Lecture / Ecriture
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Acacia / 1: la guerre du Mein de David Anthony Durham

David Anthony Durham
  Acacia / 1: la guerre du Mein

Acacia / 1: la guerre du Mein - David Anthony Durham

La bonne fantasy
Note :

   Rentrée littéraire 2008
   
    Peut-on encore lire de la bonne fantasy aujourd'hui? Je me pose souvent la question, j'y réponds souvent non, je n'essaye même plus beaucoup... Et pourtant, ouvrez vos yeux (et votre porte-monnaie), j'en ai trouvé de la bonne!
   
   Nous sommes dans l'empire d'Acacia, dirigé par la famille Akaran depuis vingt-deux générations. Le roi, Leodan, est philosophe, affable, il aime ses enfants et veut le bien des siens. Enfin disons qu'il a décidé de rester aveugle à tout ce qui peut fâcher ou contrarier le plus basique des humanistes. C'est qu'Acacia ne perdure que grâce à des accords qui ne sont pas glorieux. En effet, depuis vingt-deux générations, la Ligue des Vaisseaux se fait l'intermédiaire entre Acacia et le Lothan Aklun qui ne demande rien moins que des livraisons régulières d'enfants qui disparaissent purement et simplement vers des contrées inconnues. En échange, le Lothan Aklun fournit la brume aux Acacians, une drogue qui les rend amorphes, le roi Leodan au premier chef.
   
   Mais voilà qu'à l'extrême Nord du royaume, les Meins s'agitent. Ils envoient un tueur assassiner le roi et massent des troupes aux frontières. Mais pas n'importe lesquelles: les Numreks, autant dire des barbares à peine humains aux yeux des Acacians. Il ne faut pas plus de deux temps, trois mouvements, et la trahison du chancelier Thaddeus Clegg, pour envahir Acacia et pour que Hanish Mein prenne sa place sur le trône. Le défunt roi laisse quatre enfants: Aliver, Corinn, Mena et Dariel qui sont secrètement emmenés pour échapper à la vindicte meine. Ils vont grandir loin de chez eux, séparément, et devenir des adultes très différents de ce que le destin leur réservait.
   
   David Durham réussit là ou bien d'autres ont échoué. Ce gros pavé, qui n'est que le tome un, se lit très facilement et avec intérêt. Il n'y a ni elfe ni dragon, un peu de magie, mais surtout des personnages, des destins et un univers très bien campés. Il n'y a pas de vraiment bons et de vraiment méchants, la cause meine étant largement justifiée par les exactions acacianes. Les «gentils» ne sont donc pas tout blancs mais pétris de contradictions et de doutes. Durham mène ainsi une réflexion intéressante sur le pouvoir, l'ambition et la famille. Où est la légitimité quand un empire repose sur des crimes passés? La tyrannie est-elle indissociable du pouvoir? Que peut-on accepter ou refuser de voir pour rester en place?
   
   La bande annonce, que l'on peut voir sur le site du livre, insiste sur le côté fantasy épique. Il y a bien sûr des batailles, des duels et des costauds, mais ce n'est pas ce qui a le plus retenu mon attention (je n'en aurais pas lu 675 pages !). Je trouve David Durham particulièrement habile dans les relations politiques, la mise en place et le déroulement des conflits (avec les inévitables traîtres et autres opportunistes), la diversité des peuples présentés, et surtout la complexité des personnages. Et puis y'a pas, les auteurs qui font mourir leurs héros, moi je dis chapeau (ah mince, je l'ai dit !).
   
   Me voilà donc réconciliée avec la fantasy (enfin je vous rassure, je ne vais pas en lire tous les jours...).

critique par SBM




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