Lecture / Ecriture
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84 Charing Cross Road de Helene Hanff

Helene Hanff
  84 Charing Cross Road
  La duchesse de Bloomsbury Street

84 Charing Cross Road - Helene Hanff

La bibliophile et le libraire
Note :

    En 1949, Helene Hanff, dramaturge New-Yorkaise sans le sou, contrainte de corriger des scripts pour vivre, grande amatrice de vieilles et érudites éditions, qui ne lit jamais de romans (à l'exception notable de Jane Austen...), écrit à une librairie de livres d'occasion londonienne, Marks & Co., sise au 84, Charing Cross Road afin qu'ils lui envoient des ouvrages qu'elle ne trouve pas aux Etats-Unis. C'est le début d'une correspondance qui va durer plus de vingt ans...
   
   Lors de mon périple toulousain, j'ai demandé à Yueyin et Flo, comme ça, au débotté, de me donner le titre d'un roman qu'elles avaient adoré : le choix de Yueyin s'est immédiatement porté sur cette correspondance, qui n'est pas un roman. Il s'agit de la correspondance réelle entre Helene Hanff et Frank Doel, l'employé de la librairie en charge de son dossier, et de quelques autres, car au fil des ans se noue entre l'Américaine et les Anglais une véritable et profonde amitié. Hélène envoie aux londoniens encore rationnés de la viande et des oeufs, denrées alors pratiquement introuvables et Frank se démène pour remplir les exigences d'Hélène en matière d'éditions rares.
   
   Hélène Hanff se révèle être une épistolière dotée d'un humour incroyable : elle a une plume acérée et spontanée, qui rend certains passages complètement désopilants, qu'elle parle d'auteurs ("de toutes façons, je n'aime pas Blake, il a trop de vapeurs"), d'éditions ("Vous appelez ça un journal de Pepys ? Ce n'est pas le journal de Pepys mais un minable recueil de morceaux choisis du journal de Pepys, édité par je ne sais quelle mouche du coche, que la peste l'étouffe! ça me donne envie de vomir."), d'Histoire ("Mon premier script traitera de l'histoire de New-York pendant sept années d'occupation britannique. A ce propos, je m'EMERVEILLE d'être capable de m'élever au-dessus de tout cela pour vous parler amicalement et sans rancune parce que votre comportement en Amérique, entre 1776 et 1783, a été tout simplement REPUGNANT.") ou de vie quotidienne ("Vous ai-je raconté qu'au printemps dernier [mon dentiste] m'a dit qu'il me fallait faire couronner toutes mes dents ou sinon les arracher toutes ? J'ai décidé de les faire couronner parce que j'ai pris l'habitude d'avoir des dents.")
   
   Se dessine ainsi en creux le portrait d'une femme énergique, qui se débat un peu professionnellement (elle ne connaîtra jamais la gloire littéraire, travaillant comme scénariste pour la télévision puis finissant par écrire des manuels d'histoire pour les enfants), quasi-autodidacte (issue d'une famille d'immigrés très pauvre, elle n'a pas pu faire d'études), possédant un esprit très vif et une insatiable curiosité intellectuelle. Elle rêve de se rendre à Londres, pour enfin mettre un visage sur ces plumes qui lui écrivent à tour de rôle, mais, fatalité ou peur, elle ne pourra s'y rendre qu'en 1971, une fois sa correspondance avec la librairie Marks & Co. publiée telle quelle et devenu un véritable succès d'édition. Hélas, la librairie est fermée, et Frank Doel, le flegmatique anglais, un peu collet monté qui se dégèle au fil de la correspondance, est décédé.
   
   Cette correspondance est adaptée à la télévision en 1975, puis au théâtre en 1981, mais ironie du sort, pas par Hélène Hanff elle-même, puis au cinéma en 1987 par David Jones qui y dirige Anthony Hopkins et Anne Bancroft (je n'ai pas vu le film, peut-être que certains parmi vous, pourront nous dire si l'adaptation est intéressante...). Hélène Hanff meurt en 1996, pratiquement comme elle a vécu toute sa vie : sans le sou...
   
   Vous aurez compris chers happy few, que je vous recommande très chaudement cet ouvrage, qui met en scène une Lectrice Compulsive Anonyme d'une genre un peu particulier, drôle et à l'enthousiasme très communicatif (je n'ai qu'une envie, lire le journal de Samuel Peppys!)!
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critique par Fashion




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From NY to London
Note :

   Rien ne va plus ici. Et il s’agit là d’une terrible nouvelle qui m’a anéantie, je viens de découvrir que la librairie du 84, Charing Cross Road n’existait plus depuis plusieurs décennies. Moi qui attendais avec impatience le moment où je me délecterais de la correspondance d’Helene Hanff et de ses amis libraires à Londres, qui gardais enfoui en moi l’espoir de découvrir à mon tour le célèbre endroit… vous imaginez le drame qui est venu endeuiller ma vie de lectrice !
   
   Puisque nous parlons du 84, Charing Cross Road, j’en profite pour alléger un peu le poids des critiques en retard.
   
   Evidemment, cette fameuse correspondance est un peu au lecteur compulsif ce que la Bible est au chrétien ou le Nutella à sa tartine (admirez les rapprochements et raccourcis tortueux) : Une sorte de guide – spirituel ou pas, un hommage à toutes ses faiblesses et un rappel émouvant de toutes ses lectures et des heures passées à traquer la perle rare dans une librairie, ce qui pour le lecteur est bien sûr ce qu’on pourrait voir comme la version la plus approchante du concept de «paradis».
   
   Autant le dire tout de suite, j’aurais plus apprécié ce savoureux échange en anglais, bien que les anecdotes amusantes soient assez bien transcrites en français. Dans ce livre un peu trop court à mon goût, on découvre la correspondance entre Helene, jeune new-yorkaise à la recherche de livres classiques et Frank Doel, libraire à Londres. Rapidement, la jeune Américaine abandonne le ton conventionnel de la cliente pour adopter un ton drôle, osé et extravagant qui fait tout le bonheur du lecteur. Au bout de quelques mois, Helene commence à envoyer des colis aux libraires, alors que les Anglais sont encore soumis au rationnement suite à la guerre. Une étrange relation naît alors entre la jeune femme et plusieurs personnes entretenant un rapport plus ou moins direct avec la librairie. Autant vous le dire, cela finit plutôt mal… mais je vous laisserai découvrir la fin par vous-mêmes.
   
   Outre la lecture plaisante et rapide qui m’a beaucoup apporté ces derniers jours, j’ai profité de la vaste culture d’Helene Hanff et de quelques commentaires des éditeurs pour noter au passage plusieurs œuvres intéressantes : «les Contes de Canterbury» de Geoffrey Chaucer (1340-1400), soit «une véritable fresque de la société anglaise de l’époque» , «le Lecteur Commun» de Virginia Woolf (honte à moi, je n’ai jamais parlé de cet écrivain sur mon blog) ; Izaak Walton, royaliste connu pour avoir offert un témoignage intéressant sur l’époque de Cromwell ; enfin, le film de 1987 «84, Charing Cross Road» avec Anthony Hopkins.
   
   Et quelques extraits pour le plaisir :
   « C’est la plus ravissante des vieilles boutiques, sortie tout droit de Dickens, tu en serais folle.
   Il y a des éventaires à l’extérieur, je me suis arrêtée et j’ai feuilleté quelques trucs juste pour avoir l’air d’un amateur de livres avant d’entrer. A l’intérieur, il fait sombre, on sent la boutique avant de la voir et c’est une bonne odeur mais pas facile à décrire, un mélange de renfermé, de poussière et de vieux, de boiseries et de parquet. Vers le fond de la boutique, à gauche, il y a un bureau avec une lampe (…).»
   
    « Vous ai-je déjà dit que j’écrivais des histoires policières pour la série Ellery Queen à la télévision ? Tous mes scripts ont pour toile de fond des milieux artistiques (ballet, concert, opéra) et tous les personnages – suspects ou cadavres – sont des gens cultivés ; en votre honneur, je vais peut-être en situer un dans le milieu du commerce des livres rares. Vous préférez être l’assassin ou le cadavre ?»

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critique par Lou




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Où l’amour des livres crée une belle amitié
Note :

   "84, Charing Cross Road" est un peu l’histoire que tout lecteur aimerait avoir avec son libraire.
   Il s’agit donc de la correspondance d’Helene Hanff avec un libraire anglais Franck Doel qui la fournit en livres introuvables à bas prix. Au fil de leur échange une belle amitié va se nouer entre eux surtout avec les envois de vivres faits par Helene lors de la seconde guerre mondiale où l’Angleterre manque de tout.
   
   On aurait pu penser que ce petit livre serait dénué d’intérêt mais en fait c’est tout le contraire. C’est un petit livre magique, on se laisse entraîner dans ces correspondances et on trouve même que les pages du livre se tournent trop vite. On découvre tout au long de ces correspondances une quête de livres littéraires classiques anglais. L’amitié qui va aussi se nouer entre le libraire et la lectrice est très touchante.
   
    L’histoire également racontée en quelques phrases sur l’histoire d’Helene Hanff ne fait que renforcer la force de ce livre. Je pense que ce livre entre dans la catégorie des livres qui marquent à vie. En tout cas c’est une très belle histoire et le fait qu’elle soit vraie ne fait que renforcer la beauté de leur relation. Je pense qu’on a tous un jour rêvé d’avoir ce genre de relation avec un libraire. Merci à toutes celles qui grâce à leurs commentaires de lecture m’ont poussée à lire ce livre. Un véritable petit bijou.
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critique par Deliregirl




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Un amour de correspondance
Note :

   J'adore les correspondances, c'est un fait. Elles sont si simples et rapides à lire qu'en général, un livre de la sorte ne tient pas plus d'une journée entre mes mains. C'est ce qui c'est passé avec ce magnifique et court "roman".
   
   La première lettre est écrite par Helene Hanff, dévoreuse de livres, new-yorkaise, drôle, ironique et pas très riche. Elle écrit à la librairie Marks & Co. afin de pouvoir compléter sa collection d'ouvrages plus ou moins anciens. Quelque temps après, la librairie lui répond, et ce n'est que le début d'une longue correspondance qui dura plus de 20 ans! Car, au cours du récit, une certaine familiarité se développe, et Hélène échange plus d'une soixante dizaine de lettres avec les employés de la librairie, et même parfois, leurs amis et leur famille.
   
   Une véritable histoire d'amitié, mêlant deux histoires complètement différentes, de chaque côté de l'océan Atlantique, avec plein d'humour. Même si certaines lettres sont parfois manquantes - en tout cas, c'est mon impression- on arrive très bien à suivre l'histoire. Aussi, c'est pour moi un enrichissement intellectuel, au point de vue littéraire et historique (les notes de l'auteur sont très intéressantes, concernant les livres achetés par l'héroïne). En bref, j'ai a-do-ré ! Conseillé à tous ceux qui s'ennuient par de longues soirées d’hiver.
   
   Bonne Lecture.
   
   PS : Il paraît que l'histoire a été adaptée sous de nombreux aspects (livre, théâtre, cinéma) et que, des deux côtés de l'Atlantique, on adore cet ouvrage, depuis les années 1970.

critique par Marouflette




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