Lecture / Ecriture
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Le trou dans le mur de Michel Tremblay

Michel Tremblay
  Le cahier rouge
  C'ta ton tour Laura Cadieux
  Les belles sœurs
  Bonbons assortis
  Un ange cornu avec des ailes de tôle
  Quarante-quatre minutes Quarante-quatre secondes
  Chroniques du plateau Mont-Royal
  Le trou dans le mur
  La Traversée du continent
  La traversée de la ville
  La Traversée des sentiments
  Au hasard la chance

Michel Tremblay est un écrivain québécois, né en 1942.
Il écrit des romans et du théâtre.
Il a profondément marqué le monde littéraire canadien en utilisant le dialecte québécois (le joual), en exerçant une critique de la société sclérosée et en choisissant ses personnages principaux parmi les classes laborieuses ( des femmes, en particulier). Par delà même le monde littéraire, il a eu une réelle influence sur l'évolution des idées au Québec.
La qualité de son travail est reconnue et, depuis 30 ans, son oeuvre est couronnée de prix.

Le trou dans le mur - Michel Tremblay

Errance dans le quartier «redlight» de Montréal
Note :

   Montréal et le Québec seraient-ils de nature à inspirer oniriquement leurs auteurs? «Le trou dans le mur» quelque part me rappelle «Le matou» d’Yves Beauchemin, qui se déroule lui aussi à Montréal, et qui lui aussi fait appel au surnaturel, à l’onirique, au fantastique pour aider à développer l’action.
   
   Ici, c’est une porte, anodine et moche, que François Laplante, sexagénaire montréalais, découvre – ou croit découvrir – déambulant près du Monument-National, salle de spectacle montréalaise. En fait lui seul voit cette porte et, bien évidemment, François Laplante s’embêtant comme un rat mort dans les rues désertes, pousse cette porte et accède à un monde … un supra-monde; l’antichambre du paradis, une version ennui puissance dix d’un possible purgatoire.
   « Puis je la vis.
   Une petite et très vieille porte que je n’avais jamais vue auparavant s’élevait entre le Monument-National l’immeuble qui le séparait du Montréal Pool Room, comme si un corridor avait été pratiqué entre les deux bâtisses, un couloir étroit qui menait peut-être à la cour arrière… Pourtant, juste au-dessus, les deux maisons se touchaient comme à l’habitude. Alors quoi? Un escalier qui descendait à la cave et que je n’avais jamais vu? Un monte-charge comme il s’en trouve tant à New York? Pourtant non, ce n’était pas un trou dans le trottoir comme à New York, mais bien un trou dans le mur.»

   
   Le roman est conçu «à-épisodes», comme des actes distincts d’une pièce de théâtre, marquant chacun un entretien de François Laplante avec un des zombies qui peuplent le lieu. Ces entretiens ayant une fonction; à l’issue de l’histoire racontée, si François Laplante donne son assentiment (on pourrait parler d’absolution), le personnage concerné accède à l’étage supérieur, il deviendra fantôme au Monument-national, quasiment une consécration.
   
   C’est fort bien écrit. L’ennui qui règne en ce dimanche désert où François Laplante découvre la porte est on ne peut plus réaliste. On a effectivement tous connu des dimanches qui suintent l’ennui mais Michel Tremblay nous l’instille parfaitement. Après, ce sont des morceaux de bravoure de personnages qu’on qualifiera d’interlopes, du quartier «redlight» de «La Main» où prostituées, souteneurs, travestis et autres… interlopes font (faisaient?) l’actualité. Michel Tremblay semble apprécier ce genre de milieu puisque j’ai souvenir avoir déjà croisé au moins un des personnages; Jean-le-décollé dans «Le cahier rouge» où l’on évoluait dans le milieu des travestis.

critique par Tistou




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