Lecture / Ecriture
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Trouble de Jeroen Olyslaegers

Jeroen Olyslaegers
  Trouble

Trouble - Jeroen Olyslaegers

Moche image d'une moche période
Note :

   Trouble du belge Jeroen Olyslaegers est-il le grand roman sur la Belgique sous coupe allemande des années quarante? Certains le pensent et l'ont écrit. Tel n'est pas mon avis. On saisit bien l'objectif de l'auteur: donner une moche image d'une moche période. l'occupation est un temps béni pour les différentes pourritures, rarement nobles. Ces confessions d'un salaud dans Anvers, ville de diamants donc forcément... "enjuivée" (attention, je cite), ne sont guère sympathiques. C'est vrai que ce n'est pas le sentiment attendu dans un ouvrage au ton acerbe et vaguement célinien.
   
    Un vieillard raconte ses années sous la botte nazie à son arrière-petit-fils. Il est policier et fréquente aussi bien le milieu que quelques résistants. Parfois on mélange un peu les deux. Le roman justifie ainsi son titre.
   
    Personne ne sort vainqueur de cette confrontation de basse-fosse et j'ai vraiment trouvé peu d'intérêt à cette histoire de rancœurs et de bassesses. Abusant de flash-back, et finalement assez confus à mon idée, Trouble est un livre monologue, le monologue d'un Will presque sénile, qui a mal vieilli mais qui de toute façon n 'avait déjà pas été un jeune homme très intéressant.
    ↓

critique par Eeguab




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Très dur
Note :

   (Titre néerlandais : Wil )
   
   Anvers, en 1940 : Wilfried Wils se rêve poète, (et écrit de mauvais vers dont il nous laisse parfois, profiter,) mais ne trouvant pas d'emploi, devient policier un peu par hasard, et l’occupation allemande rend encore plus pénible cette situation qu’il jugeait indigne de lui.
   
    Il a sympathisé avec Lode, un collègue dont la sœur le courtise. Lode et son père cachent un Juif mais moins par conviction morale que pour l’argent qu’il leur donne semble-t-il… quant à Wilfried il n’a pas de sens moral. Il aide Lode car c’est ce qui est le moins dangereux pour lui.
   
    Il fréquente aussi Barbiche Teigneuse son prof de français, nazi convaincu. Ce personnage est fort bien campé : il nous ferait rire s’il n’était tellement sinistre et (heureusement pour Wilfried pas très futé…)
   Wils et son prof citent Rimbaud à tout propos, et pour Barbiche Teigneuse il ne fait aucun doute que Rimbaud eût été son allié dans la détestation des Juifs et l’urgence de s’en débarrasser !
   
   Le double jeu de Wilfried, lui a permis de rester en vie et d’y garder Lode qui sera loin d’être reconnaissant. Très âgé à présent, ayant enterré tout le monde, il revit cette période, s’adressant à un arrière petit fils qu’il n’a jamais vu, non sans relater son existence actuelle.
   
   Le nonagénaire n’a pour toute compagnie qu’une infirmière d’ailleurs sympathique et intelligente, et le passé, cette guerre qui mina complètement Anvers, la détruisit, et où l’on déportait les Juifs (comme ailleurs).
   
   Le récit est très dur, sans concession pour les descriptions et cette survie "sans foi ni loi". long et pénible, en dépit du sujet bien traité, des personnages qui font mouche, de phrases bien tournées.
   
   Pourquoi ces restrictions ?
   
   Parce que le narrateur est bavard : il cherche à se justifier de son attitude qui lui a été souvent reprochée (parce qu’ouvertement ambiguë), s’apitoie pas mal sur lui-même. Son histoire d’"amour" avec Yvette, la sœur de Lode est relatée de façon assez cynique, comme tous ses rapports avec les gens. Elle est sensuelle et très sentimentale, il est hésitant, reste à distance, comme pour le reste.
   
   Je le classerai pourtant dans les "bons crus " de cette mi-année 2019...

critique par Jehanne




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