Lecture / Ecriture
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Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll

Lewis Carroll
  Alice au Pays des Merveilles
  La chasse au Snark
  De l'autre côté du miroir
  Dès 08 ans: Alice au Pays des Merveilles

Lewis Carroll est le nom de plume de Charles Lutwidge Dodgson, écrivain britannique né en 1832 et décédé en 1898. Il fut également professeur de mathématiques puis photographe de renom.

Alice au Pays des Merveilles - Lewis Carroll

La flamme d'une bougie qu'on vient d'éteindre
Note :

   Mais à quoi la flamme d'une bougie qu'on vient d'éteindre peut-elle bien ressembler?
   
   Je n'avais pas gardé un souvenir impérissable de ce livre, lu quand j'avais environ 10 ans. Pour tout dire, je crois que j'avais trouvé cette histoire un peu tirée par les cheveux... Mais une discussion sur sa nature - livre pour enfants ou livre philosophique? - m'a donné l'envie de le relire, ce que j'ai fait, en VO, dans un vieil exemplaire emprunté à la bibliothèque (Je n'ai pu retenir un sourire en lisant dans la préface que l'oeuvre de Lewis Carroll avait heureusement échappé aux tentatives de dissection des psychanalystes... je crains que cette information ne soit plus d'actualité!), tout en gardant à l'esprit le conseil d'Alberto Manguel, qui parle de "suspension of disbelief". Je me suis donc efforcée de lire ce livre en laissant aux vestiaires mes préjugés et mes idées toutes faites... Et le résultat est proprement soufflant!
   
   Il y a tellement de passages éblouissants dans ce livre que je pourrais en compiler quelques pages. Mais bon, je me limiterai à en épingler deux qui m'ont plus particulièrement frappée et qui se situent tous les deux au début du livre alors qu'Alice commence tout juste à expérimenter les effets de la potion qui fait rétrécir:
   
   "What a curious feeling!" said Alice. "I must be shutting up like a telescope"
   And so it was indeed: she was now only ten inches high, and her face brightened up at the tought that she was now the right size for going through the little door into that lovely garden. First, however, she waited for a few minutes to see if she was going to shrink any further : she felt a little nervous about this; "for it might end, you know", said Alice to herself, "in my going out altogether, like a candle. I wonder what I should be like then?" And she tried to fancy what the flame of a candle looks like after the candle is blown out, for she could not remember ever having seen such a thing.
   
   Dans la difficulté de la petite Alice à se représenter la flamme d'une bougie qu'on vient d'éteindre, il me semble qu'on peut lire aussi la difficulté à imaginer l'"après" de la disparition, à comprendre la mort et l'absence soudaine et définitive... et pas seulement pour un enfant.
   
   Et puis, il y a cet autre passage un peu plus loin, et une observation criante de vérité (ça ne vous arrive jamais, à vous, de vous donner de bons conseils et de ne pas les suivre ;-)?):
   
   "Come, there's no use in crying like that!" said Alice to herself rather sharply. "I advise you to leave off this minute!" She generally gave herself very good advice (though she very seldom followed it)..."
   
   Une véritable redécouverte!
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critique par Fée Carabine




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Multiples lectures
Note :

   Titre original : Alice's adventures in wonderland
   
   
    Présentation de l'éditeur
   
   "À la fois roman d'introspection et conte merveilleux, Alice au pays des merveilles est le récit, mené de bout en bout sur un rythme époustouflant, de l'intemporelle question de l'identité.
   Enfant déroutante, naïve et réceptive jusqu'à l'extrême, Alice fait la rencontre d'une multitude de personnages improbables qui seront autant d'ouvertures sur un monde où le cadre spatio-temporel est bouleversé, où les repères linguistiques ne sont plus fiables, où la peur voisine avec le jeu."

   
   
   Commentaire

   
   Je l'admets tout de suite, ce n'était pas ma première lecture d'Alice. Je connaissais l'histoire et l'avais adorée enfant et ado par la suite. J'avais même repris la célèbre phrase du chat de Cheschire à toutes les sauces... sauf que je parlais d'autre chose que d'un "grin" et d'un chat. Mais passons sur mes délires d'ado!
   
   Je l'ai relu maintenant pour voir le film sans rien manquer mais aussi parce que j'ai reçu "La chasse au Snark" de Carroll et que, encore une fois, je voulais bien apprécier les références. J'y ai retrouvé les personnages complètement cinglés que j'aime beaucoup, la folie douce, l'absurde (nonsense, en anglais), genre que j'aime beaucoup de façon générale. C'était comme retrouver de vieux amis.
   
   L'histoire, tout le monde la connaît, je crois... ou du moins, la plupart des gens en a une idée! Alice s'ennuie et suit un lapin blanc à travers un trou et là, elle tombe, elle tombe... pour se retrouver dans un monde où la logique n'a plus réellement de sens et où les conversations et personnages absurdes abondent. La petite fille n'a plus de repères mais décide d'explorer quand même cet univers sans trop se soucier des conséquences. J'aime la présence d'esprit d'Alice, son sens de la répartie et sa façon de se dire que bon, peu importe, on verra bien ce qui va arriver. J'aime aussi le fait qu'elle se parle à elle-même. Mais bon, c'est probablement parce que je m'auto-chicane aussi!!!
   
   Au pays des merveilles, c'est du grand n'importe quoi. Les personnages sont bien connus, que ce soit la reine de cœur, le chapelier fou, ou encore le lièvre de mars. J'adore le "Mad Tea Party" où les convives sont coincés dans une heure du thé éternelle parce que l'horloge est arrêtée à 6h, l'heure du thé, et où les devinettes s'accumulent. Ça a toujours été mon passage préféré. Combien de fois ai-je eu l'impression d'être dans cette situation quand j'entendais les adultes parler quand j'étais petite!! Et bien malgré moi, j'adore le personnage de la Reine de Cœur avec ses "Qu'on lui coupe la tête!" La description de la partie de croquet me fait mourir de rire à chaque fois... j'ai trop d'imagination!
   
   Un réel plaisir de relire Alice donc, et de me replonger dans cet univers où on ne peut plus rien prendre pour acquis. Ado, je croyais que c'était une très belle métaphore du passage à l'âge adulte (tout devient toujours passage à l'âge adulte pour moi) mais il semblerait que non, il n'en est rien. Je trouvais pourtant bien révélateurs ces changements de taille qu'on ne comprend pas très bien, alors qu'on nous demande parfois de nous comporter en enfant et d'autres, en adulte. Sauf qu'il s'agit plutôt d'une histoire que Lewis Carroll (ou plutôt Charles Ludwidge Dodgeson, de son vrai nom) a inventé pour la fille de son ami, Alice Liddell. L'histoire est donc truffée de référence au quotidien des jeunes filles Liddell et aussi à une certaine sortie en bateau ayant eu lieu plus tôt. Les notes dans mon édition donnent beaucoup de détails à ce sujet et j'ai beaucoup aimé entendre parler de la genèse d'Alice.
   
   J'ai poursuivi immédiatement avec "De l'autre côté du miroir"... dont je vous parle bientôt! Il y a à Central Park, New York, une sculpture représentant la fameuse petite Alice qui ressemble à s'y méprendre aux illustrations du livre, maintenant indissociables de celui-ci et de mon imaginaire!
   
   Et en passant... c'est normal que je ne les trouve pas si bizarres que ça, les rêves d'Alice, moi??

critique par Karine




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