Lecture / Ecriture
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La mort de Tusitala de Kajima Atsushi

Kajima Atsushi
  La mort de Tusitala

Kajima Atsushi est un écrivain japonais (1909-1942).

La mort de Tusitala - Kajima Atsushi

Les derniers jours du père de Jim Hawkins dans les mers du sud
Note :

   Ne vous fiez pas à la couverture qui vous montre une superbe photo de Stevenson, ceci n’est pas un biographie!
   
   Quoi alors? Difficile de qualifier ce récit, l’auteur Atsushi Nakajima écrivain japonais nourri de littérature occidentale livre ici un récit en double partie, le journal de Stevenson à Samoa et ses propres commentaires sur la situation, sur l’écrivain, sur son œuvre, sur son combat pour les Samoans. Si le journal est fictif l'auteur pour l'écrire s'est largement inspiré des lettres, des écrits de Stevenson.
   
   
   L’écrivain japonais s’est intéressé aux derniers mois de vie de Stevenson, son installation aux îles Samoa bien loin de l’Angleterre, désormais son nom est Tusitala son nom samoan qui signifie "Raconteur d’histoire" pouvait-il rêver plus beau patronyme?
   
   L’auteur imagine donc les derniers mois de vie de l’auteur de "L'île au trésor", le défrichage, la construction de la maison et surtout la défense des Samoans face aux Allemands et aux Anglais qui ont colonisé l’île, ses ressources et appliquent leurs lois au mépris du droit coutumier local.
   
   L’aspect le plus intéressant à mon avis est la proximité, je dirais même la fraternité qui unit ces deux hommes, d’un côté un écrivain écossais, loin de chez lui, dont la gloire littéraire n’efface pas le rejet familial, de l’autre un jeune écrivain japonais aux prises avec la maladie et le regard des critiques de l’époque.
   
   Un écrivain empruntant le chemin de son aîné, de son modèle, la mort même les rassemblera, Stevenson meurt à 44 ans dans son île de Vailima et Nakajima meurt à 33 ans terrassé par une crise d’asthme.
   
   Ce mélange du vrai et de l’invention, du réel et de l’interprétation, est très agréable. La postface de la traductrice éclaire bien le livre. Bien sûr cela donne envie d’aller lire les lettres de Stevenson mais aussi les autres écrits de Nakajima
   
   "Je continue en rêve d'arracher les vrilles tenaces, de me battre avec les piquants d'ortie, les épines de citronnier et les dards enflammés des guêpes. La glaise qui colle à mes pieds, les racines qui résistent, la chaleur effroyable, les sautes de vent léger, les cris d'oiseaux dans les bois alentour..."

critique par Dominique




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