Lecture / Ecriture
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Le coup du cavalier de Andrea Camilleri

Andrea Camilleri
  La Démission de Montalbano
  La Voix du violon
  La Concession du téléphone
  Le tour de la bouée
  La forme de l'eau
  Le voleur de goûter
  La peur de Montalbano
  La patience de l'araignée
  Chien de faïence
  L'excursion à Tindari
  Privé de titre
  La couleur du soleil
  Un été ardent
  Petits récits au jour le jour
  Les Ailes du Sphinx
  La Pension Eva
  Pirandello, biographie de l’enfant échangé
  Le coup du cavalier
  Intermittence
  La lune de papier
  Le garde-barrière
  Le neveu du Négus
  Noli me tangere
  L’âge du doute

Andrea Camilleri est un écrivain et metteur en scène italien, né en Sicile en 1925, et mort le 17 juillet 2019.

Le coup du cavalier - Andrea Camilleri

La Sicile au XIXe siècle
Note :

   Andrea Camilleri est un maître du roman noir, best-seller adulé en Italie. Avec «Le coup du cavalier», il signe un sympathique roman dont l’intrigue se situe à la fin du XIXe siècle dans une Sicile livrée aux mains de la mafia.
   
   Un jeune inspecteur des finances royales débarque dans une petite bourgade écrasée de chaleur. Il est intègre, dévoué à son pays, fier du rôle qu’il doit jouer.
   Pourtant, ses deux prédécesseurs ont connu un sort tragique, assassinés par des mains jamais identifiées, pour des raisons jamais élucidées, l’enquête étant confiée à une police pourrie jusqu’à la moelle.
   Grâce à son intelligence, le jeune inspecteur va mettre à jour un trafic juteux autour des moulins à grains soumis à un impôt jugé confiscatoire.
   Mais, son attitude intransigeante, sa volonté de mettre à bas un système corrompu vont à leur tour lui attirer les pires ennuis. Et c’est cette machination politico-judiciaire que Camilleri va s’attacher à démontrer implacablement. Les éternels ingrédients qui permettent au banditisme de régner sans partage sont parfaitement décrits: corruption généralisée, clientélisme, petits services rendus à rendre au centuple, pressions et intimidations, suppression physique des récalcitrants, tout y passe.
   
   C’est à la fois le contexte historique (la Sicile il y a cent quarante ans, la taxe sur les moulins) et la forme littéraire qui font l’intérêt de ce roman bien construit et qui va réserver son lot de rebondissements palpitants.
   
   En effet, ce roman se déroule en quatre parties bien distinctes. La première dépeint avec précision le contexte et s’attache à mettre en place des personnages souvent pittoresques tels ce curé de village obsédé par ses paroissiennes parmi lesquelles il sélectionne régulièrement ses maîtresses souvent consentantes ou bien encore, cette veuve mangeuse d’hommes qui use de ses charmes pour parvenir à ses fins financières, alternant manipulation, tentation, séduction et sachant ne céder que lorsque son avantage est total.
   La deuxième partie est un brillant échange de missives où l’on voit tout le monde politique, juridique et financier mis en émoi ou en appétit, c’est selon, par les révélations faites par le jeune inspecteur.
   La troisième partie noue le drame et fait se refermer un redoutable piège sur l’inspecteur dérangeant.
   La quatrième partie constitue le dénouement. Un épilogue qui se joue selon une subtile partie d’échecs, d’où le titre, et où simulacre de folie et utilisation des armes de l’ennemi finiront par faire triompher le bien.
   
   On ne s’ennuie pas une seconde à la lecture d’un roman noir solide et qui sort décidément de l’ordinaire. Un roman instructif pour rappeler que les mêmes ficelles continueront de produire les mêmes effets tant que l’humanité laissera se développer en son sein malversations et enrichissements abusifs, bref depuis toujours et pour toujours…

critique par Cetalir




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