Lecture / Ecriture
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La Sirène Rouge de Maurice G. Dantec

Maurice G. Dantec
  Dieu porte-t-il des lunettes noires
  Cosmos incorporated
  La Sirène Rouge

Maurice Georges Dantec dit Maurice G. Dantec est un écrivain canadien d'origine française, né en 1959 et mort en 2016.

La Sirène Rouge - Maurice G. Dantec

Hommage
Note :

    Il est dur de s'apercevoir à douze ans que sa mère n'est qu'une meurtrière.
   
   Alice, une enfant intelligente, éveillée, n'est pas vraiment heureuse auprès de sa génitrice et de son beau-père. Du point de vue éducation, elle ne peut se plaindre mais ce qui lui manque c'est l'affection que ne sait lui prodiguer sa mère, trop occupée par ses affaires.
   
   La coupe déborde le jour où par hasard elle découvre une cassette sur laquelle elle voit sa préceptrice jouer à son corps défendant dans un snuffmovies.
   
   Elle s'échappe de la maison maternelle et narre son aventure à l'inspecteur Anita Van Dyke. Mais elle est traquée par les tueurs de sa mère et ne doit son salut qu'à sa présence d'esprit. Elle se réfugie dans une voiture appartenant à Hugo.
   
   Curieux homme que ce Hugo, qui vient de participer en ex-Yougoslavie à une opération militaire organisée par les Colonnes Liberty Bell, fournissant des armes aux belligérants. Hugo n'a rien de spécial à faire, sauf tromper son ennui alors il accède au désir d'Alice; l'emmener jusque dans le sud du Portugal, rejoindre un père dont elle n'a pas eu de nouvelles depuis des années.
   
   Une cavale qui conduit l'homme et l'enfant d'Amsterdam jusqu'à Porto, et qui se révèle riche en rebondissements, dangers de toutes sortes, courses poursuites. Frissons garantis.
   
   Maurice G. Dantec réussit un double pari avec ce premier roman: se faire publier à la Série Noire avec un pavé de 478 pages, évènement rarissime côté américains reconnus, et du jamais vu côté français. Ensuite de tenir le lecteur en haleine tout au long de cette road story qui sent bon le roman feuilleton. Dantec évite le piège des longueurs et mène son histoire tambour battant, même si parfois l'on a l'impression de scènes à rallonges ou répétitives. La gamine délurée possède indéniablement un avenir dans le roman policier, et ce n'est ni Delacorta ou Dick Lochte qui me démentiront. Elle y apporte une certaine fraîcheur, un état d'esprit, qui mettent souvent les adultes en défaut ou les culpabilisent. Le prénom de l'héroïne, Alice, est-il fortuit, ou est-ce un hommage indirect à Lewis Carrol ? Je serais tenté de croire en la seconde hypothèse.

critique par Oncle Paul




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