Lecture / Ecriture
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Goodbye, Colombus de Philip Roth

Philip Roth
  La bête qui meurt
  Opération Shylock
  Goodbye, Colombus
  L'écrivain des ombres
  J'ai épousé un communiste
  Le complot contre l’Amérique
  Pastorale américaine
  Le sein
  La tache
  Tricard Dixon et ses copains
  Portnoy et son complexe
  Un homme
  Exit le fantôme
  Indignation
  Le rabaissement
  Le Théâtre de Sabbath
  Némésis
  L'habit ne fait pas le moine
  Les Faits, Autobiographie d'un romancier

Auteur des mois d'août et de septembre 2006

Philip Roth est né en 1933 à Newark, dans le New Jersey. Il a été enseignant en littérature à l'université de Pennsylvanie, mais dès son premier livre, "Goodbye, Colombus" un recueil de nouvelles de 1959, il connaît le succès en tant qu'écrivain.

Beaucoup de ses livres ont déjà été récompensés:
En 1960, le National Book Award pour "Goodbye Colombus" et en 1995, pour "Le théâtre de Sabbath"
En 1987, le National Book critics circle Award pour "La contrevie" et en 1992 pour "Patrimoine"
Puis le Pen Faulkner Award pour "Opération Shylock" et pour "La tache"
Tandis que "Pastorale américaine" recevait le Prix Pulitzer aux USA et le Prix du Meilleur livre étranger, en France


Philip Roth n'est pourtant pas un auteur exempt de controverses, comme vous le montreront les nombreuses fiches présentes sur ce site.

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Goodbye, Colombus - Philip Roth

L’Amérique, les juifs.
Note :

   « Goodbye, Colombus » est la première parution de Philip Roth, en 1962. Six nouvelles dont le fil directeur est la relation Juifs américains/Amérique.
   Drames, actes jusqu’au boutiste ou simples incidents, tous parlent de cette relation.
   
   Dans la première, éponyme, Neil Klugman, jeune juif américain, va essuyer bien des déboires dans la relation qu’il noue avec Brenda, archétype de la WASP bien sous tous rapports. Cela dit, un non-juif tout aussi américain, aurait eu lui aussi de bonnes chances de «déboirer» ! Brenda est ainsi faite … !
    «La première fois que je vis Brenda, elle me demanda de tenir ses lunettes. Puis elle avança jusqu’à l’extrémité du plongeoir et jeta un regard brumeux dans la piscine ; celle-ci aurait pu être à sec que la myope Brenda ne s’en serait pas aperçue. Elle fit un magnifique plongeon ; quelques instants plus tard, elle regagnait le bord, la tête aux cheveux auburn coupés très court, tendue, très droite, comme une rose au bout d’une longue tige. Elle glissa jusqu’au bord, puis remonta près de moi : « Merci », dit-elle, les yeux humides – bien que l’eau de la piscine n’y fut pour rien. Elle tendit une main pour récupérer ses lunettes, mais elle ne les mit sur son nez qu’une fois le dos tourné. Je la regardai s’éloigner. Ses mains apparurent soudain derrière son dos. Elle attrapa le fond de son maillot de bain entre le pouce et l’index et en recouvrit les parties de son corps qui eussent normalement dû être cachés. Mon sang ne fit qu’un tour.»
   
   Dans la seconde ; «Conversion des juifs», il est question d’apprentissage religieux d’un petit garçon, bien douloureux, au point de mettre sa propre vie en balance pour faire plier le rabbin instructeur. Pas tout à fait une pochade comme la présente la 4ème de couverture qui parle «d’une espièglerie d’enfant » !
   
   « Défenseur de la foi » est plus anodin, même si la conclusion bouleverse là aussi le destin d’un homme.
   
   « Epstein » est une histoire qui transcende largement l’aspect juif de la question. C’est plus largement une femme qui s’aperçoit de l’infidélité de son mari via une irritation mal placée. C’est parfaitement traité, dans les flux et les reflux des sentiments qui traversent cette femme.
   
   « L’habit ne fait pas le moine », toujours histoire d’un étudiant américain, juif, qui se trompe sur une fréquentation d’Université. Il ne choisit pas le bon cheval !
   
   Enfin, « Eli le fanatique » exploite plus complètement la caractéristique « juive ». A vrai dire, sans cette caractéristique, il n’y aurait pas d’histoire. Eli, l’avocat, est comme envoûté par «le type au chapeau» qui impressionne tant les habitants de la bourgade où s’est installée une école juive. Ca finira mal, très mal. Il y a comme un parfum de Kafka et sa «Métamorphose» dans ce «Eli le fanatique».
   
   Ces 6 nouvelles nous parlent d’un temps passé, mais de sentiments, de situations intemporels. Philip Roth prenait déja date.
    ↓

critique par Tistou




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Une bonne dose de narcissisme!
Note :

    Résumé
   "Goodbye Columbus est l’histoire de Neil Klugman et de la jolie Brenda Patimkin. Il vient des quartiers pauvres de Newark. Elle vient des banlieues riches de Short Hills. Ils se rencontrent durant les vacances et plongent dans une relation basée autant sur les classes sociales et la suspicion que sur l’amour. "
   
   Commentaire
    Je suis bizarre, parfois. Bizarre en ce sens que je n’ai aucune idée de la raison pour laquelle j’ai choisi de commencer à lire Philip Roth (auteur qui me fait un peu peur) avec ce livre, des nouvelles en plus. Parce que bon, si "Goodbye, Columbus" est une novella, elle est accompagnée dans mon recueil par 5 autres nouvelles plus ou moins longues. Et j’ai toujours du mal à parler des nouvelles. Alors je ne promets pas d’être réellement cohérente!
   
   En fait, je n’ai pas détesté mais je n’ai pas été transportée non plus. J’ai nettement préféré "Goodbye, Columbus" aux autres textes, d’ailleurs. Dans celui-ci, racontée au "je" par Neil, on nous raconte l’histoire de celui-ci et de Brenda, tous deux d’ascendance juive, en Amérique, séparés par les classes sociales et ne sachant pas réellement comment se définir l’un par rapport à l’autre mais aussi par rapport à eux-mêmes. Ils découvrent l’amour, qu’ils croient le vrai. Tout ça est raconté par Neil, un peu désabusé, qui ne sait pas trop où il s’en va dans la vie, qui se doute de ce qu’il ne veut pas faire mais qui ne sait pas trop ce qu’il veut. L’histoire d’un été, d’un amour. Sans abus de guimauve et avec une bonne dose de narcissisme!!
   
   Les autres nouvelles traitent toutes de l’identité juive, aux États-Unis, après la seconde guerre mondiale. Le livre a été écrit en 1959 et l’auteur explore la relation trouble des juifs américains face à leurs origines, à la nécessité (ou pas) de se fondre dans la masse, dans le mode de vie américain. On ressent un questionnement certain face à l’intégrisme, face à l’attitude de certains (le soldat qui tente de profiter de son statut de juif dans "Defender of the faith" m’a réellement, réellement, tapé sur les nerfs, ce qui était probablement le but) et une certaine ambivalence, une recherche identitaire. Ça m’a plu sans m’éblouir car même si les questionnements sont intéressants mis dans le contexte et l’époque, ils sont quand même éloignés de ma réalité et j’ai dû faire un effort pour m’y impliquer. Je lirai certainement autre chose de l’auteur (même si je ne sais absolument pas quoi) dont c’était la première publication.

critique par Karine




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