Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Cinq ciels de Ron Carlson

Ron Carlson
  Le signal
  Cinq ciels
  Retour à Oakpine

Ron Carlson est un écrivain américain né en 1947.

Cinq ciels - Ron Carlson

Nature writing
Note :

   Rentrée littéraire 2012
   
   
   "Il faisait frais en ce début d'après-midi, et bientôt arriverait la fin de la journée, puis le soir tomberait sur le plateau. Il contempla l'horizon vers l'ouest, comme il le ferait vingt fois par jour pendant les deux mois qu'il passerait ici, et il vit les grands replis des montagnes lointaines et au beau milieu, les cônes préhistoriques, dans un ciel d'un bleu laiteux. Le ciel ici était partout, mais ce n'était jamais le même ciel, et il s'y tenait debout. Ronnie avait maintenant la scie circulaire dans la main et l'air résonnait de la vibration aigüe de la lame métallique qui traversait le bois en trillant".
   

   Trois hommes sur un chantier grandiose, attelés à la réalisation d'un projet fou. Trois hommes réunis par hasard, qui vont apprendre à se connaître pendant les deux mois que durera le chantier.
   
   D'abord Darwin, le contremaître qui a recruté les deux autres, en colère depuis la mort brutale de sa femme, il a quitté sa maison et se consacre à ce projet, isolé loin de tout et de tous.
   
   Puis Arthur, lui aussi a eu une bonne raison de tout plaquer. Depuis plusieurs mois, il erre de chantier en chantier, pourquoi pas celui-là, même s'il estime que c'est un mauvais projet.
   
   Et enfin Ronnie, le plus jeune de la bande, petit voleur sans envergure, qui n'a guère le choix qu'entre la prison ou le travail dans cet endroit où personne ne viendra le chercher.
   
   Une histoire d'amitié virile, se déroulant sur un chantier, ce n'était pas gagné d'avance et pourtant quel coup de cœur! J'ai été embarquée immédiatement dans ce coin suspendu entre ciel et terre, suivant pas-à-pas les progrès des travaux. Comme dans "le signal" l'auteur fait preuve d'un formidable talent pour décrire la nature et l'évolution des relations entre les trois hommes. Progressivement, une forte amitié va s'installer entre eux. C'est d'une grande finesse et d'une humanité discrètement présente.
   
   Les descriptions du chantier sont très visuelles, le canyon vertigineux, la rivière en bas, l'horizon illimité, l'aube dans la solitude, au cœur des montagnes de l'Idaho. Je retiens un passage particulièrement réussi, où Diff, le financeur du projet, emmène les trois hommes à une partie de pêche au fin fond du canyon.
   
   Il y aura des rencontres qui se feront pour certains, ils seront confrontés à des difficultés imprévues, les travaux ne plaisent pas à tout le monde dans le secteur, mais l'intérêt du roman, c'est surtout l'amitié entre les trois hommes qui s'approfondit de jour en jour, les aidant à surmonter leurs propres problèmes. S'il ne se passe pas de grands évènements pendant ces deux mois, les dernières pages réservent un final inexorable.
   
   
   Extrait
   
   "Darwin toucha la tasse de Key avec la sienne et but une gorgée. Les deux hommes restèrent dans les ténèbres muettes. La rivière n'était plus qu'un murmure et le ciel continuait à se peupler d'étoiles. Silencieux sur la mesa embaumant la sauge, ils sentaient la chaleur du whisky dans leur gorge, et pour Key, le silence paraissait une sorte d'équilibre entre une chose et la suivante, un pivot en quelque sorte, aussi solide et important que le poids qui l'accablait. Dans tous les coins du ciel nocturne rempli d'illusions, des satellites fusaient et d'autres lumières se déplaçaient par intermittence. Pendant un moment Key y vit l'image de ce qui se passait dans sa propre tête, tout était si loin, épinglé sur le mur lointain de la connaissance, la distance entre les choses à venir et lui était immense et ne cessait d'augmenter. Il sentit l'air froid derrière ses oreilles et le long de son cou".

   ↓

critique par Aifelle




* * *



Etape avant un nouveau départ
Note :

   Faisant confiance à Aifelle, Ron Carlson et Gallmeister (un trio de valeurs sûres), j'ai plongé dans les 258 pages d'une histoire d'amitié virile, au plein cœur de l'Idaho.
   Au bord d'un canyon vertigineux, trois hommes doivent venir à bout d'un chantier, au cours de l'été. Darwin Gallegos vient de perdre sa femme, Arthur Key a quitté la Californie après le décès de son frère, et Ronnie Panelli fuit un destin trop bien tracé de petit voleur. Trois générations, qui vont être soudées dans un boulot commun, physique, unis par un même amour du travail bien fait et fignolé.
   
   Il ne semble pas se passer grand chose, là, au milieu de la sauge et des lapins, à engloutir de pantagruéliques petits déjeuners et sandwiches, mais l'amitié se crée puis grandit entre ces trois types, le taciturne Arthur se raconte un peu, Ronnie acquiert de la confiance en soi et de la fierté. Quelques sorties "en ville" (enfin, si on peut appeler ça une ville...) seront l'occasion de quitter un chantier dont l'avancée est décrite minutieusement, comme une image du côté perfectionniste du trio. Même si tout visualiser m'a paru difficile.
   
   Ron Carlson impose son rythme, insidieusement ces trois là deviennent fort attachants, et on espère qu'à la fin du chantier chacun sera "prêt pour l'étape suivante".
   
   Un beau roman que je recommande chaudement!
   ↓

critique par Keisha




* * *



Projet commun
Note :

   Une histoire d'hommes comme je les aime!
   
    Idaho. Trois hommes entreprennent un mystérieux chantier au dessus d'un canyon.
   
   Tous trois sont des cabossés de la vie et représentent des hommes à trois âges de la vie, ainsi que leurs douleurs respectives.
   
   On comprend peu à peu l'origine de leurs malheurs, tout comme se dévoile petit à petit la folle entreprise qui les relie dans ce bout du monde. Un ailleurs où laisser le passé et les erreurs de côté, où se retrouver, où se reconstruire.
   
   La partie purement technique de ce roman (ce sont des hommes qui construisent quelque chose, mais quoi?) rebutera peut-être certains lecteurs(trices)... quant aux autres, s'ils aiment les histoires d'hommes, les histoires où les sentiments humains les plus forts (amour, haine, culpabilité) sont intrinsèquement liés aux lieux qui les entourent, alors ces trois-là les feront vibrer, rire et pleurer c'est sûr.
    ↓

critique par Petit Sachem




* * *



Amitié virile
Note :

   "Il faisait frais en ce début d'après-midi, et bientôt arriverait la fin de la journée, puis le soir tomberait sur le plateau. Il contempla l'horizon vers l'ouest, comme il le ferait vingt fois par jour pendant les deux mois qu'il passerait ici, et il vit les grands replis des montagnes lointaines et au beau milieu, les cônes préhistoriques, dans un ciel d'un bleu laiteux. Le ciel ici était partout, mais ce n'était jamais le même ciel, et il s'y tenait debout. Ronnie avait maintenant la scie circulaire dans la main et l'air résonnait de la vibration aigüe de la lame métallique qui traversait le bois en trillant".
   
   Trois hommes sur un chantier grandiose, attelés à la réalisation d'un projet fou. Trois hommes réunis par hasard, qui vont apprendre à se connaître pendant les deux mois que durera le chantier.
   
   D'abord Darwin, le contremaître qui a recruté les deux autres, en colère depuis la mort brutale de sa femme, il a quitté sa maison et se consacre à ce projet, isolé loin de tout et de tous.
   
   Puis Arthur, lui aussi a eu une bonne raison de tout plaquer. Depuis plusieurs mois, il erre de chantier en chantier, pourquoi pas celui-là, même s'il estime que c'est un mauvais projet.
   
   Et enfin Ronnie, le plus jeune de la bande, petit voleur sans envergure, qui n'a guère le choix qu'entre la prison ou le travail dans cet endroit où personne ne viendra le chercher.
   
   Une histoire d'amitié virile, se déroulant sur un chantier, ce n'était pas gagné d'avance et pourtant quel coup de cœur! J'ai été embarquée immédiatement dans ce coin suspendu entre ciel et terre, suivant pas-à-pas les progrès des travaux. Comme dans "le signal" l'auteur fait preuve d'un formidable talent pour décrire la nature et l'évolution des relations entre les trois hommes. Progressivement, une forte amitié va s'installer entre eux. C'est d'une grande finesse et d'une humanité discrètement présente.
   
   Les descriptions du chantier sont très visuelles, le canyon vertigineux, la rivière en bas, l'horizon illimité, l'aube dans la solitude, au cœur des montagnes de l'Idaho. Je retiens un passage particulièrement réussi, où Diff, le financeur du projet, emmène les trois hommes à une partie de pêche au fin fond du canyon.
   
   Il y aura des rencontres qui se feront pour certains, ils seront confrontés à des difficultés imprévues, les travaux ne plaisent pas à tout le monde dans le secteur, mais l'intérêt du roman, c'est surtout l'amitié entre les trois hommes qui s'approfondit de jour en jour, les aidant à surmonter leurs propres problèmes. S'il ne se passe pas de grands évènements pendant ces deux mois, les dernières pages réservent un final inexorable.
   
   "Darwin toucha la tasse de Key avec la sienne et but une gorgée. Les deux hommes restèrent dans les ténèbres muettes. La rivière n'était plus qu'un murmure et le ciel continuait à se peupler d'étoiles. Silencieux sur la mesa embaumant la sauge, ils sentaient la chaleur du whisky dans leur gorge, et pour Key, le silence paraissait une sorte d'équilibre entre une chose et la suivante, un pivot en quelque sorte, aussi solide et important que le poids qui l'accablait. Dans tous les coins du ciel nocturne rempli d'illusions, des satellites fusaient et d'autres lumières se déplaçaient par intermittence. Pendant un moment Key y vit l'image de ce qui se passait dans sa propre tête, tout était si loin, épinglé sur le mur lointain de la connaissance, la distance entre les choses à venir et lui était immense et ne cessait d'augmenter. Il sentit l'air froid derrière ses oreilles et le long de son cou".

critique par Aifelle




* * *