Lecture / Ecriture
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Les combustibles de Amélie Nothomb

Amélie Nothomb
  Les combustibles
  Cosmétique de l'ennemi
  Les Catilinaires
  Robert des noms propres
  Antechrista
  Stupeur et tremblements
  Journal d’Hirondelle
  Acide Sulfurique
  Mercure
  Le sabotage amoureux
  Métaphysique des tubes
  Ni d’Eve ni d’Adam
  Le fait du Prince
  Une forme de vie
  Tuer le père
  Hygiène de l'assassin
  Le mystère par excellence
  Barbe bleue
  Attentat
  La nostalgie heureuse
  Pétronille
  Le voyage d’hiver
  Biographie de la faim
  Le crime du comte Neville
  Frappe-toi le cœur

Amélie Nothomb est le nom de plume de Fabienne-Claire Nothomb, écrivaine belge francophone née en 1966 à Bruxelles. Fille d'ambassadeur, elle a passé son enfance en Asie et aux Etats Unis.
Auteur prolifique, elle a écrit de nombreux romans (traditionnellement un par an).

* Interview dans la rubrique "Rencontres"

Les combustibles - Amélie Nothomb

Tout brûle, ...
Note :

   Courte pièce de théâtre, écrite en 1994, et les évènements des villes de l'ex-Yougoslavie qui subissaient un siège ne doivent pas être étrangers à l'inspiration d'A. Nothomb.
   
   L'hiver. Il fait froid. La ville est assiégée. Il est dangereux de sortir, les snipers tuent tout ce qui bouge. Il y a peu à manger, et surtout, pas de quoi se chauffer. On l'a dit, c'est l'hiver. Le professeur de littérature qui héberge son assistant et son amie de coeur a déja brûlé tous ses meubles. Il ne lui reste plus que sa bibliothèque et ses 2000 livres. On ne se préoccupe pas là de quels livres on emmènerait sur une île déserte, mais de quels livres on brûlera en dernier. Voilà l'argumentaire.
   
   La pièce a beau être courte, ça parait juste sur la fin et on s'ennuie un peu d'une fin prévisible.
   Pas le Nothomb qui me laissera le plus de souvenirs.
    ↓

critique par Tistou




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Fable allégorique
Note :

   Pièce en 3 actes et 3 personnages
   
   Très vivante, sans temps morts du tout, qui parvient à aborder de front (mais superficiellement il est vrai) de grands problèmes existentiels.
   
   La ville est assiégée par des "Barbares" Le terme dit bien que cet ennemi peut-être tout ennemi extérieur représentant la sauvagerie et la mort, que le combat soit une guerre ou une lutte personnelle. Ici, il semble presque rejoindre les grands conflits apocalyptiques de la Science Fiction. Les Barbares donc, assiègent la ville, l'écrasent sous leurs bombes et sont en même temps assez proches pour pouvoir abattre au fusil tous ceux qui se hasardent hors des abris. Le siège dure depuis assez longtemps pour que les habitants souffrent de la faim, mais plus encore, faute de chauffage, du froid. (On songe au terrible siège de Saint-Pétersbourg). Les scènes se passent chez un professeur, homme déjà mûr, qui abrite sous son toit un de ses étudiants et son amie. Le professeur y a renoncé, mais quelques étudiants vont encore à l'Université proche, plus d'ailleurs pour y trouver un peu de chaleur que pour étudier.
   
   Le professeur a brûlé peu à peu tous ses meubles pour un peu de chaleur, restent ses livres.... (il semble aller de soi qu'il ait sacrifié les meubles avant les livres). La jeune femme, plus exposée au froid, demande leur holocauste et n'a pas beaucoup de mal à l'obtenir. On discute plutôt de l'ordre dans lequel ils seront sacrifiés, comme si certains allaient pouvoir être sauvés... Cela reste assez abstrait car il n'est pas dit que ce sont des pièces uniques et si ce ne sont que des produits des imprimeries, en détruire des exemplaires est sans conséquence... mais on fait un peu comme si c'était l’œuvre elle-même que l'on détruisait.
   
   La littérature est-elle plus forte que le froid? L'est-elle quand on la lit ou quand on la brûle?
   
   Un détour de l'intrigue montre que le professeur a passé sa vie à défendre des textes "de qualité" qui ne sont pas en réalité ceux qui lui ont apporté le plus de plaisir, de réconfort et auxquels en conséquence et contraint à dire vrai, il tient le plus. Qu'est-ce que la grande littérature si ce n'est celle qui nous est le plus utile?
   De la même façon, plusieurs problématiques liées à la littérature sont soulevées. Les qualités littéraires et humaines de quelques grands auteurs sont comparées... mais ces auteurs sont imaginaires, comment croire alors à leur réelle grandeur? On aurait pu se prendre à la discussion des mérites comparés de Goethe, Hugo, Proust et Dumas, mais de faux littérateurs? Impossible, on retourne donc tout de suite à la discussion elle-même et non à son objet. Et c'est bien ce que A. Nothomb voulait faire.
   
   En conclusion, j'ai passé un bon moment avec cette pièce et ces trois personnages. C'est vif et plutôt intelligent.
   
   
   Relevé :
   
   "Vous réagissez comme les pauvres, vous placez votre honneur de manière à en être victime."

critique par Sibylline




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