Lecture / Ecriture
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La chambre des morts de Franck Thilliez

Franck Thilliez
  La chambre des morts
  La mémoire fantôme
  La forêt des ombres
  L'anneau de Moebius
  Fractures
  Le syndrome E
  Vertige
  Gataca

Franck Thilliez est un auteur français de romans policiers et thrillers, né en 1973.

La chambre des morts - Franck Thilliez

Derrière le thriller, le Nord
Note :

   Deux amis sont en train de tagger la boite qui les a licenciés, puis pour se défouler se font un petit sprint en voiture, tous feux éteints, dans la nuit noire, au milieu d’un champ d’éoliennes. Manque de bol, ils percutent et tuent un homme. Alors qu’ils tentent de lui porter secours, ils tombent sur un sac rempli d’argent. Fermeture immédiate des accès à la conscience, ils emportent le tout, corps et magot. Malheureusement, il s’agissait de l’argent d’une caution pour enlèvement, et le ravisseur a tout vu. Reste à savoir qui de la police ou de La Bête les retrouvera en premier…
   
   Une bonne moitié du roman se lit en apnée, puis l’intérêt s’évanouit devant les surenchères qui alourdissent regrettablement l’intrigue. La fin est guignolesque, vraiment dommage.
   Par contre, c’est un régal de parcourir le Nord-Pas-de-Calais sous la plume de Franck Thilliez. Il a mis des mots très justes sur ce que je pense personnellement de ma région natale, et j’aimerais infiniment le lire dans un autre registre que le thriller.
   
   Exemple :
   « Vigo Nowak habitait à moins d’un kilomètre de chez ses parents, à la périphérie de Lens, dans une maisons des Mines identique en tout point aux milliers de clones perchés sur les interminables rues parallèles. La plupart des habitants de ces anciens corons se chauffaient encore de la soupe le soir. Dans moins de dix ans, les dernières gueules noires, lampistes ou porions, s’éteindraient dans l’anonymat, les yeux rivés vers cet horizon de sueur et ces vitres teintées de houille qui résumaient si bien l’histoire de leur vie.
   L’ambiance des alentours, voies désertes, terrils endormis et treuils hors d’usage, suggérait celle d’un mouroir, mais le loyer dérisoire et le coin d’un calme aquatique attiraient les plus récalcitrants. En définitive, on se sentait ici dans un lieu hors du temps, épargné par les affres de la grande civilisation.»

   C’est, pour moi, exactement ça.
   
   Prix des lecteurs Quai du polar 2006

critique par Cuné




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