Lecture / Ecriture
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Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois

Jean-Paul Dubois
  Une Vie française
  Une année sous silence
  Vous plaisantez, monsieur Tanner
  Hommes entre eux
  Je pense à autre chose
  Si ce livre pouvait me rapprocher de toi
  Le cas Snejder
  La vie me fait peur
  Les accommodements raisonnables
  La succession
  Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon

Jean-Paul Dubois est un journaliste et écrivain français né en 1950.

Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon - Jean-Paul Dubois

Devinez: le héros s'appelle Paul
Note :

   Rentrée littéraire 2019
   Prix Goncourt 2019
   
    A la prison de Montréal où il purge une peine de deux ans, Paul Hansen partage sa cellule avec Horton un biker de Hells Angel incarcéré pour meurtre. Qu’est ce qui a conduit Paul en prison ? Évidemment, cette question nous titille et Jean-Paul Dubois ne nous livrera la réponse qu’à la toute fin.
   
    Fils unique d’un pasteur suédois et d’une passionnée de cinéma engagé près de Toulouse, Paul a vu, impuissant, se déliter lentement le couple formé ses parents. A sa majorité, il rejoint son père au Québec et trouve un emploi de factotum dans une résidence cossue où il a officié durant vingt-six années rendant service aux locataires et en leur prêtant également une oreille attentive. Avec Winona Mapachee, une Indienne algonquine pilote d'un Beaver monomoteur et Nouk un chien qu’ils avaient recueilli, le bonheur parfait était au rendez-vous.
   
    Avec cette tendresse et cette pudeur qui le caractérisent, Jean-Paul Dubois nous parle de vies simples en apparence tiraillées par les doutes, bousculées à tout jamais par par la soif d’argent des autres, mais aussi de foi et de liberté, d’amour, de solidarité et de belles amitiés belles qui réchauffent le cœur. Et jusqu’à la dernière ligne, une belle nostalgie qui pince le cœur m’a enveloppée.
   
    Ses personnages attachants et truculents par leurs côtés décalés (Horton qui sous ses airs peu commodes cache des peurs infantiles) ou simplement parce qu’ils sont criants de vérité m'ont plus que touchée.
    Dans ce roman, vous l'aurez compris, l'humain est au centre.
   
   Jean-Paul Dubois rejoint mon club d’auteurs chouchous. Parce que j’aime son écriture élégante, son humour absurde et souvent ironique, sa sensibilité et sa fausse nonchalance (avec des descriptions précises qui ne saoulent jamais le lecteur).
   
   "La détention allonge les jours, distend les nuits, étire les heures, donne au temps un consistance pâteuse, vaguement écœurante . Chacun éprouve le sentiment de se mouvoir dans une boue épaisse où il faut s'extraire à chaque pas, bataillant pied à pied pour ne pas s'enliser dans le dégoût de soi-même. La prison nous ensevelit vivants.
   
   La foi, c'est fragile, ça repose sur trois fois rien comme un tour de magie.
   Et qu'est-ce qu'il faut pour être un bon prestidigitateur ? Un lapin et un chapeau."

    ↓

critique par Clara et les mots




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Paul Hansen va péter les plombs
Note :

   Paul Hansen a été pendant 26 ans, super intendant, une sorte de concierge, un homme à tout faire dans un immeuble de 68 appartements. Capable de résoudre d'urgence tous les problèmes, plein d'empathie pour les propriétaires, toujours prêt à rendre service.
   
   " L'Excelsior était un immeuble à l'image de sa piscine. C'était un immeuble fragile, fantasque aussi, joueur, primesautier. Été comme hiver, il fallait toujours garder un œil sur lui. Sinon, profitant de la moindre inattention, il risquait de me fausser compagnie. Charge à moi de le ramener ensuite à la raison et à la maison. "
   
   Mais à l'assemblée générale des copropriétaires, Édouard Sedgwick est élu président-administrateur et tout bascule. Paul se retrouve au pénitencier de Montréal condamné à deux ans de prison.
   
   Avec un style qui mêle humour et tendresse Jean-Paul Dubois alterne passé et présent pour nous expliquer comment Paul Hansen un gars bien sympathique va un jour péter les plombs.
   
   Son présent c'est une petite cellule qu'il partage avec Patrick Horton, un dur qui sans aucune pudeur aime soulager ses intestins sur la cuvette tout en parlant de sa passion pour les Harley Davidson et qui rêve d'ouvrir tous les mecs en deux.
   
   Le passé de Paul c'est une enfance entre Johanes son père né au Danemark et qui est pasteur de son état et Anna sa mère, une femme magnifique qui gère un petit cinéma. La programmation d'un film pornographique va provoquer une fracture définitive entre le pasteur et sa femme.
   
   Son présent c'est une température de 14 degrés dans la cellule, les rats qui font la sarabande, les canalisations qui craquent, les hommes qui toussent. Heureusement, il y a la solidarité de Patrick et surtout ses morts qui viennent le visiter. Johanes son père, sa chienne Nouk une part indissociable de sa vie et surtout Winona son amour.
   
   Son passé c'est la déchéance du pasteur pris dans l'enfer du jeu, mais c'est surtout sa rencontre improbable avec Winona une Indienne.
   
   " Depuis cette journée au bord du lac, elle est devenue une part de ma chair, je la porte en moi, elle vit, elle pense, bouge dans mon cœur, et sa mort n'y a rien changé. "
   

   Jean-Paul Dubois parsème avec bonheur son récit de personnages savoureux et atypiques, ce qui donne au lecteur un vrai plaisir de lecture.

critique par Y. Montmartin




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