Lecture / Ecriture
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Day de Alison Louise Kennedy

Alison Louise Kennedy
  Volupté singulière
  Ados: Billy Blaireau Son enlèvement (presque réussi) mais finalement raté
  Day

Alison Louise Kennedy est une écrivain écossaise née en 1965 à Dundee.

Day - Alison Louise Kennedy

Victimes de guerre
Note :

   Quatrième de couverture
   "Alfred Day a quinze ans lorsque la guerre éclate en 1939. Pour fuir un père alcoolique, il s'engage dans la Royal Air Force. La guerre sera son terrain d'apprentissage : il y découvre l'amitié auprès de ses compagnons d'armes, les romans d'Arthur Conan Doyle, et l'amour, dans les bras de Joyce. Mais la violence le rattrape. Au cours d'une mission de bombardement, son appareil est abattu. Seul survivant de l'équipage, il est capturé par l'ennemi.
   Quelques années plus tard, même s'il a recouvré la liberté, Day est prisonnier de ses souvenirs. En 1949, il décide de solder son passé en acceptant de faire de la figuration dans un film sur la Seconde Guerre mondiale. Au milieu d'acteurs en costume et de décors en carton-pâte, il retrouve la douleur du deuil et la peur perpétuelle.
   Dans ce livre baroque, aux accents dostoïevskiens, A.L. Kennedy plonge un homme ordinaire dans des situations qui le dépassent et révèlent sa complexité. Styliste virtuose, elle signe avec Day son œuvre la plus aboutie."

   
   Mon avis
   Le voilà enfin mon billet sur Day ! J'ai mis deux semaines à lire un livre de 330 pages : je n'en reviens toujours pas. Je suis assez mitigée sur cette lecture. Ce livre, c'est un coup de poing dans la figure (c'est ça la littérature, non ?). Il vous rappelle que la guerre ça ne s'arrête pas à l'armistice. Il reste après non seulement des séquelles économiques, démographiques... pour les pays mais surtout des séquelles psychologiques pour ceux qui l'ont endurée. Je trouve l'idée qu'Alfred Day, qui a été mitrailleur dans l'aviation puis prisonnier dans un camp pendant la guerre, retourne après la guerre dans un faux camp à l'étranger (pour ceux qui l'ont lu, j'ai cru comprendre que c'était en Allemagne mais est-ce vrai ?) pour essayer de vaincre ces démons. Cela donne l'impression qu'il tourne dans une boucle et qu'il n'arrive pas à en sortir. L'écriture de Kennedy permet de décrire tous les sentiments d'Alfred avec une justesse incroyable.
   
   Le problème est justement là, c'est l'écriture de Kennedy. Pendant les 70 premières pages, je me suis dit "abandonne ? abandonne pas ? abandonne ? abandonne pas ?". Il fallait que je me concentre pour comprendre à quelle période de la vie d'Alfred on était. Après, je me suis habituée : j'ai alors trouvé ce roman angoissant, voire étouffant : on ressent vraiment les émotions d'Alfred Day. A la fin, je m'étais trop habituée et j'étais comme détachée du livre et alors j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de longueurs (entre autre, la fin avec l'histoire entre Alfred et Joyce) et que c'était finalement un peu lourd.
   
   Je vais accorder une deuxième chance à A.L. Kennedy parce que dans ce livre il y a quand même de bonnes choses mais je n'ai pas dû rentrer par la bonne porte dans son univers.
   
   Extraits
   "Alors, sans hâte, elle éteint la lampe et enlève le camouflage et ils se tiennent côte à côte et, par la fenêtre, Alfred observe les gifles et les traînées de lumières – lumières de la guerre – qui fouillent, frémissent et saignent. La nuit se fend et la plaie se referme, puis elle se fend de nouveau, et il la sent trembler, sa propre peau, déroutée, prise dans la trépidation générale, et il voit le petit jardin, en bas, apparemment intact, mais tout de métal sombre, élaboré de manière précise, mystérieux." (p. 119)
   "Il fut un peu surpris de voir l'homme aux mains bandées allongé dans le sable avec le nez qui pissait un sang tout à fait convaincant, puis il perçut une douleur dans les articulations de sa main droite et comprit qu'il avait boxé le type, l'avait frappé très fort, s'était enroulé cette idée à partir de la taille, puis l'avait expulsée avec ce qui était peut-être de la colère, peut-être de la joie – pour l'instant, en tout cas, il se sentait totalement immobile et merveilleusement détendu." (p. 159)

critique par Céba




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