Lecture / Ecriture
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Un brillant avenir de Catherine Cusset

Catherine Cusset
  À vous
  La haine de la famille
  Un brillant avenir
  Amours transversales
  Le Problème avec Jane
  Indigo
  L'autre qu'on adorait*
  Le côté gauche de la plage

Catherine Cusset est une écrivaine française née en 1963.

Un brillant avenir - Catherine Cusset

Racines douloureuses
Note :

    Rentrée littéraire 2008
   
   Prix Goncourt des lycéens 2008
   
   Le roman s'ouvre sur un vieux couple qui ne communique plus.
   La suite, c'est Helen qui nous la raconte en faisant des sauts à travers les années de 1941 à 2006.
   
   Elle commence sa vie en Bessarabie, elle s'appelle alors Elena, elle est la fille adoptive de ses oncle et tante qui lui font faire de bonnes études. Ils vivent en Roumanie et Elena obtient un poste de physicienne nucléaire. C'est alors qu'elle rencontre Jacob qui est juif. Après s'être battue avec sa famille pour l’imposer, elle doit se rendre à l'évidence: elle n'a aucun avenir en Roumanie depuis qu'elle est l'épouse d'un juif. Angoissée mais déterminée, elle programme leur fuite en Israël.
   Là, c'est un autre problème qu'il faut affronter: leur fils Alexandru, adolescent, risque tous les jours d'être appelé à se battre pour défendre la patrie. Plus angoissée que jamais, c'est à nouveau la fuite, vers les Etats -Unis – après quelques mésaventures au transit en Italie- où à quarante ans, elle n'hésite pas à recommencer une carrière, afin de ménager un brillant avenir à son fils,un doctorat, ça sert toujours pense-t-elle.
   
   Alexandru pourrait avoir un brillant avenir mais il rencontre Marie, une intellectuelle française non conformiste.
   
   A partir de là, c'est une guerre ouverte que livre Helen à cette belle fille qui lui vole son fils et l'empêche de réaliser l'avenir rêvé.
   
   Cette femme, Helen, pourrait nous sembler «atroce»; en fait, elle est attachante de douleur angoissée, de déracinement mal vécu, d'incompréhension vis à vis de cette belle fille qui n'aime pas son fils comme elle le désirerait,,,
   
   De son écriture aisée, Catherine Cusset nous mène jusqu'au bout de ce périple où les deux femmes vont peut être finir par se rencontrer.
   
   C'est un roman captivant, avec une belle étude de caractères que signe là cet auteur.
   ↓

critique par Jaqlin




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La deuxième fois était la bonne
Note :

   Un brillant avenir, c'est ce qu'on souhaite tous à nos enfants...
   
   Il en est de même pour Helen, la mère d'Alexandre. Elle protège ce fils unique et chéri, à tel point qu'elle est particulièrement attentive et soucieuse de sa vie sentimentale et s'attache notamment à observer et analyser ses compagnes potentielles. Si les deux premières femmes qu'il a aimées lui convenaient parfaitement, il n'en est pas de même de la troisième: une Française qui ne lui inspire guère confiance. Elle et son mari préviennent Alexandre: s'il l'épouse, elle l'obligera à la suivre en France et quid du bel avenir qui s'offrait devant lui... Mais comme sa mère 25 ans plus tôt, Alexandre suit son instinct et épouse Marie contre l'avis de ses parents. Helen, en effet, lorsqu'elle était encore jeune et vivait en Roumanie, s'est mariée contre l'avis de ses parents à Jacob, un juif dont elle est follement amoureuse et avec qui elle émigre aux États-Unis. L'histoire se répéterait-elle?
   
   La première fois que j'ai ouvert ce livre, je n'ai pas accroché. Mais devant l'enthousiasme d'autres lecteurs, je me suis dit qu'il fallait que je fasse un deuxième essai. Cette seconde fois fut la bonne, cette histoire habilement construite m'a séduite. Les lycéens lui ont d'ailleurs attribué le Prix Goncourt 2008. L'occasion de s'interroger sur les rapports mère-fils, sur l'accueil d'une belle fille dans sa famille, sur la répétition de l'histoire, sur le droit des parents à choisir une vie pour leurs enfants. Et sur le destin individuel de chacun.
   
   Une histoire toute simple mais si bien racontée qu'on tourne les pages captivé par ce roman.
    ↓

critique par Clochette




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Une belle histoire, sans passion aucune...
Note :

   Voilà une trame des plus captivante qui se déroule en parallèle au fil des années, antérieurement en Roumanie, sous le régime de Ceaucescu et au présent, soit en banlieue au New Jersey et enfin à Manhattan, sur les rives de l'Hudson.
   Sans oublier des transitions par Israël et l'Italie, quelques incursions dans Paris et un séjour professionnel du fils à Ankara, en Turquie.
   
   L'auteure a le mérite de conserver une écriture simple et cohérente parmi tous ces endroits et lieux communs qu'elle disperse et décrit généreusement au fil du récit, mais "mais" il y a, en ce qui me concerne...
   Un récit qui a la sécheresse d'écriture d'un diagnostic clinique: toutes ces choses dites à froid, couchées toutes nues sur le papier..., comme un impersonnel fait divers.
   J'ai rarement lu une auteure aussi détachée de ses personnages, alors comment ne le serions-nous pas?
   On ne peut recevoir d'un auteur que ce qu'il nous offre...
   
   Dommage, car ces personnages sont beaux: Elena/Helen, magnifique et formidable personnage-pivot, Jacob, son bel amoureux juif et compagnon fidèle, Alexandru, le fils bien-aimé et l'égocentrique Marie, la petite bru française mal aimée... et tous les personnages secondaires qui graviteront autour de cette famille au fil de plus de soixante ans!
   
   J'ai aimé leur histoire, j'aurais voulu qu'ils me passionnent!
    ↓

critique par Françoise




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Roumanie - USA
Note :

   L’auteur nous raconte la vie d’Elena Tiberescu, née vers 1938 en Bessarabie ; elle a le souvenir d’une vie calme a la campagne et d’une belle jeune femme qui aurait été sa mère… peu après, elle doit émigrer chez sa tante et sa grand-mère en Roumanie ; sa vie ne sera qu’une longue suite de déracinements.
   Même après son établissement aux USA, l’instabilité et la crainte demeurent. Elena , devenue Helen aux Etats Unis, reste marqué par plusieurs traumatismes. Elle ne saura jamais vraiment qui sont ses parents biologiques. Sa vie en Roumanie sous le régime de Ceausescu, ayant choisi un compagnon juif, est une épreuve.
   
   Le "brillant avenir" est un titre à la fois grave et ironique, concernant une femme pas très heureuse en dépit de réussites spectaculaires (ses études brillantes, son poste prestigieux, la réussite remarquable de son fils, la descendance pleine de promesse, la belle-fille idem…) réussite qui se confirme d’un point de vue conjugal (chacune trouve et épouse l’homme de sa vie!)
   
   La vie de cette femme nous est racontée en trois récits alternés suivant trois périodes de sa vie.
   
   1) Le troisième âge avec un événement dramatique qui ouvre le livre : cette ouverture est bien réussie et accroche le lecteur.
   
   2) la jeunesse et une partie de l’âge mûr, couvrant les déménagements et arrachements successifs d’Elena, jusqu’à son départ pour les USA , avec un mari et un fils.
   
   3) Le troisième récit est consacré aux relations conflictuelles et enrichissantes qu’Elena (devenue Helen en s’américanisant) entretient avec sa belle fille française, Marie, deuxième personnage important du roman. Cette partie est la meilleure, les confrontations entre les deux femmes dynamise un récit qui, ailleurs, quoique bien conduit, reste un peu conformiste.
   
   Certains passages sont excellents notamment la visite faite à ses grands-parents roumains par Alex et son amie Marie, le point de vue de la jeune française et celui des personnes âgées sur la Roumanie est intéressant.

critique par Jehanne




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