Lecture / Ecriture
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Moonfleet de John Meade Falkner

John Meade Falkner
  Moonfleet
  Le stradivarius perdu

Moonfleet - John Meade Falkner

Souffle de l'aventure
Note :

   # Résumé de l’éditeur#
   
   "Les lecteurs de langue française (malgré Fritz Lang qui en tira l'un de ses plus beaux films) ont ignoré pendant près d'un siècle ce roman insolite, publié en 1898 et salué d'enthousiasme par Thomas Hardy. Ce récit de brume et de mystère - dont on livre ici la première traduction intégrale - est aujourd'hui considéré, aux côtés de L'Ile au Trésor, comme le classique par excellence du roman d'aventures d'expression anglaise.
   
   Sur la côte sauvage du Dorset, le jeune John Trenchard partage l'existence dangereuse des contrebandiers du petit village de Moonfleet, risquant le gibet pour débarquer les barils d'eau-de-vie qu'ils rapportent du continent. Mais la quête du fabuleux diamant de Barbe Noire, dont le fantôme hanterait le cimetière de Moonfleet, l'entraîne dans une aventure encore plus périlleuse, qui le conduira loin de l'Angleterre, le livrant à la trahison des hommes et aux fureurs de la mer déchaînée...
"
   
   # Mon Avis #
   
   Waouh! Quel roman!
   
   Dans ce splendide récit, injustement méconnu, on retrouve l'ambiance mystérieuse de L'Ile au trésor. Or Moonfleet n'est pas seulement un pâle succédané du roman de Stevenson.
   
   En effet, tous les ingrédients sont là pour faire de ce livre un grand roman d'aventures. Les personnages sont très attachants, le suspense au rendez-vous, l'amitié répond présente et l'amour attend au port.
   
   Pour ne rien gâcher, ce roman est très bien écrit et truffé de descriptions savoureuses. Je me suis vraiment crue sur les côtes anglaises, en compagnie de John et Elzevir: on sent presque l'odeur de la mer, le goût de la peur, la caresse du vent... Un vrai régal!
   
   Alors, prêts à embarquer?
   ↓

critique par Morwenna




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Un petit Victorien pour bien commencer l'année...
Note :

   Première édition 1898
   
   
    Le "Moonfleet" de J. M. Falkner, roman d'aventures qui m'a réconciliée avec les histoires de garçons, pour les garçons. Parce que quand on y regarde de près, parmi mes lectures d'enfance, on compte pas mal de classiques et de lectures fusionnelles... dans un monde peuplé d'héroïnes: Joe March, Alice la détective, l'héroïne de Papa Longues Jambes, Laura Ingalls, Mathilda... et bien d'autres. Et, à part les héros de Mark Twain, sur papier ou au petit écran (haut comme trois pommes...), je n'ai jamais été particulièrement friande d'histoires à la Stevenson. L'avantage? Du haut de mes 27 ans et deux jours, j'ai devant moi une perspective alléchante, peuplée de pépites littéraires toutes plus prometteuses les unes que les autres (malgré le mal de mer occasionné par les transports en bateau, les attaques à la sarbacane et la présence inquiétante de tigres prêts à bondir sur moi depuis les étagères autrefois sûres de ma bibliothèque).
   
   Dans un petit village du Dorset, John Trenchard vit avec une tante austère qui l'a accepté chez lui en raison de son sens du devoir développé, non par affection. Dans cet endroit situé sur la côte, la mer fait souvent des victimes dans les rangs des pêcheurs et, les nuits où le vent souffle fort, les naufrages ne sont pas si rares. Parmi les villageois se trouvent un certain nombre de contrebandiers que le juge Maskew a promis de démasquer pour les conduire à la potence. Amoureux de la fille du juge, John est aussi un garçon aventureux qui, après avoir fait preuve de trop de curiosité, se retrouve mêlé aux trafics et pourchassé à son tour par la justice.
   
   Beaucoup d'aspects méritent le détour dans cette histoire. Tout d'abord, je craignais une histoire de pirates et des pages et des pages passées à fond de cale, ce qui ne me réjouissait pas plus que ça. En réalité, John passe très peu de temps sur l'eau. Ce roman mêle l'aventure aux influences gothiques, le tout saupoudré de sentiments et d'exploits virils (l'amitié, l'amour filial, l'honneur, le courage, le sens du sacrifice). Outre l'action rythmée (peut-être moins vers la fin) et les personnages prompts à susciter l'empathie du lecteur, ce roman met en lumière les conditions de vie sur la côte du Dorset au XIXe, sans faire dans le sentimentalisme. Et pour l'aventure, ce livre avait tout pour me plaire, avec une crypte d'où proviennent des grincements inquiétants, une famille de nobles défunts autour de laquelle flotte un parfum de mystère, sans oublier un passage secret sous une tombe et des galeries hantées dans une ancienne carrière.
   
   Un roman entraînant et dépaysant à lire impérativement avant de se risquer dans les coins abandonnés qui faisaient notre bonheur lorsque nous étions petits (et qui me fascinent toujours autant, que croyez-vous?).
   ↓

critique par Lou




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De la grande littérature populaire !
Note :

   Ecrit en 1898, «Moonfleet» est un chef-d’œuvre de la littérature d’aventures que je place au même rang que «l’île au Trésor». Il est disponible aux éditions Phébus, format Libretto.
   
   Tout le monde se souvient j'espère du somptueux film de Fritz Lang (bien que différent du roman, et puis il y avait Stewart Granger que j'adorais) qui a contribué au regain d’intérêt du public (et des maisons d'édition) pour le livre.
   
   Récit initiatique, histoire d’amour et d’amitié qui débute et se termine à Moonfleet, sombre village cerné par la brume où repose la tombe de Barbe-Noire. C’est d’ailleurs à cause du légendaire pirate et de son trésor maudit que le jeune John Trenchard, qui a 15 ans au commencement de cette aventure, et l’homme qu’il considère comme son père adoptif, le contrebandier Elzevir Block, vont se transformer en chasseurs de trésor. L’espoir d’une vie meilleure, la haine que leur voue Maskew, le seul notable du village et père de la délicieuse Grace, et la soif de l’aventure vont pousser ces deux compagnons sur les traces du trésor de Barbe-Noire. Mais que d’angoisses, de trahisons et de malchance sur leur chemin. De la crypte des Mohune, en passant par les galeries souterraines de Purbeck et le château de Carisbrooke, nos infortunés héros auront passé plus de temps sous terre qu’à l’air libre. Et ils vont payer bien cher leur désir d’avoir voulu changer de vie.
   
   J’ai beaucoup aimé l’histoire d’amitié, si touchante, entre John et Elzevir, où les sentiments et doutes sont si bien exprimés. Le style parfait de Falkner qui sait rendre une atmosphère, avare de mots et allant juste à l’essentiel est une belle leçon d’écriture. C'est beau et poignant, et c'est de la grande littérature populaire!
   
   Une fois la dernière page tournée, on croit entendre le hurlement du vent sur la grève et les plaintes des âmes des naufragés qui errent dans la tempête. Un sentiment de regret et de tristesse pour ces deux vies gâchées, et la certitude d’avoir lu un chef d’œuvre de la littérature anglaise.

critique par Folfaerie




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