Lecture / Ecriture
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Le Sac - Un petit monde d'amour de Jean-Claude Kaufmann

Jean-Claude Kaufmann
  Le Sac - Un petit monde d'amour

Le Sac - Un petit monde d'amour - Jean-Claude Kaufmann

Accessoire et indispensable
Note :

   J.C. Kaufmann a voulu écrire "un petit livre qui puisse être glissé dans son sac" (250 pages quand même!)… un livre léger qui effleure son objet —le sac à main, à bandoulière— à la recherche de ses secrets et de ses pouvoirs. L'auteur le fait parler grâce aux nombreux témoignages féminins qu'il a sollicités en dix-huit mois "d'enquête". La subjectivité, l'émotionnel ruissellent de ces missives généreusement citées dans ce petit ouvrage. On y regrette les fréquentes répétitions et on le referme un peu déçu dans ses attentes: d'ailleurs Kaufmann s'en excuse par avance en dernière page…
   
   Depuis les aumônières médiévales, les réticules brodés du 18e et le sac noir des dimanches campagnards, cet accessoire a gagné toutes les classes sociales et accompagne tous les âges de la vie d'une femme. Divers, polysémique, rempli de contradictions, le sac constitue un prolongement de soi: autant il révèle la psychologie de chaque femme, autant il participe de l'image qu'elle veut donner d'elle-même.
   
   Kaufmann lui prête "deux vies", deux fonctionnalités: utilitaire, discret, c'est le sac de la semaine, souvent gros et lourd; on y accumule tous objets, nécessaires, superflus et symboliques: les petits fétiches personnels...
   Voyant, petit, le sac "des sorties" du soir et du week-end, outil de séduction assorti à la tenue et très "tendance"... Le premier marque la soumission de la femme à ses rôles et grossit lorsqu'elle cumule charges professionnelles et familiales; le second signe la domination féminine sur ces messieurs… Rien là de bien nouveau!
   
   Plus intéressante, la distinction entre les femmes "monosacs" et les "multisacs": celles-ci entretiennent avec leurs sacs une véritable relation amoureuse et sensuelle, les achètent au coup de foudre et ne peuvent les jeter. Toutes les femmes interrogées partagent la même incapacité à sortir sans sac —elles se sentiraient alors "nues"—, la même anxiété du vol, la même angoisse de la fouille, véritable viol de leur intimité: le sac les rassure quand l'environnement les stresse.
   
   On regrette que l'auteur "ne soit pas allé plus avant dans le voyage" comme il le reconnaît. On aurait aimé croiser le regard extérieur et objectif du sociologue: quid du sac à dos tant à la mode? quid des sacoches d'ordinateur et autres cartables, substituts du sac aussi féminins que masculins désormais?

critique par Kate




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