Lecture / Ecriture
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Profanes de Jeanne Benameur

Jeanne Benameur
  Un jour mes princes sont venus
  Les demeurées
  Laver les ombres
  Les insurrections singulières
  Profanes
  Otages intimes
  L'enfant qui

Jeanne Benameur est une écrivaine française née en 1952.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Profanes - Jeanne Benameur

Encore!
Note :

   A 92 ans, Octave Lassale vit seul dans une grande demeure. Il sait qu'il "s'embarque pour la partie de sa vie la plus précieuse, celle où chaque instant compte, vraiment."
   
    Pour l'aider dans cet accompagnement, il recrute minutieusement quatre personnes, 3 femmes et un homme, qui se relaieront chez lui 24 heures sur 24.
   
    Il était un chirurgien du cœur, des vies, il en a sauvé, comme un devoir sacré, comme une religion.
    Et puis le drame, la mort de sa fille Claire, qu'il n'a pas voulu opérer comme il n'a pas pu empêcher sa femme de le quitter et de le haïr.
   
    Elle lui a fait payer cher sa défection, elle qui était portée par la foi.
   
    La vie d'Octave est devenue une plaie béante, une fêlure qui n'en finit plus.
   
    Pour l'aider à partir apaisé et retrouver sa fille comme jamais il n'a pu la comprendre, il compte sur son "équipe", chacun choisi avec soin précisément et porte son histoire unique et douloureuse et sa fragilité aussi.
   
    A la recherche d'une rédemption, ils vont se connaître et poursuivre des chemins qui désormais vont se croiser.
   
    Ensemble, ils vont donner et comprendre que la seule religion qui compte c'est celle qui croit en l'homme et en son humanité.
   
    Un livre dont les mots illuminent la quête de ces personnages au bord de tous les abîmes.
   
    On retrouve la plume délicate et efficace de Jeanne Bennameur, message sublime pour la vie.
   
    Certainement un livre à relire encore.
   
   
   Grand Prix RTL-LIRE 2013
   ↓

critique par Marie de La page déchirée




* * *



Fin de vie
Note :

   "Les quatre que j’ai choisis sont des humains comme moi. Le frottement de nos vies les unes contre les autres, c’est à ça que je crois".
   

   Octave Lassale, ancien chirurgien, s’apprête à vivre les dernières années de sa vie. En effet, âgé de 90 ans, il sait qu’il est dans la dernière ligne droite. Il décide de s’accompagner de quatre personnes, qui vivront avec lui et dédie à chacun d’entre eux une chambre dans son immense maison. Pour ce faire, il a passé une petite annonce. Et recruté trois femmes et un homme, qu’il appellera monsieur, madame ou mademoiselle comme il le fait avec madame Lemaire, sa gouvernante, une perle qui s’occupe de la maison depuis des années et qui ne voit pas d’un très bon œil le fait de faire rentrer quatre inconnus dans la bergerie! Il les accueille ensemble le premier jour car il se dit qu’ils seront sans doute amenés à se passer les uns aux autres le traitement qu’il sera obligé de suivre, le plus tard possible car "il est rare qu’on y échappe avec le grand âge. Il vous faudra alors communiquer les uns avec les autres".
   
   Chacun aura une tranche horaire bien précise. Sa journée commencera avec Marc Mazetti, l’homme du matin, qui s’occupera de lui dès 7 heures le matin avec rasage à l’ancienne et entretien du jardin. Puis déjeuner en solitaire avec un livre (car la lecture occupe une grande place dans la vie de ce nonagénaire) ensuite Hélène Avèle prendra le relais de 14 à 18 heures. Peintre de son état, elle vient y réaliser une commande qu’il lui a passée. Excellente lectrice, elle lui fera aussi la lecture de la presse car il aime se tenir au courant de ce qui se passe dans le monde... Ensuite Yolande Grange prendra le relais de 18 à 22 heures et préparera son dîner. Jusqu’à présent, c’était sa gouvernante madame Lemaire qui s’occupait de le faire mais il la libère de cette tâche. Yolande s’occupera aussi de faire du tri dans la maison… Enfin Béatrice Benoit, infirmière, viendra pour la nuit, afin que quelqu’un soit présent à demeure, au cas où…
   
   J’ai beaucoup aimé le "pitch" de ce roman, c'est-à-dire cette idée de réunir plusieurs personnages autour d’un vieil homme et d’imaginer les liens qui pourraient se tisser entre eux. Bien que les pages, certaines plutôt belles, se tournent très vite, j’ai tout de même été déçue car on m’en avait dit énormément de bien et je m’attendais à mieux. J’ai trouvé que la fin arrivait trop vite, que la romancière aurait pu aller beaucoup plus loin et que certaines choses étaient un peu "faciles". Mais sans doute parce que je lis beaucoup et que je n’ai pas été surprise par le dénouement ou les différentes relations qui se nouent.
   
   Une lecture agréable et intéressante donc mais en deçà de mes attentes. Je n’ai pas ressenti l’intense émotion de certaines de mes amies à la lecture de ce livre.
    ↓

critique par Éléonore W.




* * *



A lire absolument !
Note :

   "Elle a besoin ce soir de s'appuyer à l'humanité discrète et forte de ceux qui lisent. Elle s'attarde à observer l'un ou l'autre, debout, plongé dans la lecture qui l'emporte, le corps encore posé là, devant la table ou les étagères, et déjà hors du monde. Elle les dessine dans sa tête, attend de se fondre peu à peu dans cette drôle de famille, de sentir qu'elle fait aussi complètement partie du navire silencieux et rêveur. Alors ça ira. Il faut qu'elle soit reliée au monde de cette façon avant de retourner à la demande d'Octave Lassalle. Au bouleversement qu'elle pressent."
   

   Octave Lassalle est un vieux monsieur de 90 ans, ancien chirurgien du cœur, retiré depuis longtemps. Sentant ses forces décliner, il anticipe l'aide dont il aura besoin et recrute quatre personnes, trois femmes et un homme, qui constitueront une équipe veillant jour et nuit à son bien-être. Chacun interviendra pour des tâches précises, dans une tranche horaire déterminée. Ils disposent tous d'une chambre au deuxième étage, libre à eux d'en disposer ou pas.
   
   Au terme de sa vie, Octave Lassalle a besoin de creuser une vieille blessure inguérissable, la mort de sa fille Claire suivie du départ de sa femme, dont il a envié la foi, sans pouvoir la comprendre ni la partager. Ces quatre personnes si dissemblables vont tisser autour de lui un filet de liens, réinjectant de la vie là où elle était bloquée. Leur propre part d'ombre va venir en écho à celle d'Octave Lassalle, obligeant chacun à aller un peu plus loin dans une problématique personnelle. Avec beaucoup de subtilité, l'auteur nous fait pénétrer l'intimité des ces femmes et de cet homme, en gardant leur part de mystère intact.
   
   Ce roman est un questionnement permanent sur le sens de la vie, la vérité que nous croyons connaître et qui se dérobe, en révélant une plus cachée, sur la foi, la spiritualité et explore la possibilité pour les hommes d'aller puiser le meilleur en eux, s'il en ont vraiment le désir.
   
   Comme toujours avec Jeanne Benameur, je me suis retrouvée ficelée, captive, emportée par la beauté de l'écriture, de l'histoire, de la fluidité du texte. Et j'ai ressenti une immense tendresse pour les personnages, en particulier le vieux monsieur, affrontant la douleur avec tant de dignité. Un être humain debout.
   
   "Maintenant il marche lentement. Il chasse tout de sa tête. Il voudrait juste être dans la douceur du jardin. Les fleurs se sont emplies de chaleur toute la journée. C'est le moment où elles exhalent leur parfum. Fort. Juste avant la nuit. C'est ce moment qui lui convient".

   
   A lire absolument.
   ↓

critique par Aifelle




* * *



Emprise molle
Note :

   Octave Lassalle est un ancien chirurgien qui vit seul, hanté par la mort de sa fille ; ce jour là, il aurait pu la sauver dans son bloc, mais sa main d’habitude si sûre a failli. Sa femme ne lui a jamais pardonné son hésitation et a quitté le pays, le laissant seul avec ses remords. Arrivé au crépuscule de sa vie, il décide de s’entourer de 4 personnes qui se relaient à ses côtés pour l’accompagner au quotidien, jour et nuit. Ces trois femmes et cet homme souffrent eux aussi de blessures anciennes qui les engluent dans le passé. Ensemble et jour après jour, ces âmes meurtries retrouvent un second souffle et le vieil homme, dans un dernier élan de vie, parvient enfin à se tourner vers l’avenir.
   
   L’écriture est belle, d’ailleurs on ne peut pas s’attendre à autre chose de la part d’un roman publié chez Actes Sud. Mais pour je ne sais quelle obscure raison, j’ai peiné à lire ce roman. Tout est lenteur et suggestion, souvenirs et flous artistiques… ça a glissé sur moi, il ne m’en reste rien d’autre qu’une impression d’être restée sur ma faim, je ne peux pas en dire plus…
    ↓

critique par La Dame




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Un poème ou un concerto
Note :

   Un homme, ancien chirurgien cardiaque, arrive à l'aube de la fin de sa vie. Divorcé, vivant seul dans une immense maison, il décide d'engager quatre personnes qui l'accompagneraient et l'aideraient dans certaines de ses tâches quotidiennes.
   
   Plus qu'une cohabitation, c'est une véritable rencontre qui se fait entre les cinq protagonistes du roman qui se lient alors autour de leur passé et encore plus de leur présent commun. Chacun, à travers le vieil homme, se reconnaît et se reconstruit suite à des évènements personnels forts. Petit à petit, chacun se fraye un chemin vers le bonheur à travers des petites joies, de simples gestes, des plaisirs fugaces.
   
   Si l'histoire est par elle-même très belle, l'écriture est magnifique. Empreinte d'une musicalité lente mais sonnante, nous sommes emportés par le flot des émotions des personnages à l'image d'un poème ou d'un concerto. Les mots résonnent alors en nous, nous laissant envahis d'une paix et d'une sérénité forte.
   
   Ce roman est vraiment une merveille que je vous conseille de ne surtout pas laisser passer. Cette œuvre est magistrale et il est certain que l'on n'en ressort pas indemne.
   
   Afin de finir cet article en beauté, voici l'une de ces petites phrases magiques : "L'amour, on ne devrait jamais l'enfermer, ni dans les bouches, ni dans les cœurs. C'est trop vaste."

critique par Pauline




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