’au-delà des auteurs «qu’il faut», il y a ceux qu’on «veut» avoir lus. Quoi qu’il en soit, qu’il faille la lire ou non, Wharton fait maintenant partie des auteurs que je souhaite mieux connaître.
    ↓

critique par Lou




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Pas mal...
Note :

   Dans la haute société de Hillbridge, quelques dames de bonne compagnie ont l'habitude de se réunir, pour parler de littérature, de sciences ou de tout autre sujet passionnant. Elles reçoivent chacune à leur tour, et l'entrée dans le club est très réglementé: il est inacceptable que n'importe qui puisse assister à ces réunions. Mais lorsque Osric Dane, écrivain réputé, est de passage dans leur ville, elles ne peuvent s'empêcher de l'inviter à y prendre part. Mais les rivalités internes et l'attitude hautaine de Osric Dane rendent rapidement cette réunion invivable. Et lorsqu'on commence à parler de Xingu, c'est la goutte d'eau...
    
   Edith Wharton, romancière américaine, née à New-York et habituée à la vie dans la haute société, dépeint dans ce très court ouvrage (une cinquantaine de pages) la vie guindée et précieuse de quelques femmes provinciales, et les relations tendues et hypocrites qui les unissent. La première partie du roman présente la préparation de la venue d'Osric Dane, et notamment les querelles pour savoir qui doit recevoir: celle qui a le plus grand salon? Sinon, sur quel critère choisir? En quelques lignes, chaque caractère est dessiné, de la meneuse du groupe à celle que tout le monde considère comme la naïve de première.
    
   Puis l'arrivée d'Osric Dane va faire taire les rancœurs, puisqu'elles vont concentrer leur fiel sur cet étrangère, qui est loin de tout ce qu'elles imaginent et qui les prend de haut. Ayant un avis sur tout, elle coupe court à toutes les discussions. Jusqu'à ce que l'une d'entre elles parle de Xingu: Dane est piégée, ne sachant pas de quoi il s'agit, et les autres jouent de son ignorance pour se moquer ouvertement. Alors, les femmes du club, auparavant très suspicieuses l'une envers l'autre, s'amusent au dépend de leur invitée, qui rapidement va prendre la poudre d'escampette.
    
   Tout le monde en prend pour son grade: le milieu fermé des femmes du club, qui ne jurent que par les apparences (les livres sur les étagères) ou Osric Dane, dont le comportement est très antipathique. Néanmoins, cette peinture du milieu snob et méprisant m'a laissé assez froid. La forme, très courte, ne m'a pas permis de plonger assez profondément dans ce milieu, et il ne m'en reste donc qu'un souvenir assez superficiel.
   
   Pas mal, drôle par moment, mais un peu court.

critique par Yohan




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