Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

La mort selon Turner de Tim Willocks

Tim Willocks
  Green River
  La Religion
  Les douze enfants de Paris
  La mort selon Turner

Tim Willocks est né en 1957. Grand maître d’arts martiaux, il est aussi chirurgien, psychiatre, producteur et écrivain. Scénariste, il a travaillé avec Steven Spielberg et Michael Mann. Souvent comparé à James Ellroy ou Norman Mailer, il est l’auteur de six romans dont plusieurs sont traduits en français. Il vit en Irlande.
(source l'éditeur)

La mort selon Turner - Tim Willocks

Rythmé, sanglant, totalement addictif
Note :

   "Que justice soit faite même si les cieux dégringolent".
   

   Qui veut du polar? Du bien musclé, avec du sang (beaucoup) de la sueur (des litres), des larmes? (quelques-unes) un héros assoiffé de justice (tout beau tout chaud, il s'appelle Turner) Des méchants bien tordus, et une méchante affreusement méchante? Si vous en voulez, précipitez-vous sur La mort selon Turner, vous allez être servis ! C'est du lourd...
   
   Je dis ça sur le ton de la blague mais en réalité, le sujet de ce roman ne prête pas le moins du monde à la rigolade...
   
    L'action se passe en Afrique du Sud. Au cours d'une soirée très arrosée avec ses amis et son beau-père, Dirk, un jeune et riche afrikaner promis au barreau, écrase accidentellement une jeune fille noire, sans domicile. Elle agonise tandis que les quatre hommes prennent la fuite sans prévenir les secours. Margot Le Roux, la mère de Dirk, est une femme riche et puissante. Elle fera tout pour couvrir son fils, absolument tout. Elle paiera, elle tuera ou fera tuer... Que vaut la vie d'une pauvre fille à côté de la carrière de Dirk qui s'annonce brillante ? Mais dans ce pays où la corruption règne en maître, il reste au moins un flic intègre et il s'appelle Turner. Et il est bien décidé à rendre justice à la jeune fille, quitte à affronter Margot, Hennie son mari (une vraie pourriture, le personnage le plus détestable de la création, il fallait l'inventer, le voici c'est Hennie) et le monde entier...
   
   La mort selon Turner est excellent, rythmé, sanglant, totalement addictif. Si vous avez le cœur bien accroché, vous allez adorer la lutte entre l'immense Turner, ce flic noir que rien n'arrête, au self contrôle digne d'un moine bouddhiste, et Margot Le Roux, cette mère implacable et manipulatrice. Un duel au sommet.
   
   Ce n'est pas tout : La mort selon Turner pourrait n'être qu'un polar bien testostéroné dont on tourne les pages fébrilement et ça serait déjà pas mal, mais Tim Willocks soigne ses personnages, en fait des créatures complexes et tourmentées : par amour, par besoin de justice, ils sont capables du pire (vous n'imaginez pas à quel point... ) mais leurs raisons d'agir, bonnes ou mauvaises, ne sont jamais sans fondements (même l'affreux Hennie a une raison, qui explique, sans le justifier, qu'il soit aussi pourri...). Les sentiments qu'ils se portent sont ambigus: une forme d'admiration face à la résistance de l'autre (Margot comme Turner sont des rocs, rien ne semble pouvoir les faire plier, en ça, ils se ressemblent) se mêle à la haine farouche et l'obsession d'anéantir celui qui se met en travers de votre route... je sais, c’est très fun. Au moins vous êtes prévenus.
   
    En résumé, La mort selon Turner, c'est un peu de Quentin Tarentino, avec des personnages qui ont de la trempe - doux euphémisme...- au pays des sud-africains... On attend le film, impossible qu'un réalisateur ne se penche pas là-dessus !!
   
   "Si l’espèce humaine tout entière avait été d’une seule couleur, il y aurait toujours eu les innombrables et microscopiques différences de religion, politique, langage, classe et parenté pour justifier la répugnance mutuelle. Le mal et la stupidité de l’apartheid s’étaient clairement révélés, même aux intelligences les plus moyennes".

critique par Une Comète




* * *