Lecture / Ecriture
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Les radis bleus de Pierre Autin-Grenier

Pierre Autin-Grenier
  Les radis bleus

Pierre Autin-Grenier est un poète et romancier français né à Lyon en 1947 et décédé en 2014.

Les radis bleus - Pierre Autin-Grenier

Ephéméride poétique.
Note :

   Sur une année, de janvier à janvier, l’auteur s’emploie à écrire des textes poétiques plus ou moins longs, plus ou moins concentrés et ayant pour titre le saint du jour. Ainsi a-t-on l’impression de voir défiler le temps, obsession de l’auteur, et à chaque jour son déferlement de poésie. Parfois la méditation tient en une phrase, parfois en une page ou deux, guère plus. Au premier abord, on a l’impression de lire un journal intime, fait de « fusées » mais la lecture se fait pénétrante, profonde ; l’anodin devient merveilleux, la transformation du quotidien est distillée par les mots, simples, mais subtilement associés pour créer un univers particulier rempli de sonorités, allitérations et assonances nombreuses. Il en ressort, de ces tasses ébréchées, de ces paysages d’hiver, de ces recherches du temps qui se perd, une œuvre ténue qui marque pour longtemps. S’y ajoute aussi une touche d’humour, ironie que l’auteur tisse avec l’existence :
   Les soirs, seul, on deviendrait vite romantique, pour un verre de vin rouge. (Jeudi 28 avril Sainte Valérie , p.107)
   
   Où, souvent, l’humour noirci :
   A quoi bon se pendre, alors qu’il suffit de patienter un petit moment pour mourir dans des draps propres ? (Mercredi 23 novembre, Saint Clément, p.282)
   
   Ou au 1er Novembre :
   Avons fait le tour des tombes. Tous nos morts se portent bien. (261)
   
   Tout, dans cet ouvrage, semble personnifié, les saisons, les objets, le temps, la mort et c’est comme un jeu d’en parler, d’évoquer l’implacable, la légèreté des oiseaux (ils reviennent souvent), symboles de la vie présente seule digne d’intérêt car le passé est mélancolique – les brimades d’enfant mènent à l’anarchisme, prégnant dans ce livre - et l’avenir plus qu’incertain, ou plutôt, rapproche encore de la mort.
   Le « pittoresque de l’existence » est ainsi rendu et il part de rien, d’un trou dans les chaussettes jusqu’au questions existentielles où il vaut mieux tenter de répondre à ses propres questions qu’aux questions des autres (301).
   
   Bref voilà un détour poétique qui le mérite, que l’on effeuille lentement pour mieux laisser résonner (raisonner?) ces constructions de phrases simples et profondes.

critique par Mouton Noir




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