Lecture / Ecriture
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Le making of de "Toro" de Mark Sundeen

Mark Sundeen
  Le making of de "Toro"

Le making of de "Toro" - Mark Sundeen

Olé!
Note :

   Un jeune auteur qui n'a commis jusqu'ici qu'un Traité de fauconnerie qui s'est très mal vendu (on se demande bien pourquoi) reçoit une requête de son éditeur: ce dernier veut qu'il écrive un ouvrage sur la corrida. Notre jeune homme se documente et décide de partir au Mexique en prenant l'identité de son personnage fétiche, son alter ego, Travis LaFrance. Persuadé de tenir là le sujet d'un futur best-seller international, il va de déboires en déconvenues, animé par une mégalomanie qui le pousse à se croire l'héritier d'Hemingway. Suite à l'ire de son éditeur, il rédige le making of de son chef-d'œuvre, afin d'éclairer ses lecteurs...
    
   Voilà un roman qui m'a, une fois n'est pas coutume, alléchée par sa quatrième de couverture: un jeune écrivain sans talent qui se prend pour le grand Ernest et se bâtit de toutes pièces une vie et une identité, j'y voyais là un fort potentiel comique, chers happy few. Et mes attentes ont été en partie comblées par la suite d'aventures plutôt désopilantes que vit notre faux Travis LaFrance, personnage qui a une fâcheuse tendance à comprendre la réalité de la façon qui l'arrange le mieux, ce qui le place dans des situations dont il ne sort évidemment jamais grandi. Il se voudrait brillant, courageux et séduisant, et il n'est que banal ascendant benêt. Il voudrait voir la corrida comme elle a été conçue et vibrer avec la foule en admirant les toreros mais refuse d'aller en Espagne pour des raisons financières (il a dépensé toute l'avance de son éditeur pour payer ses arriérés de loyer) et se retrouve au Mexique, où la corrida, vidée de sens, attire moins de monde que les combats de coqs. C'est un personnage à la naïveté finalement touchante même si elle est teintée de mythomanie, qui ne fait de mal à personne sauf peut-être à lui-même, croyant être un génie incompris traumatisé par ses parents intellectuels de gauche. «Le making of de "Toro"», bâti sur une excellente idée de départ, trouve paradoxalement ses limites dans ce personnage, qui fait sourire mais peine à déclencher le rire (difficile de se moquer vraiment de cet hurluberlu) ou l'empathie, le lecteur ne s'intéressant finalement que de loin à ses pérégrinations.
   
   Un bon roman, mais pas tout à fait abouti, chers happy few.
   
   
   Titre original: The making of Toro

critique par Fashion




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