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Anthologie, Les Femmes Vampires, de 1823 à 1905 de Collectif

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Anthologie, Les Femmes Vampires, de 1823 à 1905 - Collectif

La marque du baiser de Judas
Note :

   Recueil collectif publié chez José Corti:
   
   - les vampires sont un de mes thèmes de prédilection, en particulier dans les textes plus classiques qui n'avaient pas du vampire une vision aussi glamour que ce qu'on peut voir aujourd'hui en bit lit ou sur grand écran, même si, en recoupant des textes assez différents, on retrouve un certain nombre d'éléments qui inspirent largement les auteurs plus contemporains (d'ailleurs en parlant de glamour, "Carmilla" de Le Fanu incarne déjà un vampire sensuel un brin sulfureux si l'on songe que ce texte a été écrit à l'époque victorienne, où le saphisme n'était pas vraiment dans le ton des valeurs morales - en partie de façade, mais c'est une autre histoire - de l'époque).
   
   - J'ai une confiance aveugle dès que je vois qu'un livre est édité par José Corti (un peu comme avec Phébus), qui par ailleurs publie beaucoup de classiques anglo-saxons oubliés - un éditeur qui ne passe pas inaperçu pour moi lorsque je vais en librairie.
   
   - Enfin, voilà une bonne façon de poursuivre mon challenge Mary Elizabeth Braddon, dont la nouvelle est sans doute la plus inattendue au sein de ce recueil.
   
   Ce recueil comporte cinq récits :
   
   Ernst Raupach, Laisse dormir les Morts ("Lasst die Toten ruhen") - 1823 :
   
   Un jeune châtelain pleure sur le tombeau de Brunehilde, sa première épouse au caractère affirmé, dont le souvenir le hante depuis qu'il s'est lassé de la douceur et de la gentillesse de sa nouvelle femme. Il finit par rencontrer un homme capable de faire revenir les morts à la vie et décide de retrouver ainsi sa chère défunte. Cependant celle-ci a ses exigences et l'oblige à répudier son épouse de manière à ne pas être simplement sa maîtresse. Après son arrivée au château, des morts suspectes se produisent parmi la jeunesse du pays. Aveugle à tout, envoûté, le héros ne voit rien jusqu'à ce que ses propres enfants soient tués par Brunehilde qui s'alimente du sang des personnes en bonne santé. Et lorsqu'il tente de s'en débarrasser, c'est pour s'apercevoir qu'un acte contre nature tel que celui qu'il a commis ne se défait pas facilement.
   
   Un texte agréable à lire mais qui présente une vision assez surannée du vampire et des personnages féminins, avec un héros un peu fade, tandis que le déroulement du récit même est assez conventionnel - ceci dit c'est là le texte le plus ancien.
   
   
   Anne Crawford, Baronne Von Rabe, Un Mystère de la Campagne Romaine ("A Mystery of the Campagna") - 1887
   
   Plusieurs voix se mêlent pour raconter l'histoire de Marcello, artiste de la villa Médicis qui décide de s'installer dans une maison isolée pour composer un opéra. Un de ses amis s'inquiète immédiatement et sans raison apparente après l'avoir laissé dans la maison en question. Il finit par tomber lui-même malade et à imaginer dans son délire que de terribles choses arrivent à Marcello. Envoyé sur place, un ami commun découvre ainsi que Marcello semble avoir une maîtresse qu'il rejoint une nuit dans son jardin, avant de disparaître sous terre dans ce qui semble être des catacombes romaines. Pourtant, peu de temps après, en revenant sur place, on découvre le corps de Marcello qui est bizarrement vidé de son sang.
   
   Une nouvelle intéressante dans la mesure où elle comporte également une autre dimension fantastique, l'ami du mourant communiquant avec lui par la pensée, tandis que la vampire est finalement peu présente. Malgré tout j'ai trouvé quelques longueurs au texte, qui est sans doute celui qui m'a le moins plu.
   
   
   X.L. : Le Baiser de Judas ("A Kiss of Judas") - 1893 :

   
   Un homme voyageant à bord d'un steamer (le lieutenant-colonel Rowan) cherche à se renseigner auprès du capitaine après avoir aperçu un curieux passager, au souffle d'asthmatique, le visage toujours caché par ses vêtements. Suite à cette discussion, le passager concerné qui a eu vent des questions posées à son sujet vient menacer le premier voyageur, faisant preuve d'une hargne et d'une vulgarité étonnantes. A cette occasion son foulard glisse un peu et le héros aperçoit un visage d'une laideur effrayante.
   
   Peu de temps après, arrivé chez ses amis, Rowan entend parler du baiser de Judas, qui voudrait que des créatures repoussantes soient à même de servir Satan en se donnant volontairement la mort pour revenir sous des traits beaucoup moins reconnaissables afin de frapper les vivants par toute sorte de fléau. Les victimes de ces serviteurs du diable se trouvent marqués d'une petite croix. Suite à cette histoire, Rowan revoit le passager qui l'a suivi pour l'assassiner et qui, n'y parvenant pas, se tue d'un coup de poignard en promettant de revenir...
   
   Cette nouvelle qui mêle légendes, folklore et vampirisme est très originale. Non seulement le récit est bien mené mais le monstre-vampire est fascinant, très différent de ce que l'on a l'habitude de croiser dans la littérature vampirique. Je ne saurais dire pourquoi mais il m'évoquait l'expressionnisme de Nosferatu.
   
   
   Mary Elizabeth Braddon, La Bonne Lady Ducayne ("Good Lady Ducayne") - 1896

   
   Une jeune femme entre au service d'une vieille dame aisée qui l'emmène avec elle en Italie, avec un salaire dépassant toutes ses espérances. Éclatante de santé, Bella (notre héroïne) devient curieusement de plus en plus faible, sans en comprendre la raison, hormis les petites plaies qu'elle découvre parfois sur sa peau à son réveil. Le médecin personnel de son employeuse, Lady Ducayne, lui assure qu'il s'agit de piqûres, mais lorsqu'elle les montre à un jeune médecin anglais avec qui elle a sympathisé, celui-ci est persuadé que des saignées ont été pratiquées sur la jeune femme à son insu.
   
   Voilà le deuxième texte qui m'a particulièrement séduite dans ce recueil (normal, c'est Mary Elizabeth qui l'a écrit - dit-elle en toute objectivité!). Ni sensuelle, ni surnaturelle, la vampire évoque davantage cette Landlady a priori sympathique qui empoisonnait ses jeunes pensionnaires dans le texte de Roald Dahl. Le vampirisme prend ici une tournure plus médicale, à travers la transfusion. Un récit finalement moderne qui se lit avec plaisir.
   
   
   Francis Marion Crawford, Car la Vie est dans le Sang ("For the Blood is the Life") - 1905

   
   J'en avais parlé là (mais j'avais oublié que je l'avais déjà lu). Et je disais donc: deux hommes observent un champ depuis la tour d’une vieille demeure. Lorsque les rayons de lune se posent sur un tertre a priori désert, une forme étrange apparaît, laissant entrevoir un corps allongé sur un tombeau. Pris de curiosité, l’un des deux hommes souhaite se rendre sur place pour mieux observer le phénomène. A quelques mètres de l’objet, il s’arrête: plus rien sur le tertre. De loin, l’autre homme voit le corps se redresser et s’accrocher à son ami.
   
    Cette histoire n’est pas ma préférée mais j’apprécie l’atmosphère inquiétante qui l’imprègne ainsi que le caractère hautement fantomatique du vampire. Ici, le vampire n’a pas encore pris ses traits classiques et fait appel aux premiers monstres de notre imaginaire…

critique par Lou




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