Lecture / Ecriture
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Ariel de Lawrence Block

Lawrence Block
  Huit millions de façons de mourir
  Le cambrioleur en maraude
  Ariel
  Entre deux verres
  Le pouce de l'assassin
  Tuons et créons, c'est l'heure
  L'amour du métier
  Le coup du hasard
  Huit millions de morts en sursis

Lawrence Block est un écrivain américain de romans policiers né en 1938.
Ses deux séries principales mettent en scène les personnages récurrents de Matt Scudder (détective privé) ou Bernie Rhodenbarr (libraire mais aussi cambrioleur).

Ariel - Lawrence Block

Pas vraiment un polar...
Note :

   Récemment arrivée dans une maison vieille de plus d’un siècle, Roberta assiste trois nuits de suite à l’apparition d’une femme qui semble flotter dans un coin de sa chambre. Le lendemain de la dernière visite de ce qui semble bien être un fantôme, Roberta retrouve son bébé Caleb mort dans son berceau. S’ensuit une période de deuil insurmontable pour cette femme qui n’avait d’affection que pour cet enfant. Petit à petit, elle en vient à soupçonner Ariel, sa fille adoptive de douze ans. L’adolescente, solitaire, étrange, passe son temps libre dans sa chambre emmurée dans le silence le plus complet, lorsqu’elle ne joue pas à la flûte des airs dérangeants. Roberta ne trouve aucun réconfort auprès de son mari, somme toute plutôt heureux de ne plus avoir Caleb dans leur vie, Caleb l’intrus, le fils d’un autre. Petit à petit, Roberta en vient donc à renouer sa relation adultère avec Jeffrey Channing, avocat marié déjà père de deux filles. Le mari, David, continue à s’isoler, s’enfonçant petit à petit dans l’alcoolisme.
   
   Se lisant d’un trait, Ariel de Lauwrence Block est à la fois un thriller et un roman fantastique, dans le registre classique du roman d’épouvante et de la maison hantée. Les veilleuses de la gazinière s’éteignent sans raison apparente, l’eau du marais sort soudain du robinet, les planchers craquent, la chambre du bébé est saccagée, un portrait effrayant gît dans le grenier. Mais il est difficile de faire la part de l’imaginaire et du réel : Ariel, retrouvée en transe la nuit, pourrait-elle être à l’origine de tout cela ? Ou bien David, le mari bafoué ? Ou encore Roberta, femme antipathique anesthésiée au Valium et qui pourrait bien être schizophrène ? Et comment expliquer tous ces accidents autour d’Ariel ? Les suicides et meurtres à répétition ?
   
   Le roman laisse au final le flou planer. Rappelant à certains égards Carrie de Stephen King (1974), il met en scène une jeune fille plutôt sympathique dont les actes semblent avoir involontairement des conséquences dramatiques pour ceux qu’elle n’apprécie pas. Si Ariel est présentée comme un personnage inquiétant, c’est Roberta qui est de loin la plus désagréable. La multiplicité des points de vue rend notre jugement finalement difficile et les théories restent assez nombreuses une fois le livre refermé.
   
   Ariel est un roman peut-être assez classique, mais le rythme est dense, l’histoire passionnante et par moments franchement angoissante. Bref, un roman qui se lit d’un trait, à déconseiller lors des veillées solitaires dans une vieille maison aux craquements fréquents. Loin d’être réservé aux amateurs d’épouvante (cela faisait bien longtemps que je n’avais pas lu ce type de roman).
   
   A recommander !

critique par Lou




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