Lecture / Ecriture
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L'ivresse du kangourou de Kenneth Cook

Kenneth Cook
  Cinq matins de trop
  Le koala tueur et autres histoires du bush
  Par-dessus bord
  A coups redoublés
  L'ivresse du kangourou
  La vengeance du wombat et autres histoires du bush
  Téléviré
  Le Blues du Troglodyte

Kenneth Cook est un journaliste, réalisateur, scénariste et écrivain australien né en 1929, et décédé d'une crise cardiaque en 1987.

L'ivresse du kangourou - Kenneth Cook

Vous voulez des nouvelles d(e l)'Australie ?
Note :

   "Comme la plupart des écrivains, j'oscille en permanence entre la cupidité et la lâcheté."
   
   Partager un abri avec un rat mangeur d'homme (ou presque), suivre à la nage un chien qui se dirige avec ardeur vers le lointain, essayer de ramener à la raison et à la maison un kangourou Grand Roux alcoolique et violent, voici quelques unes des mésaventures où Kenneth Cook se met en scène avec son habituel sens de l'autodérision!
   
   Il le dit lui même, il le sait, mais il s'obstine à prendre les mauvaises décisions! Entre lézards à collerettes volants et bouseux qui lui enfoncent le canon de leur fusil dans le ventre, il arrive finalement mieux à s'en sortir qu'avec les lettrés : "Quand mais ô quand, vais-je apprendre à ne JAMAIS entreprendre quoi que ce soit avec des universitaires? " Auraient-ils des idées plus tordues qu'un aborigène dont les orteils possèdent à eux seuls un véritable langage? Ou qu'un cow-boy placide et farouchement anti-paris? Certainement!
   
   On entre de plain-pied et avec une grande familiarité dans l'univers de Cook, un univers que n'auraient pas renié les Marx Brothers tant l'auteur a le sens du comique visuel. Sa description du restaurant panoramique (sans panorama!) tournant est tout simplement à hurler de rire et je voyais vraiment le film se dérouler! Un livre qui m'a fait rire aux éclats* quasiment à chaque texte et qui est un véritable chasse-grisaille!
   
   * Et ça m'arrive rarement!
    ↓

critique par Cathulu




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Des hommes et des bêtes
Note :

   J’ai découvert cet auteur australien il y a quelques années avec "5 matins de trop" que j’avais beaucoup aimé. Depuis je suis bon an mal an les nouvelles éditions de son œuvre, sachant qu’il est décédé il y a très longtemps.
   
   Recueil de quatorze nouvelles aussi déjantées les unes que les autres de Kenneth Cook. La plupart se passent dans le bush australien mais aussi dans la baie de Sydney.
   
   Le personnage principal de ces nouvelles est un petit randonneur replet amateur de whisky et de bon vin, narrateur et auteur. On le retrouve donc aux prises avec un kangourou alcoolique, animal de compagnie d'un de ses voisins. Ce kangourou avait découvert dans une mare pas loin de chez lui des restes de houblon qui servaient à faire la bière et s'en délectait à n'en plus pouvoir.
   
   Un autre texte nous parle d’un sport absolument incompréhensible pour un esprit autre qu’anglo-saxon : le cricket ! Ici il s’agit d'un joueur que l'on paye pour ne pas jouer justement car les trajets de ses balles sont beaucoup trop vicieux pour n'importe quel receveur.
   
   Dans"Méfiez-vous des bénévoles", il nous narre ses mésaventures nautiques. Il a acheté un bateau. De très bonne qualité à première vue, mais beaucoup moins à l’usage. Il est parti avec quelques-uns de ses amis se promener en baie de Sydney. En perdition il rencontre un canot de sauvetage composé de bénévoles, qui sont très à cheval sur le règlement. Donc tout ça se passe très mal.
   
   Il se passe des trucs bizarres dans le bush australien, l’auteur a racheté le plan d'un filon perdu, filon qui contient des tonnes d’or ; mais il faut le retrouver et donc faire attention aux mauvaises rencontres : d'énormes chiens hostiles qui feraient passer celui de Baskerville pour un aimable roquet nain ! Où également une espèce de chat mutant qui arrive à foutre la pâtée au représentant de la race canine !
   
   Quand vous faites de bonnes actions, par exemple, pour une de vos amies vous promenez son chien sur une plage. Il faut toujours se méfier des réactions de celui-ci, sinon encore une fois vous serez obligé d’appeler les secours à votre aide ! Mais heureusement que sur cette plage il y a des sauveteurs. Par contre c’est toute honte bue que vous retournerez rendre le monstre à sa propriétaire !
   
   Toujours épicurien, notre narrateur est parti pour une longue randonnée dans les montagnes un jour de grosse tempête de neige. Mais il a trouvé refuge dans une cabane. Il avait emmené comme d'habitude ses sandwiches, sa réserve de whisky, de vin et donc tout allait bien. Passer quelques heures à boire et à manger n'était pas déplaisant, sauf que dans ce refuge, il y avait aussi un rat qui allait lui pourrir la vie.
   
   Des personnages aussi délirants que les animaux croisés au hasard de ces pages hilarantes ! Un pilote d’avion qui a horreur des reptiles… pas de chance un de ses passagers a une valise pleine de lézards à collerettes. Et le bagage s’ouvrit ! Un roi du rodéo, mais qui dans sa grande sagesse ne parie jamais, sagesse des Aborigènes dans "Des souris et des taupes", un restaurateur qui invente le restaurant panoramique tournant, sauf que la salle n’a pas de fenêtre et que la roue va trop vite !
   Une universitaire cherchant un œuf d’autruche, pas si facile qu’il en a l’air ! Un champion du bras de fer aux blagues ridicules qui est battu par une femme ! La blague ne l’a pas fait rire !
   C’est toujours aussi délirant loin de ses romans très noirs que je préfère, mais j’ai plus apprécié ce recueil que les précédents lus et chroniqués ici.
   
   
   Extraits :
   
   - Ce dernier, complètement remis de ses émotions, déposait les lézards dans sa valise, tout en reluquant la culotte de la fille.
   
   - Le barman et les clients me regardaient tous avec compassion. On traite toujours les excentriques avec une grande tolérance, dans ces contrées.
   
   - Mais transporter une demi-tonne de kangourou comateux n'est pas une mince affaire et nous avons dû recourir à un cheval de trait.
   
   - Le kangourou finit par s'arrêter devant un pub, comme si son instinct lui disait qu'il y trouverait à boire.
   
   - Il était généralement admis qu'il existait sans doute, dans ce vaste monde, un cheval qu'Harry ne pouvait pas monter, mais que leurs chemins ne s'étaient jamais croisés.
   
   - On commenta beaucoup le fait qu'il n'y avait que lui pour ouvrir un restaurant panoramique sans panorama.
   
   - Je ne suis pas un homme aux opinions très arrêtées, mais il m'arrive à l'occasion d'être déterminé. C'était une de ces occasions.
   
   - Il était très vieux, sans doute un de ces Aborigènes qui fêteront leur cent cinquantième anniversaire dans l'année mais qui font à peine leurs cent trente ans.
   
   - Je vous signale au passage que le prénom de Joe est Jurendabllindraltului, mais que tout le monde l'appelle Joe pour des raisons sur lesquelles il me semble inutile de s'attarder.
   

   Titre original : Frill-Necked Frenzy (1997)
   *Et autres histoires du bush.

critique par Eireann Yvon




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