Lecture / Ecriture
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Sur la lecture de Marcel Proust

Marcel Proust
  Sur la lecture
  Du côté de chez Swann -1- Combray
  Du côté de chez Swann -2- Un amour de Swann
  Du côté de chez Swann -3- Noms de pays : le nom
  À l'ombre des jeunes filles en fleurs -1- Autour de Mme Swann
  À l'ombre des jeunes filles en fleurs -2- Noms de pays: le pays
  Albertine disparue
  Le côté de Guermantes - I -
  Le côté de Guermantes -II-
  Sodome et Gomorrhe I & II
  L'indifférent et autres textes de jeunesse
  Contre Sainte-Beuve
  La prisonnière
  Chardin et Rembrandt
  Le temps retrouvé

Vous trouverez sur ce site la fiche de l'ouvrage que Alain de Botton a consacré à Marcel Proust, celle du "Marcel Proust 1871-1922" par George D. Painter, ou "Une saison avec Marcel Proust " de René Peter; et celle de "Madame Proust" d’Evelyne Bloch-Dano, tandis que Céleste Albaret, la fidèle bonne, a parlé ici de "Monsieur Proust" .

Pietro Citati vous aidera à mieux comprendre La Recherche.

Et serez-vous surpris d'apprendre que dans les camps, on s'est parfois soutenu à grands coups de Littérature et que Proust en était, comme en témoigne Joseph Czapski ? ... Et on parle aussi de Proust avec Marie-Odile Beauvais dans "Proust vous écrira", ainsi qu'avec "Le Paris retrouvé de Marcel Proust" de Henri Raczymow; "La petite cloche au son grêle" de Paul Vacca et même dans les policiers avec "Meurtre chez tante Léonie" d' Estelle Montbrun et dans la rubrique Cuisine avec "Proust, la cuisine retrouvée" de Anne Borrel.

Et pour les incurables, ceux que même la pelisse de Marcel intéresse: "Le manteau de Proust" de Lorenza Foschini, tandis que certains, tels Gaspard Koenig développent des personnages secondaires.
Sans oublier Christophe Pradeau
Et pour finir sur une note légère, vous pouvez même sourire avec Proust.
 



Amis proustophiles ou même proustolâtres, participez!.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Sur la lecture - Marcel Proust

Lecteur
Note :

   Cet ouvrage (que l'on peut trouver en téléchargement libre sur le net) date de 1905. Aujourd'hui édité en bref volume, ce texte fut à l'origine, la préface à une oeuvre de Ruskin : «Sésame et les lys». Proust a choisi cette occasion de disserter sur sa vision du rôle de la lecture, en écho à celle de John Ruskin.
   
   Commençant par l'évocation de ses souvenirs d'enfance liés à la lecture, et nous livrant à cette occasion des images qui nous permettent de mieux le comprendre, Marcel Proust nous entraîne peu à peu, en cercles s'élargissant, vers le rôle plus général et nous passons du plaisir solitaire qu'est la lecture à son rôle culturel et social.
   
   Dans cette préface cependant, Proust tient à se démarquer de la position de Ruskin, dont les conférences et ouvrages sur ce thème («Trésors des rois» et «Des jardins des reines») avaient diffusé les vues. Pour Ruskin, la lecture est le centre de la vie intellectuelle d'un homme; pour Proust, elle n'en est qu'une facette et même, qu'un moyen. «La lecture est au seuil de la vie spirituelle ; elle peut nous y introduire : elle ne la constitue pas.». «Ce qu'il faut donc, c'est une intervention qui, tout en venant d'un autre, se produise au fond de nous-mêmes, c'est bien l'impulsion d'un autre esprit, mais reçu au sein de la solitude.» Ce qui donnera au lecteur d'aujourd'hui l'occasion de réfléchir à la question et de se situer face à ces deux positions, pour ne rien dire de la troisième qui consisterait à considérer qu'on peut très bien se passer de lire.
   
   Il n'en reste pas moins que cet ouvrage est un peu daté et que l'auteur y affiche une sorte d'affectation et d'élitisme «coincé» un peu écoeurant. Il est pénible aujourd'hui de l'entendre parler «du vulgaire» pour désigner ceux qui n'ont pas sa culture, ce qui revient à dire son statut social, ou des «belles manières de l'esprit». Et le snobisme dont il n'a même pas honte a vite fait de se ridiculiser lui-même.
   
   PS : On est étonné aujourd'hui, de voir Proust citer en démonstration une phrase totalement modifiée de Théophile Gautier, le reconnaître dans ses notes adjonctives et plein d'aplomb, se donner dans la foulée totalement raison d'avoir commis ce qui n'est tout de même qu'un faux. ( !)
   Les grands écrivains ne sont pas au-dessus de petites faiblesses... en un sens, cela peut consoler un peu le vulgaire. ;-)
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critique par Sibylline




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Les livres, objets sensibles
Note :

   En préfaçant un ouvrage de Ruskin qu’il avait traduit, Proust se lance dans un essai sur la lecture, insistant surtout sur ce qui a formé son goût pour celle-ci.
   
   D’abord il présente les endroits, les moments, les positions, les ambiances où il lisait dans son enfance. De nombreux passages, ce style contemplatif, tout préfigure déjà "Du côté de chez Swann". (C’est vrai on ne dit pas « la recherche », de même qu’on ne la «relit» pas; il paraît que ça fait pédant… On préférera, à l’instar d’un personnage de Bretécher, relire «Placid et Muzo» l’été venant. Que ne ferait-on pas pour ne pas paraître intello en ce bas monde actuel? Je m’égare mais c’est juste une réponse sous forme de clin d’œil de ce que j’ai pu lire sur Proust sur ce site. Je pense qu’un pédantisme en cache un autre. Voilà ça m’a fait du bien !)
   
   Bien que la lecture nous «ouvre au fond de nous-mêmes la porte des demeures où nous n’aurions pas su pénétrer…», elle reste «au seuil de la vie spirituelle, elle peut nous y introduire: elle ne la constitue pas.» Pour Proust, les artistes – et parmi eux les écrivains, bien sûr – nous dévoilent une partie d’un monde qui leur est personnel mais rempli de merveilleuses promesses.
   
    Si l’auteur garde en mémoire des impressions, une ou deux phrases marquantes du "Capitaine Fracasse" du Gautier de ses lectures d’enfant, c’est pour mieux démontrer que le livre reste pour lui «l’ange qui s’envole aussitôt qu’il a ouvert les portes du jardin céleste» et non, comme pour le «lettré» qui veut retenir ce qu’il a lu, une «idole immobile».
   
   De là, Proust parle du «livre ami» qui fait fi des conventions sociales, qui provoque un vrai rire aux passages réellement comiques (de Molière par exemple) et que l’on peut reposer lorsque l’ennui nous prend.
   
   Enfin, il démontre cette intemporalité de la beauté et cette persistance qui fait que les auteurs contemporains - de 1905, date du texte – se réfèrent toujours aux anciens et lisent peu leurs pairs: on cite entre autres Anatole France dans ce cas. Mais aussi :
    «Emerson commençait rarement à écrire sans relire quelques pages de Platon. Et Dante n’est pas le seul poète que Virgile ait conduit jusqu’au seuil du paradis.»
   Passage marquant de ce livre à mes yeux :
    «On ressent encore un peu de ce bonheur à errer au milieu d’une tragédie de Racine ou d’un volume de Saint-Simon. Car ils contiennent toutes les belles formes de langage abolies qui gardent le souvenir d’usages ou de façons de sentir qui n’existent plus, traces persistantes du passé à quoi rien du présent ne ressemble et dont le temps, en passant sur elle, a pu seul embellir encore la couleur. »
   
   On serait tenté de dire la même chose de Proust en ce 21ème siècle gavé de «bling-bling» !
   Merci, Marcel, d’avoir écrit!
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critique par Mouton Noir




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En livre audio
Note :

   Bonheur de l’édition voilà un livre que vous pouvez trouver sous plusieurs costumes, en mélange dans Pastiches et Mélanges, en petite édition simple chez Sillage ou alors en livre audio.
   j’ai choisi la version sonore car elle est lue pas quelqu’un pour lequel j’ai une passion coupable : André Dussolier.
   
   Je ne vais pas m’étendre sur le sujet du livre, je crois que vous le connaissez tous, la lecture, les livres, le bonheur de lire lorsque l’on est enfant et au delà.
   
   Proust nous parle de ces livres qui nous donnent envie de passer la soirée avec eux, ce petits grincement que constitue le "chapitre interrompu" car "On aurait tant voulu que le livre continuât".
   
   Le rôle de la lecture "une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés" disait Ruskin, ce à quoi Proust répond
   " la lecture ne saurait être ainsi assimilée à une conversation, fût-ce avec le plus sage des hommes; ce qui diffère essentiellement entre un livre et un ami, ce n'est pas leur plus ou moins grande sagesse, mais la manière dont on communique avec eux, la lecture, au rebours de la conversation, consistant pour chacun de nous à recevoir communication d'une autre pensée, mais tout en restant seul"
   
   Pour lui c’est d’abord et avant tout un accès à soi.
   
   Le livre qui console de tout disait Montesquieu, qui tient enchaîné la ronde des heures dirait Proust, ce petit texte devenu très célèbre est ici porté par André Dussolier, un plaisir ajouté.

critique par Dominique




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