Lecture / Ecriture
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Ados: 17 Lunes de Margaret Stohl

Margaret Stohl
  Ados: 16 lunes
  Ados: 17 Lunes

Ados: 17 Lunes - Margaret Stohl

Est-il vrai que l'ambre contient les larmes des Sirènes?
Note :

   Souvenez-vous, happy few qui mangez du phosphore: nous avions laissé bien des choses en suspens à la fin du tome précédent, 16 Lunes, et notamment la situation de Lena (je vais essayer d'en dire le moins possible, car je ne recule jamais devant un challenge, mais on s'autorise à penser dans les milieux autorisés qu'un ou deux spoilers pourraient bien se faufiler dans mon clavier, à l'insu de mon plein gré, évidemment) (le spoiler est mal élevé, c'est là son moindre défaut) (vous voilà prévenus). Nous retrouvons donc Ethan quelques jours après les événements qui ont marqué le monde des Enchanteurs. Lena a changé, elle est fuyante et versatile et Ethan la soupçonne de fricoter avec un bel inconnu, John, dont la nature demeure incertaine (en tout cas, ce n'est pas un humain). Et voilà que Lena pète un plomb et quitte la ville, en bien mauvaise compagnie. Mais Ethan, accompagné de Liv, l'apprentie gardienne britannique et de Link, son meilleur ami, a décidé de la sauver d'elle-même. La course-poursuite commence.
   
   "17 Lunes" est le deuxième volume de ce qui s'annonce décidément comme une très bonne série de fantasy jeunesse (nous en jugerons vraiment quand la série sera terminée): je trouve que le monde créé par Margaret Stohl et Kami Garcia est très cohérent et bourré de trouvailles.
   
   Nous en apprenons ici plus sur les Tunnels qui sillonnent les sous-sols de Gatlin et on découvre (bon, sans réelle stupeur) que bien des habitants en savent plus qu'ils ne le devraient. Dans un monde où les apparences sont trompeuses, où les morts se manifestent avec facilité et où les forces des Ténèbres prennent de plus en plus de place, Ethan apparaît comme le seul point d'ancrage stable, celui qui se tient aux décisions qu'il prend avec une force d'âme peu commune chez un garçon de 17 ans (c'est décidément un fort bon personnage, qui change de ce qu'on a l'habitude de lire).
   
    Face à lui, Lena est une adolescente aux prises avec des problèmes peu communs, une jeune fille forte et différente dont les actes n'ont pas fini de surprendre et de bouleverser tout le monde. La caractérisation des personnages est d'ailleurs pour beaucoup dans la réussite de cette série: Link prend une envergure inattendue dans ce volume et j'ai beaucoup aimé le personnage de Liv, la jeune britannique venue faire un stage dans la bibliothèque de Marian, intéressante autant parce que son statut d'européenne lui fait poser sur ce monde sudiste un regard amusé et étonné, que par les qualités morales dont elle fait preuve tout au long du roman.
   
   Au final, "17 Lunes" est un très bon roman, bien construit et sans temps mort, parfois drôle (n'oublions pas que les personnages principaux sont avant tout des adolescents), que j'ai trouvé meilleur que "16 Lunes" (ce qui à mon avis laisse augurer du meilleur pour la suite) (oui, c'est mon avis et je le partage).
   
   J'attends donc impatiemment la suite, chers happy few, et ça tombe bien, le manuscrit est tout juste achevé, comme me l'a dit Margaret Stohl, rencontrée mercredi dernier (elle a un fait un court séjour promotionnel à Paris). Au cours d'une très agréable conversation à bâtons rompus autour d'un cocktail (on ne se refait pas), elle m'a raconté la genèse de cette série (qui se trouve être son premier roman), née d'une conversation avec Kami Garcia, co-auteure et ancienne professeur d'anglais de ses filles. Elles avaient envie d'écrire quelque chose sans vampire (bénies soient-elles) dans un décor très spécifique et en raison de leur histoire personnelle à chacune, c'est le sud des Etats-Unis qui s'est imposé, un endroit particulier "où les enfants sont terriblement polis et où il est impossible d'être végétarienne, c'est considéré comme une hérésie". Choisir un narrateur masculin leur a paru aussi évident, de même que mettre en scène une figure féminine puissante et différente. Elles écrivent chaque chapitre en parallèle, chacune corrigeant le travail de l'autre jusqu'à ce qu'elles en soient toutes deux satisfaites, ce qui n'est possible, d'après Margaret, que parce qu'elles se connaissent bien et peuvent tout se dire. Nous avons parlé projets, enfants, voyages et lecture (je vais me plonger dans "Delirium", une série de Lauren Oliver qu'elle recommande chaudement) (parution prévue en français en février 2011)!

critique par Fashion Victim




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