Lecture / Ecriture
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Ados: Les portes de John Connolly

John Connolly
  Le livre des choses perdues
  Le Pouvoir des ténèbres
  L'ange noir
  La proie des ombres
  Ados: Les portes
  Prière d’achever

Ecrivain irlandais né à Dublin en 1968.

Ados: Les portes - John Connolly

Go to Hell!
Note :

   Samuel a 11 ans, il vit dans la petite ville de Biddlecombe, en Angleterre, avec sa mère, récemment séparée de son père. C'est un enfant que tout le monde trouve un peu bizarre, parce qu'il s'intéresse à des choses qui ne sont pas de son âge comme la philosophie de St Augustin ou la physique quantique. Il se rend compte un beau soir que ses voisins, les Abernathy, se livrent à une activité pas très nette qui malheureusement pour eux ouvre rien moins que les portes de l'Enfer. Voilà Samuel bien obligé de sauver le monde.
    
   J'ai tellement aimé "Le livre des choses perdues" de John Connolly que j'ai acheté sans hésiter et sans même lire la quatrième son dernier opus, dont l'accroche qui figure sur la couverture est déjà tout un programme: "The gates of Hell are about to open... Mind the gap". Et j'ai bien fait d'agir ainsi comme une lectrice totally wild chers happy few, parce que ce roman manifestement pour adulescents (encore que je l'ai trouvé au rayon adulte chez Waterstone's) est un petit bijou d'humour. Sur une trame ultra-classique d'Apocalypse, Connolly a bâti une histoire drolatique qui met en scène des personnages totalement improbables et très attachants: Samuel est aidé dans sa lourde tâche de sauveur de l'humanité par son chien, Boswell, Tom et Maria, ses deux amis, respectivement champion de cricket et championne de maths et surtout par Nurd, le Démon bien peu démoniaque, exilé par le Grand Méchant (qui s'appelle ici the Great Malevolence) dans un endroit terriblement ennuyeux de l'Enfer et qui se retrouve bien malgré lui sur terre, où il découvre que l'on peut conduire des Porsche, manger des chewing-gums et surtout avoir des amis, ce qui est franchement bien plus sympa que rester pour l'éternité assis sur son trône à ne rien faire.
   
   "The gates" est un roman inventif et trépidant dans lequel on apprend grâce aux notes de bas de page quelques bricoles sur les accélérateurs de particules, l'emploi de l'article défini 'le' dans les noms de rois ou le plafond de la chapelle Sixtine, où l'on découvre que l'Enfer est rempli de démons de tous ordres comme Schwell, le démon des chaussures inconfortables ou Eric, bien connu des élèves puisqu'il est le démon de la ponctuation fautive, où l'on croise un évêque diabolique, des morts-vivants et des policiers flegmatiques et où l'humanité, confrontée au pire, réagit avec une étonnante capacité d'adaptation, se servant d'armes improvisées qui vont de la batte de cricket à... la pinte de bière (en même temps, on est en Angleterre, donc rien de bien étonnant).
   
    Une réussite, chers happy few!
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critique par Fashion Victim




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Au cœur de la bataille
Note :

   Si Samuel n'avait pas voulu fêter Halloween avec un brin d'avance, il n'aurait sans doute pas été témoin des événements étranges survenus dans la cave du 666 Crowley Avenue. Et il ne se serait sans doute pas retrouvé au cœur de la bataille contre l'avant-garde de l'armée du Mal, l'affreux qui attendait son heure depuis... Eh bien depuis le big bang! Si seulement les scientifiques n'avaient pas fait n'importe quoi avec leur accélérateur de particules...
   
   Je vais vous faire une confession, j'ai pensé un peu à "De bons présages" en lisant Les portes. Et c'est un compliment en ce qui me concerne parce que Terry Pratchett et Neil Gaiman font partie des obsessions que je travaille fermement à ne pas guérir. Mais revenons à nos portes. L'immense qualité de ce roman est sans aucun conteste ses multiples niveaux de lecture. Au premier abord, le ton sonne un peu "simple", peut-être même "gentillet". Et puis soudain, John Connolly se déchaîne, alignant les jeux de mots, les références diverses et irrésistibles, les notes de bas de page qui se transforment en roman dans le roman, et les situations rocambolesques. Chacun devrait y trouver son compte et son éclat de rire.
   
   Il faut dire que la galerie des personnages rappelle par certains côtés les meilleurs Pixar: des monstres improbables et délicieusement morbides qui se déchaînent la nuit d'Halloween, tant et si bien qu'ils ne font pas à moitié autant peur qu'ils le devraient, des démons qui ne maîtrisent absolument pas la situation et se font abattre à coups de poêle à frire ou sombrent dans la bière, d'autres qui portent des noms à coucher dehors, un héros haut comme trois pommes et son copain Nouihl, démon banni de son état, fasciné par les voitures, un méchant très méchant et très moche avec ses acolytes aussi bêtes qu'ils sont laids, mais pas de manichéisme franc et massif, en tout cas à mon avis. Tous les démons ne sont pas aussi méchants qu'ils en ont l'air et il y a, au détour des pages, quelques jolies réflexions sur les humains et leur tendance à ne pas être très sympathiques avec leurs voisins.
   
   A côté de ça, la vulgarisation scientifique suit son petit bonhomme de chemin dans la bonne humeur: le lecteur apprend plein de choses fascinantes sur les trous noirs, les trous de ver, les particules diverses et variées et la question fondamentale du verre à moitié plein de brandy ou celle des baby-sitters.
   
   Bref, pas une minute pour s'ennuyer avec ce roman inventif, drôle et bourré de rebondissements. Un régal!

critique par Chiffonnette




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