Lecture / Ecriture
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Plonger de Christophe Ono-Dit-Biot

Christophe Ono-Dit-Biot
  Birmane
  Plonger

Christophe Ono-dit-Biot est un journaliste (Le Point) et écrivain français né en 1975 au Havre.

Plonger - Christophe Ono-Dit-Biot

Roman sur un couple parisien
Note :

   Grand Prix du roman de l'Académie française 2013
   
   Il l’avait rencontrée dans une épicerie du XIVe, à minuit, elle ne l’avait pas remarqué. Il n’a de cesse de la retrouver, Paz l’Asturienne, photographe, fantasque. Cette idylle commencée sous les meilleurs auspices et finie dans le drame, le narrateur se doit de la raconter à leur fils Hector.
   
    Reconnue, adulée, Paz rêve de partir, voyager hors des frontières de la vieille Europe. Lui, le journaliste qui a couvert les conflits les plus durs de la planète ne veut plus les franchir. L’incompréhension prend le pas sur la passion. Paz le quitte après la naissance de leur fils, le laissant désemparé, sans nouvelles jusqu’au jour où on lui demande de venir reconnaître un corps de femme retrouvé sur une plage du Moyen-Orient, un site de plongée.
   
   Un roman sur le couple, dans le milieu parisien des galeries d’art, sur l’usure de l’amour, la fuite comme seule échappatoire. Des éléments autobiographiques s’insèrent dans cette fiction ne serait-ce que la profession du narrateur, grand journaliste, et écrivain. Refaire le chemin inverse pour démêler les fils qui ont mené à la faillite amoureuse, une nécessité avant de retrouver celle qui a choisi la liberté.
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critique par Michelle




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Plutôt convenu
Note :

   "Plonger", le dernier livre de Christophe Ono Dit-Biot a été consacré par le Grand Prix du Roman de l'Académie Française.
   
   L'auteur raconte (ou se raconte) l'histoire (ou son histoire), d'un jeune journaliste critique littéraire reconnu, très parisien et bobo, César, qui tombe amoureux fou d'une jeune espagnole Paz, artiste photographe.
   
   Alors que César lassé et usé d'avoir parcouru le monde pour couvrir guerres et conflits, n'aspire qu'à vivre tranquillement en Europe, Paz étouffe dans le moindre carcan et ne souhaite que départs nouveaux et lointains.
   
   Une plongée dans l'amour fou et absolu entre une femme aux fêlures extrêmes qui sans cesse s'échappe, fuit et se perd avec volonté et un homme qui essaie, même au prix d'un enfant, de la retenir.
   
   Attirée et fascinée par les eaux profondes et les requins qui y vivent, Paz rejette tout y compris la gloire, pour disparaître au bout du monde au plus près de ces monstres silencieux.
   
   Une bonne description des sociétés en déliquescence, une analyse très juste des conflits politiques et économiques avec l'influence souvent néfaste des puissances dites civilisées et le passage obligé dans ces soirées mondaines où il faut être vu, donnent à ce roman un côté réaliste, moralisateur et people. L'auteur connaît tout ça, il sait de quoi il parle.
   
   Le roman se veut un hommage à l'amour absolu et à la transmission sur fond d'art moderne et d'expression artistique mais les personnages trop caricaturaux et les expressions trop modernes ou trop ampoulées rendent l'histoire trop prévisible au risque d'être affligeante.
   
   Dommage.
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critique par Marie de La page déchirée




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Un grand roman !
Note :

   Présentation de l'éditeur:
   
   "Ils l’ont retrouvée comme ça. Nue et morte. Sur la plage d’un pays arabe. Avec le sel qui faisait des cristaux sur sa peau. Une provocation. Une invocation. À écrire ce livre, pour toi, mon fils." (1ères phrases)
   Un homme enquête sur la femme qu’il a passionnément aimée. Elle est partie il y a plusieurs mois, pour une destination inconnue, le laissant seul avec leur petit garçon. Quand le roman s’ouvre, on l’appelle pour lui dire qu’on l’a retrouvée morte, sur une plage, près des vagues, vraisemblablement noyée, dans un pays lointain au paysage minéral qui pourrait être l’Arabie. Elle était artiste, elle s’appelait Paz. Elle était solaire, inquiète, incroyablement douée. Elle étouffait en Europe. Pour son fils, à qui il doit la vérité sur sa mère, il remonte le fil de leur amour - leur rencontre, les débuts puis l’ascension de Paz dans le monde de l’art, la naissance de l’enfant – et essaie d’élucider les raisons qui ont précipité sa fin."

   
   
   Mon avis :
   

    Je viens de refermer ce roman et je suis encore dans son monde. Lentement je reprends ma place dans mon quotidien mais mon esprit est ailleurs, avec César et Paz, leur fils Hugo et l’autre fils adoptif, Nour, le requin, avec le mystérieux Marin qu’on finit enfin par connaître et Kim, la belle rousse, la dernière amie, là-bas, au bout du monde, entre ces murailles sous-marines où tout se dénoue.
   
   J’en suis encore toute remuée, subjuguée, infiniment admirative. C’est un de ces grands romans dont je me souviendrai longtemps. Dès le début je l’ai aimé mais comme ça, surtout à cause du style qui m’a immédiatement accrochée. Quelle qu’elle soit, même immense, une histoire d’amour, finit toujours par se banaliser sauf que cette fois, ça va au-delà, il s’agit d’autre chose qui m’a semblé nouveau, merveilleux et plein d’espoir. Ce n’est ni de la science fiction, ni de la sorcellerie, c’est pourtant le sort de l’humanité qui est en question avec un peu plus de sagesse, d’humilité et de connaissances, de respect pour la nature et ses survivants. Il y est question d’amour des animaux, de connaissances scientifiques, de respect pour les enseignements des anciennes croyances, d’art surtout, la photographie, la peinture, la poésie. Le roman se termine par l’évocation d’un poème de Philippe Larkin, "Water" qui n’est d’ailleurs pas cité. Tout est incitation à aller voir ailleurs, à se documenter. Rien n’est pesant. Pourtant j’ai eu constamment envie de noter un tas de passages mais prise par le feu de la narration, je me suis abstenue. Tant pis. Il faudra le relire!
   
   Un grand, grand bonheur de lecture. Je le mets dans mon panthéon, ce roman d’amour fou, cette initiation à une autre vie, cet apaisement possible après la tristesse et la perte, cette volonté de continuer à vivre ou à survivre.
   
   "Je prends une grande inspiration.
   Je bascule.
   Je plonge." (dernières phrases)

critique par Mango




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