Lecture / Ecriture
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Heureux les heureux de Yasmina Reza

Yasmina Reza
  L'aube le soir ou la nuit
  Art
  Le dieu du carnage
  Hammerklavier
  Heureux les heureux
  Babylone

Yasmina Reza est une auteure française de théâtre, romans et scenarios, née en 1959.

Heureux les heureux - Yasmina Reza

Démonstration en dix-huit tableaux
Note :

   Ces heureux n’ont rien de vraiment heureux. Au contraire. Dans un genre nouveau pour elle, celui de la nouvelle, en dix-huit tableaux touchants et souvent féroces, Yasmina Reza fait montre une nouvelle fois de son talent protéiforme.
   
   Voici des personnages plutôt socialement bien installés dans la vie, qui ont réussi ou en présentent la plupart des apparences. Bref, des hommes et des femmes dont on pourrait penser qu’ils ont tout pour être heureux.
   
   C’est sans compter sur la maladie, la solitude, la crise identitaire, le doute qui s’emparent d’eux et les poussent vers une vie qui risque bien de présenter toutes les caractéristiques contraires de celle à laquelle ils auraient pu prétendre. On suivra ces personnages qui se croisent et s’entrecroisent au fil de ces dix-huit tableaux si bien qu’au fond, derrière ces nouvelles, se tisse l’esquisse d’un roman dont on aperçoit la trame.
   
   Le roman des illusions perdues, des vies fichues par les mauvais choix ou les circonstances. Tout cela aurait pu être profondément déprimant. C’est sans compter sur le génie caustique de l’auteur qui parvient à nos soutirer des sourires face à cette mascarade qu’est la vie humaine.
   
   Tout cela est fort bien fait, bien construit, très bien écrit mais ne laissera pas un souvenir impérissable. A lire en toute connaissance de cause donc.
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critique par Cetalir




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Heureux, ou malheureux...
Note :

   De Yasmina Reza, je n’ai lu que du théâtre à date. Et même si ce roman choral n’est pas du théâtre, il demeure très très théâtral, avec des scènes à la fois ordinaires et grandioses de personnages qui pètent les plombs. Très "film français". Mes copains québécois comprendront! Je dois avouer que je l’ai écouté en audio, avec plusieurs comédiens, et que ça le faisait. Je ne suis pas certaine si j’aurais autant aimé à l’écrit, avec tous ces "je dis"… mais vu la narration, le ton et les intonations, j’ai aimé le style, la construction, même si à la fin, je me suis quand même demandé… mais pourquoi tout ça?
   
   Il y a certes un lien mais il m’a manqué un petit quelque chose de plus rassembleur pour bien comprendre l’importance de nous faire passer du temps intime avec des personnages souvent très secondaires.
   
   Mais je m’explique.
   
   Chaque chapitre donne la parole à un personnage, presque à la façon "stream of consciousness". On vivra avec lui un moment de sa vie, important ou pas, spectaculaire ou pas, mais qui nous en dira long sur qui il est, au fond. Et petit à petit, on forge les liens. On se remet en contexte… il y a quelques "Ah oui!" de révélation et on emboîte petit à petit les pièces du casse-tête. C’est moderne dans le ton, mais jamais décousu. On m’aurait toutefois présenté le roman comme un recueil de nouvelles que j’aurais aussi adhéré à cette vision.
   
   J’aime beaucoup le roman choral en général. Ici, malgré le titre, personne n’est réellement heureux. Sauf un, peut-être… et il est enfermé! Certains moments sont drôles, d’autres sont pathétiques, certains sont émouvants. De certains personnages émane une telle dose de cynisme et d’insensibilité… ça fait un peu froid dans le dos.
   
   Malgré tout, c’est un roman très particulier qu’il vaut, selon moi, la peine de découvrir! Surtout si vous aimez ce type de construction.

critique par Karine




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