Lecture / Ecriture
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La nuit sauvage de Mohammed Dib

Mohammed Dib
  La grande maison
  L'incendie
  Le métier à tisser
  Au Café
  Un été africain
  Le Talisman
  Mille hourras pour une gueuse
  Les Terrasses d’Orsol
  Le Sommeil d’Eve
  Neiges de marbre
  L'infante maure
  La nuit sauvage
  Si Diable veut
  L'enfant-jazz
  Comme un bruit d’abeilles
  Le cœur insulaire
  Laëzza

Mohammed Dib, né en 1920 à Tlemcen, en Algérie, et mort le 2 mai 2003 à La-Celle-Saint-Cloud, est un des grands écrivains de langue française. Poète - Prix Stéphane Mallarmé -, romancier - Grand prix du Roman de la Ville de Paris -, essayiste, auteur de nouvelles, de contes et de pièces de théâtre, son œuvre, vaste et intense, a été couronnée par le Grand prix de la Francophonie de l'Académie française.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

La nuit sauvage - Mohammed Dib

13 nouvelles
Note :

   Treize nouvelles frappées le plus souvent au sceau de la terre nourricière: l’Algérie. Quelques moments qu’on pressent d’une sincérité absolue pour cet auteur à coup sûr déchiré par l’Histoire.
   Aux fins souvent tragiques, comme celle, éponyme, en relation avec un acte de terrorisme dans un pays qui s’appelait encore l’Algérie Française. Mohamed Dib me donne l’impression d’être plus à l’aise avec le format de la nouvelle qu’avec celui du roman – opinion toute personnelle (!).
   On retrouve dans ce recueil dans deux nouvelles, les prémices, les ébauches, les «retours sur écriture» (?) d’au moins deux romans de Dib:
   - «La petite fille dans les arbres» est en relation très claire avec «L’infante maure». Personnage similaire dans le même cadre et à la même problématique. «La nuit sauvage» fut éditée en 1995. «L’infante maure» en 1994. Reste la possibilité que ces treize nouvelles aient été écrites sur un long laps de temps, et notamment «La petite fille dans les arbres» en ébauche de «L’infante maure». C’est ce que je croirais plutôt.
   - Idem pour «Talilo est mort» où, curieusement, au détour d’une ligne on peut lire:
   « Les destinataires ne varient jamais: ce sont des bureaux ministériels, là-bas, dans une ville appelée Orsol.»

   Orsol, un clin d’œil, une allusion très claire au roman «Les terrasses d’Orsol». Même genre d’ambiance et d’atmosphère d’ailleurs, dans le flou aux limites de la folie douce … «Les terrasses d’Orsol» datent de 1985. Dans ce cas je pencherais plutôt pour le clin d’œil plutôt que l’ébauche, et pas qu’à cause de la date…
   Certaines nouvelles sont plus fortes que d’autres, évidemment il y a toujours des points plus faibles dans ce genre de recueil. Ressortent:
   - « L’œil du chasseur », une histoire d’amour et de mort, en Algérie, plus proche là-aussi de la folie, ou du moins de l’acte fou.
   - « La déviation », en Algérie toujours, bizarre cauchemar qui m’a évoqué «Cul de sac» (ou «Piège nuptial») de Douglas Kennedy, dans l’atmosphère et le décalage sociétal qui est évoqué.
   - « La nuit sauvage », terrorisme et engrenage de la violence, terrorisme ou «comment faire autrement?».
   - «Le Français d’Amria», curieuse évocation de l’après-indépendance algérienne et du drame de tous les déchirements …
   - «Paquita ou le regard ravi», horrible histoire et drame de la pauvreté et de son exploitation. Aux confins du trafic d’organes, de l’esclavagisme. Histoire d’une décision terrible et irrévocable qui condamne ceux qui l’ont prise aux remords éternels.
   - « Une partie de dés », qui dans la description du patio où va se dérouler cette partie tragique m’a fait irrésistiblement penser aux «Trois dames de la Kasbah» de Pierre Loti. Même finesse dans l’évocation de l’habitat qui vous l’imprime dans la mémoire parce que «Les trois dames de la Kasbah» … ce n’était pas hier!
   
   Un très beau recueil qui en dit long sur l’homme Dib et sa complexité.

critique par Tistou




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