Lecture / Ecriture
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Le lapin blanc de Nino Treusch

Nino Treusch
  Le lapin blanc

Le lapin blanc - Nino Treusch

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Note :

   Un auteur que je ne connais pas, une maison d'éditions qui m'était inconnue, un roman qui m’emmène de Munich à Shanghai en passant par Mumbai aux Indes, qui ne seront guère
    galantes!
   
   Un homme enfoui sous des gravats tente de sauver sa peau... pourquoi est-il si proche d'une mort particulièrement horrible?
   
   Jan Tes travaille dans la finance, mais comme il dit "Il veut occuper son temps plus intelligemment". Une opportunité se présente : un poste très important basé à Munich chez un fabricant de téléphones portables, branche pleine d'avenir s'il en est. Mais les méthodes de travail sont un peu surprenantes... Jan a l'impression d'être un intrus, le chaos semble régner durant les réunions dont les horaires sont pour le moins peu respectés. Après une visite à l'usine de Lyon, sa première mission est de démanteler les outils de fabriques et de recherches de la société basée en Inde et de veiller à ce que cela coûte le moins d'argent possible, même si l'opération lui semble pour le moins très peu rentable et aller à contre-courant de la logique industrielle. Les ouvriers laissés sur le carreau sont quantité négligeable bien sûr.
   Mais une phrase entendue au détour d'une porte lui revient en mémoire :
   Ils vont tous mourir!
   
   Un ingénieur licencié semble trouver que c'est sûrement ce qui va se passer! Et ce cadre est retrouvé mort au pied de son escalier. Alors Jan sait que pour lui le constat est simple, si c'est vrai, son existence ne vaut pas plus que celle du simple balayeur de l'usine, sauf qu'il sera nécessaire d'y mettre un minimum de forme... Mais à son retour en Allemagne, les explications de sa direction paraissent plausibles et le travail reprend et avec lui un tourbillon de voyages d'affaires en étroite collaboration avec un des pontes de l'entreprise...
   
   Enfin c'est que qui était prévu au départ, la Chine et Shanghai, mais pour certains, ce voyage sera le dernier!
   Mais "The Show must go on"ou alors 'Time is money".
   
   Jan Tes veut changer de vie trouvant la sienne trop étriquée... le proverbe dit "On sait ce que l'on perd, mais pas ce que l'on gagne" ; il va l'apprendre à ses dépens! Dans cette histoire, c'est lui qui prend les décisions, ses supérieurs semblent lui laisser gouverner le navire, mais que sait-il réellement de ce qui se trame dans son dos. Car il se rend vite compte que plusieurs actes et paroles sont pour le moins contradictoires. Et que même si l'accueil qui lui a été réservé est somme toute normal, il n'a pas les coudées franches. Julia son épouse et Andréas, un de ses amis cherchent la vérité, est-elle dans un ordinateur volé en Inde dont il faut forcer le code? Des membres de la multinationale, Lee et Kluge sont au sommet. Puis d'autres, prêts à tout pour grimper dans la hiérarchie, Sonia Krittel par exemple, jeune et belle allemande, Kroeger, lui, est chef de la sécurité, sa démission rapide est une surprise, tout un escadron de sous-fifres hante les étages du pouvoir. Jasmine, une policière chinoise, jeune femme de pouvoir qu'il est préférable de ne pas contrarier. On sent derrière chaque acte des cadres de cette multinationale une seule et même obsession : faire gagner de l'argent au groupe, par la même occasion écraser quelques têtes pour prendre leur place et juste récompense, obtenir un salaire et un poste plus avantageux!
   
   Je vais faire mon vieux pénible, mais cet état de choses me fait gerber... La lutte sournoise que se livre les états pour la domination du marché mondial n'est guère plus recommandable.
   Politiques et trusts vont la main dans la main... et que les pays pauvres crèvent de misère ou sont transformés en cobayes!
   
   Un bon roman d'action qui raconte sans fioriture le cynisme des classes dirigeantes, un petit défaut à mon goût, il est un peu long et la fin n'est pas à la hauteur du reste!
   
   Déjà qu'entre mon portable et moi, ce n'était pas le grand amour... mais maintenant c'est encore pire.
   
   Une phrase m'a particulièrement interpellé dans ce livre :
   "-Il est intéressant de constater que plus le pouvoir d'achat est faible, plus le besoin d'avoir un portable est grand."
   J'ignorais que j'étais si riche que cela!
   
   Extraits :
   
   - Jan incarnait pleinement l'illusion du capitalisme moderne.
   
   - Comme premier boulot, il allait devoir licencier plus de 200 personnes. Alléluia!
   
   - Mais c'était quoi, ce truc? Un mélange de Viagra et de coca?
   
   - Il ne lui manquait plus que ça, une jeune arriviste qui comptait moins que zéro mais qui voulait faire rapidement carrière.
   
   - "Je rêve" songea à Jan. Que racontait ce type? Le véritable motif de la fermeture?
   
   - Jusqu'à présent, on a plus embauché que licencié. Surtout en Inde.
   
   - Quand j'entrevois la possibilité d'améliorer la rentabilité de l'entreprise, j'ai essayé d'agir le plus rapidement possible.
   
   - Elle détestait les représentants du consulat américain. En fait, la majorité des fonctionnaires étrangers à qui elle avait eu affaire, les dernières années, l'insupportaient.
   
   - Il considérait la Chine avec une telle arrogance. Et ils ne savaient rien.
   
   - Et les gens sont ravis! On n'est même plus capable d'imaginer comment on vivait il y a quinze ans.
   
   - "Le café, les téléphones portables et les prothèses mammaires se voient absous par la formule consacrée, en l'absence de preuves avérées, de pouvoir provoquer le cancer."

   
   
   Titre original : Il Coniglio Bianco (2010)

critique par Eireann Yvon




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