Lecture / Ecriture
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186 marches vers les nuages de Joseph Bialot

Joseph Bialot
  Le Jour où Albert Einstein s’est échappé
  186 marches vers les nuages
  Le salon du prêt-à-saigner
  Route Story

Joseph Bialot, de son vrai nom Joseph Bialobroda, est un écrivain français né à Varsovie en 1923 et mort à Paris en 2012.

186 marches vers les nuages - Joseph Bialot

Ni loi, ni justice
Note :

    Berlin 1945, la ville est dévastée, les alliés se sont partagé la capitale du Reich, les ruines fument encore et la chasse au nazis est ouverte. Chacun tente de survivre.
   Bert Waldeck lui n’est pas le berlinois type, il a passé depuis 1934 plus d’années dans les geôles et les camps de concentration que n’importe qui. Il était juste un flic qui pensait appliquer la loi, mais «loi» est un mot qui n’était pas dans le vocabulaire nazi.
   Il accepte à la demande des américains de rechercher Hans Steiner, un copain d’école à lui mais aussi son tortionnaire. Rapidement il a des doutes sur les intentions des américains, Hans Steiner est un nazi soit mais ce n’est pas Himmler, alors pourquoi le rechercher avec autant de zèle?
   En déportation il a développé un sixième sens et là il se sent utilisé, piégé et ça ne lui plaît pas, alors il va faire sa propre enquête qui va lui faire toucher du doigt que les intérêts des puissances alliées ne sont pas toujours compatibles avec la simple justice.
   
   Ce roman vaut plus pour l’atmosphère, l’écriture sobre et la sensibilité que pour l’intrigue elle-même.
   
   Les souvenirs de Bert Waldeck sont poignants, Joseph Bialot est venu à l’écriture sur le tard, et dans ce roman il utilise avec beaucoup de talent et d’humanité sa propre expérience de déporté. Il permet de ne pas oublier que dans les camps les plus anciens déportés étaient parfois des allemands.
   
   Outre les polars qu'il écrit, il a relaté dans «C’est en hiver que les jours rallongent» son expérience concentrationnaire.
   
   Devoir de mémoire
   
   Il y a quelques années j’ai visité (je n’aime pas ce mot ici mais je n’en trouve pas d’autre) Mathausen. C'était en août, j'étais en bonne santé, personne ne me menaçait, personne ne me frappait, il faisait très chaud, j’ai descendu et remonté ces 186 marches de la carrière de granite, c'est un souvenir fort.
    «Il y a eu des morts dans cet escalier, il y en a eu beaucoup et encore davantage, des suites de l'avoir trop monté, du dernier effort qu'il leur a fallu faire après une journée de bagne et qui a fait que le lendemain ils n'ont pas pu repartir, ils n'ont pas pu continuer. De ceux-là, aucun témoin ne peut vous dire le nombre, mais ce dont nous pouvons vous assurer, ce que je peux vous dire, c'est que sur chaque marche, je dis bien chaque marche de cet escalier, il est tombé du sang... » Jean Lafitte (interné à Mathausen)

critique par Dominique




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